SÉANCE DU 13 JUILLET
Dans ma noie sur la germination et le mode de développement du P os itlonia Caulini, lue à la session de Montpellier {Pull. Soc. bot. de Fr. t. IV, p. 575), je témoignais de mon désir de me procurer la plante en fleur, pour compléter cette élude ; ce n’est qu’en octobre dernier (1859) qu’il m’a été possible de le faire, et, par un fâcheux hasard, un voyage indispensable m’ayant obligé de suspendre ce travail avant qu’il fût terminé, je l’ajournai à l’automne prochain. Sans la lettre de M. Gav, mon étude serait donc arrivée trop tard, puisque le Posidoniu occupe en ce moment l’attention de la Société. Voici les résultats de mon examen fait en octobre dernier, et que je viens de compléter d’après les matériaux dont je dispose.
Inflorescence. — Les rameaux florifères sont comprimés, presque plans, à bords tranchants, de consistance foliacée-coriacc et de couleur verte comme les feuilles. Ces rameaux florifères se terminent par un bouquet de feuilles
foliacées, courtes si on les compare aux feuilles caulinaires, assez longues si on
les considère comme des bractées. — Ces feuilles bractéales sont alternes sur les deux faces planes opposées du rameau (feuilles distiques). — Les deux ou trois feuilles bractéales inférieures sont les plus longues de l’inflorescence, dont elles dépassent le sommet; chacune de ces deux ou trois feuilles présente un ramuscule florifère à son aisselle. Les feuilles bractéales supérieures (trois ou quatre) de ce même axe sont stériles et réduites à de véritables bractées ; au delà, l’axe est nu et se termine en un épi de deux ou trois fleurs, plus rarement de quatre à six, espacées et alternes. Un épi semblable termine chacun des ramuscules axillaires ou latéraux.
Les feuilles bractéales insérées sur l’axe principal et qui présentent les ramuscules florifères à leur aisselle ont été mentionnées par plusieurs auteurs sous le nom de spathe ; elles présentent, dans leur partie inférieure, deux oreillettes, ou mieux stipules adnées, pliées à angle droit et qui donnent à la partie inférieure de la feuille l’apparence bicarénée ; ces stipules adnées constituent une gaine incomplète qui a de l’analogie avec la gaine ouverte (dite fendue) de la feuille des Graminées. — La base engainante des feuilles bractéales enveloppe les jeunes ramuscules latéraux durant la première période de leur développement, mais, pendant la floraison, les ramuscules latéraux florifères, munis de quelques bractées à leur base et nus dans leur partie supérieure, s’allongent au delà de la partie engainante des feuilles axillantes. — Quant à l’épi qui termine l’axe principal, on conçoit qu’il ne peut jamais être enfermé dans une gaine analogue à celle qui renferme les jeunes ramuscules florifères axillaires ; cet épi terminal n’est protégé que par sa situation au centre de l’inflorescence.
On voit que l’ensemble de cette inflorescence a beaucoup de rapports avec 1 inflorescence des Potamogeton ; la différence essentielle est dans la disposition des stipules qui, dans le Posidoniu , sont adnées à la feuille et libres au bord externe, et qui, dans le genre Potamogeton , sont ordinairement libres du côté de la feuille et soudées entre elles par le bord opposé, de manière à