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Dans les fleurs de YOlinta, longtemps cultivé au Muséum sous le nom de Crematostemon capense, qui y fleurissait à peu près tous les ans, le réceptacle floral cupuliforme produit premièrement sur ses bords cinq sépales, dont un postérieur, deux latéraux et deux antérieurs.
Ils sont verdâtres, blanchissent plus ou moins avec Tâge et se disposent dans le bouton en préfloraison quin-
CONCÏALE.
Mon texte tel qu'il a été falsifié par M. Decaisne :
Dans les fleurs de VOlinia, longtemps cultivé au Muséum sous le nom de Crematostemon capense, et qui y fleurissait à peu près tous les ans, le réceptacle floral cupuliforme produit premièrement sur ses bords cinq sépales, dont un postérieur, deux latéraux et deux antérieurs. Ils sont verdâtres, blanchissent plus ou moins avec Tàge et se disposent dans le bouton en préfloraison VALVAIRE.
Voilà sans doute ce que M. Decaisne appelle « une discussion sérieuse et calme. » 11 ne nous dit pas qu'elle soit loyale (i). Les botanistes qui compareront les textes entre eux ne pourront peut-être s'empêcher de penser que ce trait est proche parent de celui des Malpighiacées d'A. de Jussieu, dont il a été question plus haut.
Je passe au verticille interne du périanthe pour lequel M. Decaisne a dit encore le contraire de la vérité :
« Mes analyses, faites avec la plus grande attention, m'ont démontré que les cinq écailles cuculliformes ne sont pas valvaires, mais quinconciales ou imbriquées, contrairement à ce que dit encore M. Bâillon. »
(i) C'est de la loyauté de M. Decaisne qu'a parlé, au sujet de ses erreurs relatives au Reana, un botaniste qui lui est infiniment supérieur pour Texactitude, M. Ascherson. Ce savant consciencieux a dit (Bot. Zeit., 1877, 622) : c Leider muss ich aber comtatiren, dass das Verfahren des Herrn Decaisne auch im gunstigsten Faite kein loyales genannt werden kann. Wdre es ihm mehr um Aufklàrung der Sache, alms um Aufrechterhalung des Nimbus seiner Unfehlbarkeit zu thun gewesen, so hatte er, anstatt das Hauptgewicht auf das € maintenir énergiquement sa détermination » zu legen, in erster Linie zugetehen miissen, das er im Irrthum war, indem er Reana luxurians Dur. kurzweg fur identisch mit Tripsacum monostachyum \V. erklàrte. »
i8 NOUVELLES OBSERVATIONS
Si l'on consulte en même temps la triste figure donnée par M. Decaisne, celle qui, dans son factum, porte le n'* i et représente un diagramme dépourvu d'équilibre (1), on voit deux de ces organes dessinés comme valvaires et les autres comme imbriqués. On n'est donc pas très-bien renseigné à ce sujet par un dessin qui devrait servir à éclaircir les choses, et il faut de toute force recourir à l'observation d.e la nature. On voit alors ce que vaut « la plus grande attention » de M. Decaisne, Les pétales sont valvaires comme ceux des Rhamnacées en général. Ils se touchent par leurs bords épais, quelquefois même un peu indupliqués. Il va sans dire qu'on ne les aura pas dérangés de leur position naturelle par une pression latérale plus ou moins forte; ce n'est que dans ce cas qu'ils peuvent se recouvrir. L'amour de la contradiction entraîne si loin M. Decaisne, qu'il le porte à se contredire lui-même, alors qu'il avait primitivement dit la vérité; car, en 1868, il avait presque exactenient donné comme valvaires-indupliqués ces organes qu'il voit aujourd'hui imbriqués.
