MON ENFANCE
ODiE DiX-EUITIÈM»E.
J'ai des jréye» de guerre en mon âme inquiètfe , J'aurais été $oldat , si je n'étais poètç.
Ne vous étonnez jpoyit que j'ajbaae les guemiers ! Souyent, pleurant £(ur eux^ dans «^ douleur muç^te? J'ai trouvé leur cyprès plus beau que nos lauriers.
Enfant , sur un tambour ma crèche fut posée.
i54 MON ENFANCE.
Dans un casque , pour moî l'eau sainte fut puisée. Un soldat , m'ombrageant d'un bellî<jueux faisceau ,
De quelque rleux lambeau d'une bannière usée Fit les langes de mon berceau.
Parmi les chars poudreux , led armes éclatantes , Une muse des camps m'emporta sous les tentes ^ Je dormis surFalraîn des canons meurtriers j J'aimai les fiers coursiers , aux crinières flotuintes , Et l'éperon , froissant les rauque% étriers.
J'aimai les]forts tonnans , aux abords difficiles ; Le glaiye nu d'un cbef guidant les rangs dociles^ La yedette ^ perdue en un* bois îsolé^ Et les vieux batailLons qui passaient dans les ailles , Avec un drapeau mutilé.
Mon envie admirait , et le bussard rapide ,
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Parant de gerbes d'or sa poitrine intrépide ,
£t le panache blanc des agQes lanciers ,
Elles dragons , mêlant sur leur cas<jue gépide
Le poil taché du tigre aux- crins noirs des coursiers.
Et j'accusais mon âge, et je disais : « G gloire! «Quand .donc seraî-je aussi connu de la victoire ? «Mon sang dormira-t-il , dans mes veines perdu? «Faut-il qu'en un combat , célébré par l'histoire , « Il ne soit jamais répandu ! »
Et j'invoquais la guerre , aux scènes effrayantes !
Je voyais en espoir , dans les plaines bruyantes ,
Avec mille rumeurs d'hommes et de chevaux ,
Secouant à la fois leurs ailes foudroyantes ,
L'un sur l'autre à grands cris fondre deux camps rivaux.
J'entendais le son clair des sonores cymbales ,
i56- MON ENFANCE.
Le roulement déscImK^ le- sifflement nl^'baUéB , £t de monceaux dé marts^semaiitiefBnipaBkatighiBi, Je voyais se heurter , auMn , friarinteryalks; Les eseàdpônâs édnoelans !
Avec oR>soafiApâ Tam<{«eui^7 àms r£ttro|ie asserri^ J'erraî i jç paiiooartis la terre atant la vîe. Et , tout enfant eneoif , IçsTieSlards necueillis M'ëcoutaîent racontant, d'une bouche rarle , Mes jours si peu nombreux, et déjà si remjiib !
Chez dix peuples yaincus je passai sans défense , £t leur respect craintif étonnait mon enfance* Daiàs TÂge où Ton est plaint , je semblais protéger. Quand je balbutiais le nom chéri de France , Je faisais pâlir Tétranger.
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JeyiAltai'CettaS ile , ei:ii nokiB dëbrÎB féconde '^ , Plu84«rd- y "prettàer degvë d*uile dt&te profonde'. Le haut Genîs , dont Faigle aime les rocs lointains, Entendît , de son antre où rayalanche gronde , Ses YÎeuaL' glaçoùs crter sowb mes pas enfantins^
Vers T'AdStge et VAiraiO' je.yinsides^bordsda Rhdiie. Je TÎs deTOocident Vaugnste Babylone, Rome , toujours yitanie an fesd-de se$ tombleaux , Reine du monde encor sur un dëbris de trône , Avec une pourpre en lambeaux.
Je vis Turin* ^ Kloi^noêaux plaisirs toujours prête, Naple , aux b6ffda«iid>à«sié», où le Fri^iteiùs s^avréte^,. Et que Ycsareenfeit cdu¥re> d'unsHfak br&knt,
-« I «Il .111» ....Il ■ r II. II. ■■ I ■ . — ■ »•
* Uilc d'Elbe ^ où Ton trouve une foule de yestiges volcaniques.
j58 mon enfance.
Gomme un guerrier jaloux qui , tëmoîn d'une fête , Jette au milieu des fleurs son panache sanglant.
L'Espagne m'accueillit , liyrëe à la C!onquéte. Je franchis le Bergare , où mugit la tempête } De loin , pour un tomheau , je pris l'Escurial ^ Et le triple aqueduc '^ yit s'incliner ma tête Devant son front impérial.
Là , je voyais les feux des haltes militaires Noircir les murs croulans des viUes solitaires 5 La tenté, de l'église envahissait le seuil 5 Et les ris des soldats , dans les saints monastères , Par Fécho répétés , semblaient des chants de deuil.
* Le célèbre aquedut; romain de Ségovie , où l'on admire trcis rangs superposés d'arcades de granit.
ODE XVIII. iSg
Je reyins, rapportant de mes courses loin taînes Comme un yague faisceau de lueurs Incertaines. Je réyais , comme si j'ayaîs , durant mes jours , Rencontré sur mes pas les magiques fontaines Dont Tonde enîyre pour toujours.
Mes souyenirs germaient dans mon âme ëcliauffée -, J'allais , chantant des vers d'une voix étouffée ^ Et ma mère , en secret observant tous mes pas ^ Pleurait et souriait, disant: « C'est une fée
« Qui lui parle , et qu'on ne volt pas ! »
HtUU.
Elle apparaît ... comme ces figures dont le poète yoit les yeux étinceler à travers le feuillage sombre, quand, dans sa promenade du soir , il rêve de Pamour et du ciel.
Th. Moore. Amours des Anges.