POESIES DE L'EMIGRATION
Sommaire. — Presque tous les émigrés et presque tous leurs adversaires métromanes et poètes médiocres. — Ces poésies complètent les mémoires. — Acrostiche sur le nom de Bourbon-Condé. — Madrigal à M^^^ de M. — Bout-rimé du vicomte de Ségur. — Une oie pour deux. — Fausse alerte. — La Henriade corrigée. — Les nouvellistes. — L'hôpital condéen. — Souhaits de nouvel an. — Au général M... r... c... — A l'huissier B. — Épitaphe. — Invective aux Jacobins.
Comme tous les hommes lettrés de son temps le chevalier de Lamase a fait des vers, et beaucoup, et, lomme tous les rimailleurs de la fm du xviii^ siècle, il les faisait généralement médiocres.
Il ne se contentait point de consigner sur des manuscrits spéciaux les productions de sa muse, il accordait aussi une large hospitalité aux productions de ses camarades, en sorte que nous n'aurions que l'embarras du choix si nous succombions à la tentation d'en publier d'interminables recueils.
Ces poésies ont cependant un mérite, celui de peindre l'état d'esprit de l'émigration où la bonne
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humeur n'a jamais tari, où tout gentilhomme se serait cru dégénéré s'il n'eût été capable de tourner un madrigal à la louange de la dame de ses pensées ou de décocher une épigramme à l'adresse de ses adversaires.
A ce titre, nous en exhumons quelques-unes du tombeau où elles risquaient fort d'être à jamais ensevelies ; estimant d'ailleurs qu'elles valent à peu près autant que celles que M. d'Ecquevilly a recueilhes dans sa belle histoire des guerres de l'armée de Condé, et que celles dont les républicains se sont rendus coupables de leur côté. On sait assez que le siècle de Voltaire n'a pas été un siècle poétique et que la Révolution, à l'inverse des grandes commotions politiques de même ordre, n'a pas suscité d'artistes, comme si les événements étaient assez éloquents par eux-mêmes sans avoir besoin d'être amplifiés par la fiction.
Nous croyons enfin que les « Noies Intimes » de l'officier condéen seraient incomplètes si nous le laissions exclusivement à ses anecdotes, à s.es récits de bataille et à ses appréciations philosophiques des vertigineuses catastrophes dont il fut le témoin.
Nous serions, au surplus, souvent embarrassés de mettre une signature au bas de la plupart de ces pièces (tout au moins de celles de la période révolutionnaire).