Quelque pénible qu'il soit de discuter des questions scientifiques sur des pièces frelatées, comme celles qui viennent de passer sous les yeux du lecteur, je continue, vu l'importance du sujet, et j'arrive à la seule question où M. Decaisne ait été mis en cause et qu'il a malheureusement noyée dans des flots de sujets disparates, atténuant ainsi en apparence la netteté et la gravité des erreurs qu'il a commises. Je veux parler des ovules, au sujet desquels je disais de M. Decaisne :
« Il a dit finverse de ce qui existe dans la nature, en donnant les ovules comme suspendus et en les figurant même comme tels, tandis qu'ils sont, au contraire, ascendants, avec le micropyle en dehors et en bas. Avec de semblables inexactitudes dans l'observation des faits, on ne pouvait, bien entendu, arriver à la connaissance des affinités réelles des Olinia. *
(1) Tout est assez mal dessiné dans cette planche. La fleur n'est pas en pei"spective. « L'écaillé staminifère » est inexacte et tronquée à sa partie inférieure- La coupe transversale de l'ovaire est fausse. La forme du sommet de l'étamine est altérée, etc. Où est le temps où l'un des maîtres de M. Decaisne pouvait dire î « S'il ne sait pas encore analyser, il sait dessiner, > et où M. Decaisne lui-môme qualifiait hautement les dessins de Griflith « d*informes croquis ? >
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Voici la réponse de M. Decaisne que je transcris sans falsification :
« M. Bâillon, sans doute encore par inadvertance, me fait dire ce que je n'ai pas dit ; je n'ai pas parlé d'ovule suspendu^ mais d'ovule pendant. Or l'ovule est pendant quand l'une de ses extrémités est attachée sur te côté de la loge, et que l'autre est libre et se dirige vers le fond ; il est au contraire ascendant quand Tune de ses extrémités est attachée sur le côté de la loge et que l'autre est libre et se dirige vers le sommet (Payer, Êlém, de bot., 1837, p. 226).
> J'affirme donc de la manière la plus absolue que les ovules des Olinia ne sont ni ascendants, ni à micropyle dirigé en dehors (le dessinateur de M. Bâillon a lui-même représenté un ovule pendant à micropyle dirigé en dedans dans la figure 426 qu'il donne de V Olinia (p. 441, VI, de VHistoire des plantes) (1). Mes analyses ne laissent aucun 'doute à ce sujet. Je me permets d'y renvoyer le lecteur, en ajoutant qu'elles sont conformes au caractère donné par nos plus éminenls botanistes. 5)
Ce n'est pas <t par inadvertance » que j'ai parlé d'ovule 5^^^pendu; c'est à dessein et par déférence pour un auteur et un professeur que je devais, jusqu'à preuve du contraire, croire exact et je dirai même classique, en raison de la haute situation dont il est investi. Cet auteur est M. Decaisne. Il a été bien inspiré de se ranger à l'opinion de Payer pour établir les caractères des ovules pendant ou ascendant. Il ne pouvait suivre un meilleur guide (2) et je l'engage dans son intérêt à persister
(1) Ce passage est eu note au lias du texte.
