‹ Nouvelles odesChapitre 33 sur 51 · EPITAPHE · texte numérisé non relu

EPITAPHE

A couTert mes splendeurs d'ombres expiatoires. Mon nom même a subi son voUe injurieux^ Et le morne oubli cadie a ton orâl curieux * S'il est dans mes néants quelqu'une de tes gloires.

Passant, conmie toi j'ai passé.

Le fleuve est revenu se' perdre dans sa source. Fais silence : assieds-toi sur ce marbre brisé. Pose un instant le poids qui fatigue ta course : J'eus de même un fardeau qu'ici j'ai dépose.

Si tu veux du repos , si tu chercbes de l'ombre , Ta coticbo çst prête : ^cours ! loin du bniit on,j dort. Si ton fragile esquif lutte sur la mer sombre , Viens, c'est ici l'écueilj viens, c'g^t ici Ifi port!

Ne sens-tu rien ici dont tressaille ton âme ?

ODE XYII. 149

Rien y qui borne tè$ pas d'uxi cercle Impérieux?

Sur Ta^il^ qui te rédiiaue , Ne lls-t¥ P^ ^^^ ^01^ ^^ mo.t$ mystérieux ? . . .

Éphémère bîstrîon qui sait son rôle à peine , Chaque homme , ivre d'audace ou palpitant d'effroi Sous le sayon du pâtre ou la robe du roi , Vient passer à son tour son heure sur la scène.

Ne foide pas les morts d'un pied indifférent : Gomme moi , dans leur ville il te faudra descendre , L'homnfe de jour en jour s'en va pâle et mourant , Et tu ne sais quel vent doit emporter ta cendre.

Mais devant ^tnoi ton cœur à peine est agité ! Quoi donc ! pas un soupir ! pas même une prière ! Tout ton néant te parle , et n'est |point écouté !

i5o ÉPITAPHE. ODE XVII.

Tu passes : — En effet', qu'importe celte pierre ? Que peut caclier la tombé à ton œil attristé? Quelques os desséchés , un reste de poussière , Rien peut être , — et Tétemité.

.... Primiu labor

.... Animos atque arma videre Bellantûm,

ViROiL. Georg.

Voilà que tout cela est passé. . . mon enfance n'est plus 'j elle est morte , pour ainsi dire quoique je vive encore.

Saint-Augustin. Confessiom,

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