EPITAPHE
A couTert mes splendeurs d'ombres expiatoires. Mon nom même a subi son voUe injurieux^ Et le morne oubli cadie a ton orâl curieux * S'il est dans mes néants quelqu'une de tes gloires.
Passant, conmie toi j'ai passé.
Le fleuve est revenu se' perdre dans sa source. Fais silence : assieds-toi sur ce marbre brisé. Pose un instant le poids qui fatigue ta course : J'eus de même un fardeau qu'ici j'ai dépose.
Si tu veux du repos , si tu chercbes de l'ombre , Ta coticbo çst prête : ^cours ! loin du bniit on,j dort. Si ton fragile esquif lutte sur la mer sombre , Viens, c'est ici l'écueilj viens, c'g^t ici Ifi port!
Ne sens-tu rien ici dont tressaille ton âme ?
ODE XYII. 149
Rien y qui borne tè$ pas d'uxi cercle Impérieux?
Sur Ta^il^ qui te rédiiaue , Ne lls-t¥ P^ ^^^ ^01^ ^^ mo.t$ mystérieux ? . . .
Éphémère bîstrîon qui sait son rôle à peine , Chaque homme , ivre d'audace ou palpitant d'effroi Sous le sayon du pâtre ou la robe du roi , Vient passer à son tour son heure sur la scène.
Ne foide pas les morts d'un pied indifférent : Gomme moi , dans leur ville il te faudra descendre , L'homnfe de jour en jour s'en va pâle et mourant , Et tu ne sais quel vent doit emporter ta cendre.
Mais devant ^tnoi ton cœur à peine est agité ! Quoi donc ! pas un soupir ! pas même une prière ! Tout ton néant te parle , et n'est |point écouté !
i5o ÉPITAPHE. ODE XVII.
Tu passes : — En effet', qu'importe celte pierre ? Que peut caclier la tombé à ton œil attristé? Quelques os desséchés , un reste de poussière , Rien peut être , — et Tétemité.
.... Primiu labor
.... Animos atque arma videre Bellantûm,
ViROiL. Georg.
Voilà que tout cela est passé. . . mon enfance n'est plus 'j elle est morte , pour ainsi dire quoique je vive encore.
Saint-Augustin. Confessiom,