(2) Aussi ne puis-je considérer que oomme parfaitement honorable ce reproche que M. Decaisne m'a fait adresser par M. Benthain d'avoir réi^igé VHistoire des plantes € in the first instance to illustrate Payer's wiews. » M. Decaisne sait bien que je ne suis pas de ceux qui renient ou trahissent leur maître. D'autre part, il était bien permis à M. Bentham de croire, en 1874, que VHistoire des plantes n'est pas un ouvrage méthodique : « for Ihere is no method in it ; it is rather a séries of essays or note» on the principal gênera of various orders taken at random .* Mais il a peut-être changé ou changera peut-être d'avis. Mon livre est un Gênera tout aussi bien que le sien ; il ne peut aujourd'hui se le dissimuler, lies deux seules différences que je remarque entre les deux ouvrages, c'est que je suis «ne classification un peu différente de celle de De Candolle, adoptée par M. Bentham, et que, dans la partie française de mon texte, j'explique plus complètement que ne le fait M. Bentham, dans ses Conspectus generum, l'organisation des divers genres de la famille. Et puis, si je
dans la voie où il entre un peu tard et où il ne s'égarera pas. Il comprendra alors que, comme l'enseignait Payer et comme le savent aujourd'hui tous les élèves, quand un ovule anatrope a son micropyle inférieur, c'est qu'il est réellement ascendant. Quand à l'hommage tardif et inespéré que rend M. Decaisne à la mémoire de Payer, je veux le reconnaître, en citant à mon tour, toujours sans altération, ce qu'il dit dans son Traité général (p. 83) de la direction de la graine et de l'ovule :
€ La graine est dUe pendante ou suspendm {semen pendulum), lorsque, étant fixée à un placentaire central ou pariétal (1), son sommet est tourné vers la base de Tovaire (Abricotier, Amandier, fig. 583 bis). >
Et plus bas:
« Tous les termes indiquant les positions de la graine s'appliquent pareillement aux positions de Vovule, »
Donc pour M. Decaisne, et personne ne pourra le comprendre autrement, la direction d'un o^^ule pendant est la même que celle d'une graine pendante, et un ovule pendant est la même chose qu'un ovule suspendu, (2). Sinon c'est lui qui nous aura induit en erreur et c'est pour lui-même qu'il devra réserver tous ses reproches.
Maintenant, qu'espère M. Decaisne en soutenant « que les ovules de VOlinia ne sont ni ascendants, ni à micropyle dirigé
m'avisais de dire : I can scarcely include Bentham's Gênera plantartim amongst methodical « Ordines Plantarum », je ne prcmverais pas par là que son livre n*est pas utile et excellent. Peut-être d'ailleurs y a-t-il pour M. Decaisne quelque imprudence à rappeler ce passage de M. Bentham, certaines petites comédies perdant toute leur saveur quand chacun en connaît le mol. Je reviendrai d'ailleurs sur ce point.
(1) On ne sait pas trop pourquoi les placentas axiles ne sont pas compris dans celle définition. C'est probablement parce que M. Decaisne ne se rend pas compte de ce qu'est la placentation axile. On voit bien, par ce qu'il a dit à la page 51 de son Traité y qu'il la confond toujours avec la placentation centrale.
(2) Un autre auteur classique, qui est bien aussi fort que M. Decaisne, et dont celui-ci ne contestera pas, je pense, l'autorité, M. Duchartre, définit également (Élém. bot. y éd. 2, 693) l'ovule « suspendu ou pendant {pendulum, appensum), lorsque, étant attaché de même latéralement, mais vers le haut de l'ovaire, il se dirige en bas. » Pour lui donc, aussi, suspendu est synonyme de pendanty et les deux expressions peuvent être indifféremment employées.
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en dehors, s> et en se permettant de renvoyer le lecteur à ses analyses qui a: ne laissent aucun doute à ce sujet? s> Peut-il assez compter sur la naïveté humaine pour croire un seul instant qu'en Tannée 1878, un botaniste que cette question intéresse s'en rapportera à ses figures ou à ses descriptions, ou bien aux miennes, ou à celles de qui que ce soit? Non. Le bolaniste en quête de la vérité disséquera une fleur d'Olinia^ ce qui n'est certes pas difficile.
11 l'analysera « avec la plus grande attention y> et il la comparera aux figures qu'ont dessinées MM. Faguet et Decaisne. Prenant celle de M. Faguet, qui est la reproduction de mes croquis, après vérification sur nature, et que nous replaçons ci-contre sous les yeux du lecteur, sans adultération, il reconnaîtra que cette figure est scrupuleusement exacte et sincère, qu'elle montre un seul ovule, le seul que pût laisser une coupe- verticale dans la loge ouverte, et que cet ovule est ascendant^ à raphé vertical intérieur ou ventral^ à micropyle dirigé en bas et en dehors (I).
