ODE DIX-NEUVIÈME
Que ce soit Urgèle ou Morgane , J'aime , en un rèye'sanâ effroi , Qu'une fée y au corps diaphane , Ainsi qu'une fleur qui se fane , Yienue pencher son front sur moi.
C'est elle dont le luth d'ivoire
i$4 ball;ade.
Me redit , sur un mâle accord , Vos contes , qu'on n'oserait croire ^ Bons paladins y si TOtœ.Msloirê N'était plus merveilleuse encor.
C'est elle , aux choses qu'on révère Qui m'ordonne de m'allier , Et qui veut que ma main sévèi»
Joigne à la harpe du trouvère Le gantelet du chevalier.
Dans le désert qi|i me iTéalame^ Cachée en tout oq qiji^ je vois, C'est elle qui fait , pour mm âme , De chaqpie* r»yon une flsmnue , Et de chaque bruit une voix -,
Elle , — qui dans l'onde a{;itée
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Murmure en sertaiit eu rocher; Et , de me plaire toumieol^ , Suspend la^câgogne -argentëe Au faite aigu du «noir clocher-;
Quand , rhiver , mon foyer pétille , C'est elle qui vient s'y tapir j Et me montre , au ciel qui scintille , L'ëtoile*qui s'éteint et brffle , Contone un ceîl prêt à s'assoupît ^
Qui , lorsqu'en des manoirs sauvages , J'erre , chercliant nos vieux berceaux , Fait , m'entourant de mille images , G>mme und)ruit du torrent des âges , ^ Mugir le vent sous les arceaux ;
Elle , — qui , la nuit , quand je veille ,
i66 BALLADE. ODE XIX.
M'apporte dé confus abois ; Et pour endormir mon oreille , Dans le calme du soir , ëyeille Un cor lointain au fond des bois.
Que ce soit Urgèle ou Morgane y J'aime, en un rére sans effroi, Qu'une fëe , au corps diapbane , Ainsi qu'une fleur qui se fane , Vienne pencher son front sur moi.
Orus!
Virgile.