‹ Nouvelles notes intimes d'un émigréChapitre 2 sur 34 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

leurs panégyristes. La mort de Robespierre ne lui dicte que quelques phrases dédaigneuses. Non que le supplice des montagnards n'ait fait tressaillir de sentiments divers la France émigrée autant que la France territoriale, mais cet événement était prévu comme une résultante inéluctable des luttes intestines de la Convention, surtout depuis V exécution des dantonistes. des hébertistes et de quelques autres. Si le chevalier eût été doué de la concision littéraire de Joseph de Maistre, il aurait résumé, lui aussi, en un mot lapidaire, l'impression produite à l'étranger; « ce jour-là, quelques scélérats firent périr quelques scélérats ». Il délaie cette pensée, et c'est pourquoi nous avons jugé inutile de reproduire ses aperçus, courts à la vérité, mais encore trop longs.

Si les émigrés ne se sont pas réjouis outre mesure de la mort de Robespierre, en revanche ils ont gémi franchement du retour au pouvoir des Girondins, dont cette mort a été le premier signal. Ils ont toujours, en effet, considéré ces faux modérés comme plus dangereux et plus méprisables que les Jacobins. C'est pourquoi le coup de force du 18 fructidor apparaît à l'auteur comme le plus funeste des attentats, le plus fécond en fâcheuses conséquences. Sur cette thèse, les c Notes Intimes » sont intarissables.

Ce que nous en publions suffira sans doute à montrer quelle fut la pensée dominante de l'émigration, et quand la véritable histoire sera faite, nons ne doutons point qu'elle ne soit acceptée comme l'expression de la vérité intégrale. Paul et Martial de P, de L.

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