Ce même savant, comparant ensuite la nature avec la figure de M. Decaisne, constatera avec douleur que celle-ci est un produit de l'ait, qu'elle représente une coupe gauche, le même plan vertical ne pouvant passer à la fois par l'axe de deux ovules (2) ; qu'une déformation a été imprimée à la préparation
(1) C'est cet ovule que M. Decaîsne, quoique écrasé far Tévidence, ose dire c pendant à micropyle dirigé en dedans. »
(2) Dans le Traité général (292), M. Decaisne avait eu l'occasion de Ogurer deux ovules collatéraux insérés tous deux près de la base de la loge, comme on les observe au début, et comme ils persistent parfois jusque dans la fleur adulte, Tun à droite et Tautre à gauche de la ligne médiane ; ce qui eût dû lui faire comprendre que le plan de seclion médiane de la loge doit passer entre les deux ovules.
pour rendre horizontaux ou à peu près des raphôs ovulaires dont la direction est verticale comme celle des ovules euxmêmes, que la portion de la cavité ovarienne qui surmonte les ovules a été supprimée, que la région chalazienne a été abaissée. Et cependant, commela vérité étreint M. Decaisne, quoiqu'il fasse, l'observateur constatera encore que le micropyle de^s ovules se dirige, quoique plus ou moins dévié, en bas et en dehors, ce qui est le propre d'un ovule anatrope ascendant dont le raphé était ventral; tandis que M. Decaisne répète des ovules de VOlinia : pendilla anatropa. Alors les lecteurs se reporteront aux indications de ce guide adopté tout à l'heure par M. Decaisne lui-même, qui leur redira que « dans un ovule anatrope et descendant, le micropyle est supère ; et que dans un ovule anatrope et ascendant le micropyle est inférieur, i^ Puis ils recourront à M. Decaisne lui-même et lui prouveront que les deux ovules qu'il appelle lui-même pendants (1) dans les Amygdalées, ont le raphé ventral avec le micropyle extérieur et supérieur (2), contrairement à ceux des O/mm, et que les deux ovules qu'il nomme ascendants dans les Pomacées, ont le raphé ventral avec le micropyle tourné en bas et en dehors, absolument comme celui des Olinia ; de façon que se battant en vain les flancs pour se dissimuler à lui-même la profondeur de son erreur, M. Decaisne ne s'aperçoit pas que l'ovule d'un Olinia j à part quelques variantes dans la hauteur du point d'insertion sui' le placenta, est celui d'un Cormiis, d'un Stranvœsia^ d'un Aria et de beaucoup d'auti^es Pomacées qu'il devrait cependant connaître (3).
(1) Traité général, 305.
(2) Plus élevé même que le hile dans la figure que donne le Traité général de TAmandier, parce que l'ovule et la graine ne sont pas toujours complètement anatropes, de même que celui des Oliniay dont le micropyle est ordinairement pour celte raison un peu plus bas que le hile.
(3) Mais M. Decaisne n'a pas des idées très-bien arrêtées sur la valeur des mots employés pour désigner l'insertion et la direction de l'ovule. Son Traité fourmille, à cet égard, de confusions que nous relèverons en temps opportun.
