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ont pu cependant prouver la virulence du L.C.R. par inoculation.
Contagiosité
Cette maladie qui a comme nous l’avons vu tous les caractères d’une maladie infectieuse, n’est sûrement pas contagieuse. Aucune épidémie n’a été observée ; tous les cas rapportés jusqu'ici ont été des cas sporadiques, isolés les uns des autres. Et si dans les observations rapportées dans ce travail, les malades I et IT ont été contaminés dans le même « buron » c'était à un an d'intervalle. De même les malades I et III vus à la même époque, n'avaient eu aucune relation entre eux et leurs burons respectifs sont distants de plusieurs kilomètres. De plus dans leur entourage immédiat, aucun autre cas n’a été signalé et pourtant les mesures d'hygiène ou de prophylaxie pouvant être prises dans ces « burons » sont bien
minimes pour ne pas dire inexistantes.
Source du virus
Si on ne peut invoquer aucune contagion directe, interhumaine par la salive, les mucosités bucco-rhinopharyngées, ou indirectes par les objets, locaux habités par les malades, un point paraît certain : dans tous les
cas publiés le malade avait été en contact continuel répété,
er —
habituel, immédiat avec les porcs. Et nos trois observations ne font pas exception à cette règle : dans les trois cas c’est le « védelier » qui a été atteint. Celui qui par ses fonctions doit accessoirement s'occuper des soins des pores : jamais ce ne fut le « buronnier » ou le « roul », les deux étant exemptés de soigner les cochons, le premier par son « grade », le second par son jeune âge et son manque de forces physiques. On ne peut pas non plus parler d’un âge qui soit atteint électivement, dans nos observations 1l va de 17 à 26 ans, mais c'est justement l’âge qui cadre avec les fonctions que remplissaient ces malades observés. Le germe de la maladie ayant une prédilection si manifeste, on ne peut pas incriminer ni l’eau, ni le lait, n1 le fromage.
Autre point bien établi dans la majorité des cas, Penso, Urech, L. Bouchet, Campanacci, Roch, Demole, Mach ont rencontré une maladie des porcs en même temps qu'ils observaient un cas chez un malade avant été en contact avec ces porcs. Cette maladie était caractérisée par un syndrome intestinal : anorexie, diarrhée, un syndrome mén'ngé : tête déviée sur le côté, tendance au « tourniquet », parfois même crises convulsives. Nous retrouvons cette maladie dans les observations I et II, d’une manière typique. Dans l’observation II, elle n’a pas été notée, mais on à vu dans l’étude expérimentale que même inoculés avec le sang d’un malade, les pores font
quelquefois une maladie pauvre en signes cliniques,
passant presque inaperçue, pouvant être cause dans la réalité d’un cas humain.
Leclainche et Vergé émettent l'hypothèse sans aucune preuve que la maladie des porchers peut être due à l’action pathogène du virus de la grippe du porcelet (un ultra virus d’une part et un germe figuré : le bacterium influenzae suis) qui est lui-même très voisin du virus de la grippe humaine (ultra virus + bacille de Pfeiffer), et 1]s envisagent une unicité des virus de la grippe porcine, de la grippe humaine et de la maladie des porchers. Par là la maladie rencontrée chez les porcs ne serait autre que l’influenza.
Penso croit au contraire que la grippe des porcs « n’a rien à faire avec notre affection » et que nous sommes en présence d’une entité morbide, appelée par certain méningo-typhus des jeunes porcs, qui ne serait pas non plus la peste porcine cause d’une mortalité très élevée chez les porcs, alors que l’affection dont nous parlons est bien souvent bénigne.
Un point de vue sur lequel nos trois cas ne sont pas
conformes à ce qu'écrit Penso est l’âge des cochons au.
moment de leur maladie. Il dit en effet « que l'affection qui a été observée dans les porcheries et qui précède souvent la maladie de l’homme, atteint exclusivement les jeunes porcelets, ceux qui sont âgés de quatre semaines à deux mois » Or dans les trois observations rap-
portées ici les cochons avaient tous entre 6 et 8 mois,
nous en verrons le pourquoi tout à l’heure ; et pourtant ceux qui ont été atteints ont tous fait une maladie classique.
Autre point précisé par Penso, qui d’après ses constatations laisse supposer une influence de l’alimentation à base de petit lait sur l’exaltation du virus qui existerait à l’état saprophyte chez les porcs. Ceci est également vérifié dans nos observations.
En effet les porcs natifs de la vallée et non importés d’une autre région font deux séjours à la ferme : une première fois entre le 1er et le 5€ mois, où on commence à les élever avant de les « monter à la montagne » le 25 mai; une deuxième fois après la « descente de la montagne » le 23 octobre, entre le 10€ et le 15€ mois selon le moment où on les égorge pour les besoins locaux (soit en décembre, soit en janvier). Pendant ces deux périodes ils sont exclusivement nourris de pommes de terre, son, farines, pâtées, surtout en automne où on les engraissé pour les égorger prochainement ; à la ferme ces soins sont confiés à la servante : pendant ces deux périodes aucun cas de maladie de ce type n’a jamais été constaté ni parmi les porcs, ni chez les servantes soignant le porcelet ou ensuite le porc à l’engrais.
Au contraire à la « montagne » du 25 mai au 13 octobre (dates empiriques mais immuables) âgés de 5 à 10 mois environ, ces porcs sont soumis à un régime assez miséra-
ble ; le petit lait, après avoir été écréiné est leur princi-
tone
pale nourriture, peu substantielle et peu nutritive on en conviendra.
Faut-il incriminer le petit lait pour expliquer l’exaltation du virus ? Il semble plutôt qu'il faut émettre l'hypothèse que cette période de misère physiologique ou de nutrition carencée favorise l’action pathogène de ce virus en mettant l’organisme dans un état de moindre résistance, comme on le voit si souvent dans les maladies humaines ou animales.
De toute façon le rôle de la maladie des porcs précédant la maladie humaine paraît primordial. Si on se base sur les observations citées, la période où l’on observe cette maladie sur l’Aubrac paraît limitée aux 5 mois compris entre le 25 mai et le 13 octobre ; c’est justement la saison chaude pendant laquelle tous les auteurs sont unanimes à reconnaître la plus grande fréquence de la maladie des porchers, « de la fin du printemps au milieu de l’automne » comme lécrit Penso.
Celui-ci signale aussi que la maladie atteint d'habitude les individus qui sont pour la première fois en contact avec la source de contagion, les porcs. Aïnsi les cas Let III étaient de jeunes « védeliers » qui étaient pour la première fois en contact répété avec ceux-ci, mais dans l'observation II, le malade âgé de 26 ans remplissait les mêmes fonctions depuis l’âge de 19 ans. Si le porc était une source continuelle de contagion il semble qu’il aurait du faire sa maladie auparavant, autre raison en
faveur du rôle &e la maladie des porcs.