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sont le lait ou le petit lait, parfois un peu de vin apporté par le propriétaire.

Telle sont les conditions dans lesquelles a été observée la maladie des porchers sur l’Aubrac, et les individus

qu’elle a atteints, et dont voici les observations.

Observation 1!

(Inédite — due au Dr. P. Cayla)

Jean Cal., 17 ans, « védelier » à la « montagne » du Drélié.. Cette vacherie est exploitée par une famille, chaque membre ayant un rôle bien déterminé. La présence de la mère qui vint soigner sur place le malade en question et le prit ensuite à la ferme dans les environs de Laguiole a permis de suivre exactement la température et de bien noter les divers symptômes au cours et au décours de la. maladie.

Le samedi 10 juillet 1937, le védelier était entrain de creuser un puisard juste en face la porcherie, lorsqu'il fut pris d’un frisson violent, et consécutivement de douleurs musculaires généralisées, prédominant toutefois au niveau de la nuque. La température prise à ce moment est de 3995, Comme le malade présente un état nauséeux, avec quelques vomissements verdâtres on pense à une «indigestion » et on attend tranquillement le lendemain.

A noter que dans les jours précédents, le malade n’a

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rien présenté de très particulier, sauf une légère anorexie, une diminution de l’appétit comme il disait, lequel était remarquable chez ce grand garçon de 1 m. 80.

Le jour suivant la température persiste à 400 avec céphalée, douleur de la nuque, douleurs lombaires et état nauséeux ; on donne un laxatif et on appelle le médecin.

La première visite n’a pu avoir lieu que le lundi matin 12 juillet. On se trouve alors en présence d’un malade dont la température est à 3907 (4002 la veille au soir), au faciès fortement coloré, avec cyanose des lèvres et des oreilles. L’haleine est mauvaise, la langue saburrale, le dépôt blanchâtre est extraordinairement épais. L'état nauséeux continue avec quelques vomissements verdâtres. Les selles ne sont pas très abondantes, ni très nombreuses, mais diarrhéiques et très fétides (il est difficile ici de déterminer ce qui revient au laxatif). A deux reprises 1l y à eu épistaxis. Le pouls est fréquent, aux environs de 100, en désaccord toutefois avec la température.

Le malade est dans un état de stupeur dont on le tire assez difficilement par des questions plusieurs fois répétées. La photophobie est marquée, le malade demandant qu’on lui laisse un linge sur la figure. La conjonctive bulbaire est injectée.. Sur le ventre et sur

les flancs, on voit un exanthème assez discret, une

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quinzaine d’éléments, rose pâle, maculo-papuleux, et trois éléments sur la face interne des cuisses. À l’examen on constate quelques gargouillements de la fosse iliaque droite, mais pas de gros foie ni de grosse rate.

Le diagnostic de fièvre typhoïde est presque envisagé ; quand brusquement la température tombe à 3605 le mercredi 14. Le malade se sent beaucoup mieux et

demande à manger avec insistance.

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Courbe du pouls et de la température de l'observation I.

Ed:

A la visite du jeudi 15, le malade se sent bien, tellement bien qu’on parle de supprimer la visite médicale journalière.

Mais le jeudi soir 15, la température remonte brusquement à 4007, La céphalée très pénible arrache parfois des plaintes au malade, exacerbée par tous les bruits, par la lumière, elle est le symptôme marquant qui persistera après la chute de la température. Le pouls est plutôt ralenti, nullement en rapport avec la température. La raideur de la nuque est très nette, le signe de Kernig très accusé ; à peine décolle-t-on le dos du plan du lit que les genoux fléchissent et la position assise est impossible. Les réflexes sont exagérés, le cutané plantaire en flexion. Pas de paralysie, d’anesthésie ou de troubles sphinctériens. Pas de délire, le malade répond parfaitement aux questions, et se rend compte de ce qui se dit autour de lui (ce qui rassure un peu les parents qui croient à une méningite mortelle).

La ponction lombaire montre un liquide clair, sans pression (vu l'éloignement du laboratoire aucun autre examen n’est pratiqué dans le L.C.R.).

Cet état méningé persistera ainsi jusqu’au lundi 19 où la température tombe à 37. Le Kernig persiste encore quelques jours ainsi que la céphalée dont les accès vont en diminuant, laissant au malade la plus pénible impres-

sion, au point qu’il n’en parlera plus qu'avec crainte.

Au cours de cette maladie le traitement a été purement symptomatique et anti-infectieux.

À la période méningée, il ne semble pas que la vessie de glace ait apporté un soulagement quelconque. Par contre l’application de sangsues sur les mastoïdes ayant diminué l'intensité de la céphalée, il fut procédé plusieurs fois à cette application sur la demande même du malade. Il n’est pas superflu d’ajouter que ce traitement pour la famille l’a sauvé (les émissions sanguines sont toujours en faveur auprès du paysan), à tel point que pareil traitement (incision d’une veine de l'oreille) fut appliqué plusieurs fois aux porcelets.

Ceux-ci originaires du pays, ont été malades pour la plupart et 5 ou 6 sur 18 ont été saignés. Les oreilles congestionnées et violacées, la tête déviée sur le côté, la démarche pénible avec tendance à décrire un cercle, le refus de nourriture, tels sont les symptômes qui faisaient porter le diagnostic de « maladie » ou de « coup de sang », et entraînaient inévitablement une saignée, Comme dernière ressource certains placent un séton, au niveau du poitrail, entre les pattes de devant. Ce séton est fait avec une racine sèche de verâtre blanc ou varaire (colchicacées), cette racine étant considérée comme vénéneuse.

Dans le cas actuel un porc a crevé, et les autres comme disait le propriétaire n’ont pas bien «profité » et ont été

touchés plus ou moins par la maladie.

A noter que la maladie des porcs avait été antérieure de trois semaines à peu près à ce cas observé, et que le malade en question avait tenu les porcs pour pratiquer

la saignée.

Observation [1 (Inédite — due au Dr P. Cayla)

Miq., André, 26 ans, domicilié aux B., Commune de Saint-Urcize, était employé à la « montagne » du Drélié tout comme le malade de l'observation I.

Première visite médicale le 8 août 1936. Le malade est couché depuis 36 heures, mais on n’a pas appelé le médecin tout de suite parce que la nuit précédant le début de sa maladie, ce jeune homme a fait une beuverie (les hommes de la « montagne » descendent de temps à autre dans les villages voisins oublier le laitage dans un litre de vin à l’auberge du pays).

Le malade se plaint de céphalée, de douleurs généralisées, il a eu de nombreux vomissements abondants, verdâtres, nullement alimentaires et surtout une diarrhée infecte, nauséabonde, faisant fuir le camarade qui le gardait. Il ne délire pas mais gémit sans cesse. La température est à 3908, le faciès est fortement coloré, violacé même, les conjonctives injectées, la langue très sale, l’abdomen météorisé souple, très sensible à droite. On

pense immédiatement à des troubles gastro-intestinaux

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