Nous tenons à la disposition de tous les botanistes qui voudront être fixés sur les ovules de VOlinia des fleurs de la plante même qu'a étudiée M. Decaisne. Puisque celui-ci obtient de l'Académie tout ce qu'il veut, il pourrait la décider
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Bien convaincu par l'examen des faits que la différence peut être souvent grande entre la nature et l'art, le lecteur se montrera peut-être légèrement incrédule aux assertions de M. Decaisne, qui semblerait viiuloir faire croire qu'il a suivi « l'évolution des carpelles des Qlinia. » A vrai dire, je ne l'en crois pas capable, et les ternies qu'il emploie à ce sujet le démontrent même surabondamment. Il commence, en effet, par donner, à propos des Olinia, la cinquième ou sixième édition d'un petit simulacre d'organogénie du Poirier qu'il a fait connaître en 4857 et qu'il aurait exécutée c vers la fin d'octobre. » Cette « fin d'octobre )> m'inquiète; car, en 1877, c'est le 12 juillet qu'à commencé le développement de la fleur du Poirier cultivé que j'ai étudié, et tous les organes essentiels étaient formés au bout d'un mois. M. Decaisne s'illusionne s'il croit que regarder des boutons un peu jeunes c'est observer l'apparition des verticilles floraux sur le réceptacle. Les figures qu'il donne du Poirier prouvent qu'il a vu la fleur avant l'hiver, telle qu'elle est encore quelques semaines avant la floraison. C'est de même qu'il a fait, ainsi que je l'ai dit ailleurs, le développement du fruit du Gui, au lieu de faire celui de sa fleur femelle, et qu'au lieu d'observer dans cette plante l'ovaire quand il est librement ouvert par le sommet, il l'a pris à l'état de masse parenchymateuse close, dans laquelle il a supposé que se sculptent les ovules; et l'on sait que c'est de là qu'est sortie cette désastreuse théorie des ovaires pleins dont nous aurons bien de la peine à nous débarrasser. Pour le gynécée des Olinia^ c'est la même chose. 11 dit : « A l'origine les loges sont uniloculaires ; mais elles ne tardent pas à devenir 2-loculaires par la production normale de cloisons fibro-vasculaires. d Or ces faits-là ne se produisent pas loi^ du développement de la fleur, mais bien
à former une commission qu*il ferait composer des botanistes qui me sont le plus notoirement hostiles et qui cependant ne pourraient, je pense, voir ces ovules autrement que comme ascendants et à micropyle inférieur et extérieur. D'ailleurs, tom les professeurs de botanique et botanistes du Muséum^ collègues (le M. Decaisne et qui le valent bien, ont constaté que les faits sont tels qno je li>s ai établis, et cela sur Téchantillon même qui a servi à M. Decaisne,
lors du passage de l'ovaire à l'état de fruit; ce qui est totalement différent. * ' ■■
Pour le Poirier, eu particulier, puisqu'il nous remet sur ce chapitre, onne sait trop pourquoi, je lniîai fait voir (1) qu'un trèscurieux état transitoire dans la directio» des ovules, qui cependant est un lien de plus entre les Poiriers et les Pommiers, lui avait totalement échappé, quoiqu'il ne disparût guère que peu de jours avant l'an tlièse, parce qu'il n'avait pas suivi le développement floral d'un bout à l'autre et sans interruption. Le plus étrartge, c'est qu'ayant fait une organogénie incertaine et incomplète de la fleur du Poirier, il veuille ensuite l'appliquer bon gré malgré h toutes « les fleurs à ovaire infère, » A se comporter de la sorte, je le préviens charitablement qu'il se prépare bien des déboires; car ceux qui font de Torgano^génie savent que la nature arrive souvent à une même fin par des voies bien diverses, forcément ignorées de celui qui ne les devine que d'après l'état final. C'est pour cela que je- n'ai jamais songé (( à reproduire à peu près mot pour mot y> au sujet de VOlinia^ les idées exprimées par Payer qui n'a nulle part, que je sache, traité du développement de cette plante et qui peut-être ne la connaissait même pas. C'est pour cela aussi que M. Decaisne s'est trompé sur tout ce qu'il a deviné du développement des Olinia, Qu'il l'observe donc ou qu'il se fasse montrer et expUquer comment se passent les choses, et alors il constatera; outre ce que j'ai déjà dit sur cette question, que les carpelles apparaissent, « non pas au fond de la cupule réceptaculaire, î> comme il le prétend, mais sur ses parois,* et que si les choses se passaient comme il l'assure à tort, l'ovaire, d'abord libre, de vrai t. ensuite se souder avec ,1e tube par sa surface extérieure ; ce qui n'arrive jamais. II verra aussi que, comme dans les Rhamnées, etc., les cloisons sont centripètes et que longtemps l'ovaire est uniloculaire au centre ; ce qui lui fera comprendre comment YOlinia adulte a souvent les loges incomplètes. Mais surtout, et ce ne sera pas là le côté le moins utile pour lui de ces recherches, 'il comprendra qu'il fait
(1) Bw//. Soc. Lmn. Par., 45 (1875).
