‹ Nouvelles nouvelles (volume 2)Chapitre 23 sur 26 · DE L'ÉGLISE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE FRANÇAISE

péra ne vint pour le tenter, ni pour remporter sur le pinacle du temple, ni pour changer les pierres en pain. Un autre malheur vint accabler le successeur de Ghatel.

Cet autre malheur se nommait labbé Auzou, un de ces prêtres toujours prêts au schisme, et ne pouvant pardonner au pape le crime de ne les avoir pas faits archevêques. Auzou voulut exploiter la petite et expirante clientèle que Chatel avait ébauchée dans la fosse aux lions d'Habacuc, la ménagerie de Martin. Auzou fit faire à Dieu élection de domicile boulevard Saint-Denis, n° 10.

Cette fois, le hangar prit une physionomie de chapelle : c* était beaucoup plus décent que les cages bénites, et la crèche de Chatel et Lejeune. Auzou tenait surtout à Thonneur de prouver au peuple quMl ne faisait pas spéculation de prières, qu'il ne tenait pas bureau de messes, comptoir de sermons ; que son seul désir était de ramener au culte du vrai Dieu les Madeleines de la rue Beauregard et de détruire le culte des marchands de vin. A cet effet, il fit imprimer le placard suivant, que yous pouvez lire en vous promenant sur le boulevard Saint-Denis :

Chaises 1 sou.

Mariages 3 sous.

Décès 2 sous.

Naissances 2 sous.

Sacrements Idem.

Il faut convenir qu'on n'est pas plus modeste que cela. Quelle formidable concurrence avec la paroisse de Bonne- Nouvelle! Qu'on s*avise de se marier sur cette paroisse : on ne se tire pas de l'hyménée à carreaux de crépines d'or à moins de cent écus. Il y a de quoi dégoûter de Thymen ; aussi voyons-nous tant de bous catholiques qui toute leur vie lui préfèrent son frère, le fol amour. Qu'on s'avise de naître ou de mourir sur ladite paroisse : on est ruiné au

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