UNE SOCIÉTÉ
LE PRÉSIDENT. — Que pensGZ-vous du gingen-beer?
LE RÉCIPIENDAIRE. — Je pense que cette liqueur, composée de gingembre et de houblon, est indigne du palais de rhomme, et qu'elle souille l'esprit.
LE PRÉSIDENT. — Quc pcnsez-vous de Taie?
LE RÉCIPIENDAIRE. — L'aie siuiplc est une liqueur qui cache son venin sous une apparence de douceur; Taie double est du poison, clair comme le jour. La première est un assassin hypocrite, la seconde un assassin effronté.
LE PRÉSIDENT. — Quellc ost votrc opinion sur le porter?
LE RÉCIPIENDAIRE. — Tous Ics portcrs sout enncmis de la raison ; le witbread est un filou qui se met un masque d'écume pour vous voler la sagesse; le Itixton est un tison ardent qui brûle la racine des cheveux ; je ferai une exception en faveur du barclay-perkins,,.
— Point d'exception ! s'écrièrent les brasseurs ruinés de la Société.
LE PRÉSIDENT. — Récipiendaire, vous avez blessé les sentiments de la Société ; j'appelle la sagesse sur votre front. Vous rétracterez votre opinion sur le barclayperkins.
LE RÉCIPIENDAIRE. — Jc la pétractc.
LE PRÉSIDENT. — Très-bicu. Dites-nous ce que vous pensez du sherry et du porto?
LE RÉCIPIENDAIRE. — Cc sout dcs moustrcs qui nous attendent dans le coupe-gorge du dessert pour séparer notre tête de notre corps.
LE PRÉSIDENT. — Quc pcnscz-vous dc l'cau pure?
LE RÉCIPIENDAIRE. — L'cau purc vicut du ciel ; l'eau de Mersey rajeunit le corps; l'eau du Lee est le bain de l'âme, les anges ne boivent que de l'eau.
LE PRÉSIDENT. — Êtcs-vous prêt à sacrificr nos ennemis sur l'autel de la tempérance?