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constamment, ici comme ailleurs, une confusion qui n'est plus de notre temps entre le « tube calycinal y> et le réceptacle floral; confusion dont nous allons voir mainteuant que les coeséquences sont pour lui déj^orables.
Les botanistes ont quoîquefois éprouvé une certaine difficulté à distinguer un caliee d'une corolle, et le grand Jussieu luimême n'osait se flatter d'avoir résolu cette question d'une façon absolument satisfaisante. Cette difficulté n'est pais faite pour embarrasser M. Decaisne. Dans son factum, où il y a un peu de tout, il trouve, chemin faisant et comme sans effort, ce qui a tant exercé la sagacité des plus célèbres autours. Voici, sans altération, sa manière de voir sur cette question ; elle est bien simple et je ne crois pas qu'auctm botaniste lui en conteste jamais la paternité : .
« En considérant les organes linéaires, blancs et caducs comme des folioles du calyce, on semble ignorer que le lube calycinal des Olinia se coupe circulairement au-dessus de l'ovaire après la fécondation, et que ee caiyce nous offrirait ainsi une double scission. En effet, lorsqu'un tube calydnal se éétache de la fleur, il entraîne invariablement avec lui les lobes qui le surmontent {Datura, Légumineuses, Amygdalées, Rhamnées, etc.) ; nous ne voyons jamais la chute des dents d'un calyce être suivie de celle du tube, ce qui aurait nécessairement lieu dans les Olinia^ si Ton admettait la manière de voir de M. Bâillon. >
Si frappés qu'ils puissent être de la profondeur de cette conception nouvelle, les botanistes auront l'idée de comparer entre eux tes divers exemples cités par M. Decaisne et il n'est pas certain qu'ils les trouvent comparables. Pour le Datnra et autres plantes analogues, dont le calice ne tombe pas sans que ses dents soient invariablement entraînées avec lui, ils songeront certainement aux théories scientifiques du célèbre La Palisse dont les dents devaient tomber le jour ou il perdrait la tête. Mais comme ils voudront, malgré tout, demeurer calmes et sérieux dans une discussion de cette importance, ils se demanderont si M. Decaisne assimile un tube calycinal de Solanée, qui peut ne rien porter du tout, car il peut n'avoir pas même de dents à son sommet, à un tube réceptaculaire de
Légumineuse, par exemple, qui peut porter vers sa partie supérieure des sépales véritables' (lobes calicinaux de certains auteurs), puis des pétales, des étamines, plus bas même des carpelles dans certaines Rosacées, IHpnimiacées, qui peut être chargé intérieurement d'une couche fflanduleuse appartenant au disque, etc., etc. Puis, comme toute idée féconde s'applique immédiatement à une foule de solutions que l'inventeur luimême n'avait souvent pas prévues, les botanistes pour qui l'identité de la feuille calicinale et de la feuille caulinaire est parfaitement établie, se demanderont si dans une feuille dont le pétiole est articulé en bas avec le rameau et en haut avec le limbe, si bien qu'une solution de continuité se produit tôt ou tard à la base du limbe, puis à la base du pétiole, celui-oi est bien réellement de nature foliaire, et ainsi de suite.
