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par excès de boisson, mais cet état se maintient aussi aigu pendant quatre jours. Il n’y a pas de gros foie, ni de grosse rate ; aucune éruption qui retienne l’attention, pas d’épistaxis. La famille prévenue vient chercher le malade et appelle un médecin. Celui-ci fait appliquer 7 sangsues aux mastoïdes. La chute de la température survenue alors vient à propos calmer toutes les inquiétudes et provoque un concert de louanges à l’adresse des hirudinées.
L'amélioration ne persiste pas plus d’une trentaine d’heures et la reprise de la température et de la céphalée n’en sont que plus violentes, la céphalée surtout qui, dans cette observation, fut particulièrement intense.
Devant cette reprise la famille affolée appelle en consultation tous les médecins du voisinage. Tous constatent une réaction méningée des plus nettes vomissements, constipation qui a succédé à la diarrhée des premiers jours, raideur de la nuque, Kernig, rien ne paraît manquer au tableau, le pouls n’est qu’à 90 seulement alors que la température se maintient à 40. La ponction lombaire pratiquée laisse écouler un liquide clair, sans pression. Le cas jugé grave, même désespéré est diversement traité, jusqu’à la chute générale de la température survenue le dixième jour seulement et d’une manière tout à fait brusque. La céphalée persistera quelques jours encore, et le malade revu par hasard le 25 octobre
ne parlera de son « mal de tête » qu'avec terreur.
tel
Le traitement a été varié, ponction lombaire, injections intra-veineuses de produits chimiques, saignée. Le malade n’a accusé de soulagement qu’à la ponction lombaire et à l'émission sanguine.
Comme dans l’observation I, les porcs avaient été malades trois semaines auparavant, présentant les mêmes symptômes : anorexie, déviation de la tête sur le côté, tendance à tourner sur eux-mêmes par moments, entraînant le même traitement, la saignée à l'oreille. Ici aussi le malade en question avait tenu les porcs pour cette
intervention.
Observation III (Inédite — due au Dr. P. Cayla)
G., Alexandre, 18 ans, de P., Commune de Laguiole « védelier » à la « montagne » «Lo Bronco » voisine du Roc du Cayla est atteint subitement le 14 juillet 1937 d’un violent mal de tête. Contrairement au cas précédent, celui-ci n’a ffait aucune sortie, aucun excès de boisson. C’est en rentrant de la traite du matin, qu’il va se coucher. Le buronnier prévient de suite les patrons et le docteur Cayla voit le malade le jour même. L'interrogatoire ne décèle rien dans les jours qui ont précédé ; la température est à 3998, le pouls à 116 ; céphalée, état nauséeux, refus. de toute boisson sont les seuls symptômes du moment.
Aucun signe de localisation ; rien à l'examen de la gorge,
PCT
rien au point de vue pulmonaire. Comme le personnel est assez réduit, qu’on ne peut s'occuper du malade, et comme il est assez facile de le transporter jusqu’à la ferme, à quelques kilomètres seulement de distance cette fois, le patron est prévenu et prend le malade au centre de l'exploitation. Là les températures ont pu être régulièrement prises et l’évolution de la maladie bien mieux suivie.
Pendant trois jours la température se maintient entre 390 et 400, le pouls à 120. La céphalée, l’état nauséeux persistent; des douleurs musculaires au niveau des mollets, des cuisses, des masses lombaires apparaissent. Le malade est cyanosé, les conjonctives sont injectées ; le deuxième et le troisième jour le malade émet 3-4 selles diarrhéiques, pas très abondantes mais très fétides, aux dires de l’entourage. Léger épistaxis le deuxième jour. L'examen clinique est toujours négatif pendant les trois premiers jours, pas de splénomégalie, pas d’hépatomégalie, ventre légèrement tendu, gargouillant. Le 4e jour la température tombe brusquement au-dessous de 370, La patronne annonce cette température toute heureuse, mais l’examen décèle tout de même une éruption discrète polymorphe, limitée aux flancs, rosée, non surélevée.
Le lendemain on constate une reprise brusque de la température à 4003. Des signes méningés se sont précisés,
céphalée, peut-être moins violente que dans les autres cas,
mr
photophobie, le moindre bruit est pénible ; le pouls est à 100. La raideur de la nuque est très accusée, les signes de Kernig et de Brudzinski très nets. Les réflexes sont vifs, pas de Babinski. Rien au point de vue de l’œil et de sa musculature. Devant l'hostilité de l'entourage et du malade lui-même qui est peu obnubilé, il n’a pas été fait de ponction lombaire.
Cet état dure quatre jours et avec la chute de la température les symptômes s’amendent rapidement (dernière visite du médecin le 27 juillet). Le malade ne garde pas de sa céphalée un souvenir aussi pénible que ses camarades. La convalescence est beaucoup moins longue, puisque au bout d’une semaine il avait repris ses occupations.
A noter qu'ici cette affection ne semble pas avoir été précédée d’une maladie chez les cochons que ce malade avait à soigner.
Ce cas a été observé à peu près à la même époque que celui cité dans la première observation ; mais il ne semble pas y avoir de relations apparentes entre les deux ; les deux montagnes sont éloignées l’une de l’autre et leurs
occupants n’avaient aucun rapport entr’eux.