Mais ce n'est pas une seule découverte que M. Decaisne fait ainsi en passant; une autre suit immédiatement, au sujet de la nature du bourrelet extérieur, qui n'est pas un véritable périanthe selon moi, et dont j'avais dit que peut-être « on doit le comparer à la collerette des Narcisses, qui se montre de la même façon, mais en dedans du périanthe et non en dehors. i> Ce à quoi M. Decaisne répond :
a Je dois ajouter que le périanthe des Narcisses est marcescent, el qu'en se desséchant il conserve sa couronne, comme toutes les corolles (1) munies d'appendices {Pcmcratiurrij Nerium, Lychnis, etc.), tandis qu'il n'en est pas ainsi des organes considérés par M. Bâillon comme appartenant au calyce, ceux-ci se détachant peu après leur épanouissoinent. Je me trompe peut-être, mais je concilie difficilement cette nouvelle manière de voir avec celle dont il vient de parler en assimilant le développement du réceptacle floral cupuliforme de YOlinia à celui d'un disque qui se dévdopperaît en dehors du périanthe déjà tout formé. >
Il y a dans ce passage deux choses terribles pour M. Decaisne :
(1) Voici encore un passage qui prouve que M. Decaisne n'est pas très-apte à distinguer les calices des corolles. On ne comprend pas bien, en effet, comment il peut assimiler les pétales d'un Lychnis et d'un ffmum aux sépales d'un Narcisse ou d'un Pancrace* S'il se trompe dans des cas si connus et si vulgaires, comment pourra-t-il se prononcer sainement dans des circonstances un peu plus difficiles, comme lorsqu'il s'agit de VOlinia?
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L'une est une naïveté telle que, deux mots suffisent pour en faire justice. Les organes que j'ai considérés comme des sépales dans les Olinia n'appartiendraient pas au calice, parce qu'ils se détachent peu après leur épanouissement. Ou, en d'autres termes, les sépales d'une Rose sont bien des sépales, parce qu'ils ne se détachent pas ; mais quand un verticille floral se détachera peu après son épanouissement, ce ne sera pas un calice; exemple : le périanthe extérieur des Papavéracées, que les botanistes ont élé bien mal avisés d'appeler jusqu'ici un calice fugace. Il est vrai que M. Decaisne ajoute : « Je me trompe peut-être. » Ce « peut-être y> indiquerait un reste d'espérance qu'il faut bien, hélas ! lui an^acher ; il se trompe certainement, et l'on ne peut juger par la durée si un verticille floral est ou n'est pas un calice.
L'autre chose terrible est encore, et j'en demande bien pardon au lecteur, une de ces adultérations dont fourmille le factum que je combats et qui porte ici non pas seulement sur les mots, mais sur les faits. J'avais dit du petit rebord qui surmonte le tube floral et qui pour la plupart des auteurs dépend du calice :
« Quant au petit bourrelet à peu près entier ou obtuséroent sinué et découpé finalement en quatre ou cinq crénelures inégales (lesquelles peuvent faire entièrement défaut) et qu'on a souvent décrit comme un calice,, les sépales étant considérés comme des pétales , son apparition est tardive. »
Cette phrase n'a rien d'équivoque. Et cependant M. Decaisne me fait dire, comme on vient de le voir, que « j'assimile le développement du réceptacle floral cupuliforme de YOlinia à celui d'un disque qui se développerait en dehors du périanthe déjà tout formé. i> Et comme, à la page précédente, il fait apparaître « les carpelles des Olinia au fond de la jeune cupule réceptaculaire et non sur ses parois, » il résulte de cette habile substitution que pour le lecteur peu attentif, je confonds un
ORGANE QUI ENTOURE LE SO^fMET DU TUBE FLORAL AVEC UNE
CUPULE QUI EN OCCUPE LA BASE. Maisj'cspèrc qu'éclairé par tout ce qui précède, le lecteur laissera à M. Decaisne la responsa-
bilité de son assertion, et qu'ici comme ailleurs M. Decaisne « il ne donnera le change à personne, d
Ce n'est pas encore la dernière ineptie qu'il me prête gratuitement, comme on va le voir par le passage suivant :
«Je crois trouver, au contraire, une identité parfaite entre l'organisation florale des Olinia et celle de plusieurs plantes du groupe des Mélastomacées-Miconiées, et en particulier avec celle d'un genre décrit par M. J. Hookjer sous le nom dAcanthellay dont je reproduis la figure. La ressemblance est complète, et il ne viendra certainement à Tesprit d'aucun botaniste de considérer ici les cinq pétales comme les pièces du calyce, et celui-ci comme un disque extérieur. »
Ce qui est bientôt suivi de cette phrase sentencieuse :
€ Le tort de M. Bâillon est de porter constamment son attention presque exclusive sur la presque identité d'un seul caractère dans les questions d'affinités. »
Je répondrai simultanément à ces deux passages par un vers que place dans la bouche d'un de ses héros Molière, qui connaissait déjà bien les querelles de savants :
Vous prêtez... galamment vos qualités aux autres.
Il n'est pas, en effet, un seul botaniste qui soit aussi prompt que M. Decaisne h se laisser leurrer par l'apparence « de la presque identité d'un seul caractère dans les questions d'affinité. y> Il lui faut une fleur comparable à celle des Olinia, et parmi tant de plantes vulgaires qui ont avec les Olinia presque tous les caractères communs et qui, abondant partout, peuvent leur être comparées par tous les botanistes désireux de se prononce)* dans cette question, que va-t-il choisir? Une plante rarissime, que presque personne n'a vu et ne peut voir, qu'il n'a peut-être pas analysée lui-même au moment où j'écris. Espère-t-il qu'aussi superficiels que lui, les savants se borneront à comparer aux Olinia la silhouette informe d'une fleur d'Acanthella, pour prendre parti pour ou contre lui? Il ne remarque donc pas que cette plante diffère des Olinia par tous ses caractères : un réceptacle plus court et plus obconique, des pétales sessiles au nombre de quatre au lieu de cinq, aigus et
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fortement tordus dans le bouton; deux verticilles d'étamines au lieu d'un seul, avec ce cachet tout particulier des anthères qui est ordinaire aux Mélastomacées ; absence totale de ces « écailles staminifères i> qu'il admet dans les Olinia et auxquelles les étamines seraient superposées; en somme deux verticilles d'organes en moins : un au périanthe et un à l'androcée; indépendance de l'ovaire stipité qui est « adhérent » dans les Olinia; stigmate non dilaté; forme et structure des placentas propres aux vrais Mélastomacées et qui font totalement défaut dans les cloisons centripètes à bords amincis de V Olinia; ovules petits et en nombre indéfini, dirigés dans tous les sens, avec le micropyle ramené vers l'angle interne de la loge, au lieu des deux ovules ascendants, volumineux, collatéraux ou subsuperposés de V Olinia où le micropyle est infère; fruit capsulaire et non charnu, enveloppé des restes du sac floral sans lui être adhérent; graines nombreuses, largement ailées, imbriquées; embryon rectiligne ; par tous ses caractères, en un mot, cette plante diffère de VOlinia. Mais M. Decaisne croit voir une ressemblance quelconque entre le petit bourrelet de VOlinia et l'incontestable calice de VAcanthella^ et cela seul lui suffit pour assimiler les deux fleurs l'une à l'autre — et il se permet de reprocher à un botaniste a le tort de porter constamment son attention presque exclusive sur l'apparente identité d'un caractère, y> lui qui, négligeant tous les autres, se contente légèrement de l'existence de celui-là !
Et que dis-je? Cet unique caractère n'existe même pas, et je rougis encore de prouver qu'il est purement factice. Le calice de VAcanthella est, disais-je, incontestable. Sans etregénéralement aussi développés que le dit M. Ilooker (1) qui les décrit comme subulatO'lanceolali, tubo œquilongi, persistenteSy les lobes calicinaux sont bien visibles, triangulaires, aigus, chargés vers leur sommet de poils courts plus ou moins abondants. Un honnête et consciencieux observateur, M. Triana, les a représentés tels qu'ils sont, en 4871 (1), c'est-à-dire à une
(1) Gen. plant, I, 748, n. 53 (1867).
(1) Les Mélastomacées y t. 5, fig. 5i(extr. des Transactions ofthe Linnœan Society, vol. 28).