‹ Nouvelles odesChapitre 37 sur 51 · ODE VINGT-UNIEME · texte numérisé non relu

ODE VINGT-UNIEME

Lorsque j'ëtaiâ enfant : — «Viens, me disaUlaMuse, Viens yçir Je beau Génie assis sur mon autel ! Il n^est dans .mes- trésors rien que je te refuse , 3oit que l'altîer clairon ou l'humble cornemuse . Attendent ton souffle immortel.

R Mais fuis d'un monde étroit l'impure turbulence -,

Là, rampent les ingrats, là, régnent les méchans. Sur un luth inspiré lorsqp^une ame s'élance , Il faut que ^ Véeoîlitânt «dAns un cliaf^ silence , L'écho lui rende tous ses chants I

« Choisis <{uelque désert pour y cacher ta i^ie. Dans une ombre sacrée emporte ton iSambeau.

Heureux qui , loin des pas d'une foule asservie , Dérobant ses concerts aux clataieurs de Tenyie , Lègue sa gloire à son tombeau !

« L'horizon de ton ame est plus haut ^e la lerre. Mais cherche à*ta pensée un mb^e hafrManiè^ , Où tout , en Fe&lt9itit j charme ton ecenr anstère; Où des saintes clartés , ^ «cdle omitfè n'dtci^, Le doux reflet suive tes yeux.

« Qu'il soit un îtms vallon , ton paisible royaume ,

OI>E XXL • 177

Où parmi Fégï^tîér 3e «asae et te^^byerA ,

Tu penses t<nr'^ii/f6& / etrbM ccftùïne uti'fahtiitie ,

Ces magiques 'jpèdah ^ (|a:*énfateteùt 'dbûs lë éhâiitnie

Les céntes Aàhs de Faïeul.

c( Qu'tme tbur^én tttîne , m flanc de la montagtie , Pende , et jetteMn'bnd>re àibL flôfs d'an lac d'anir. Le $0M*/qu'ttn f^u de pâtre, au fond de h caihpagne , Cotnniè'im aihi &otk I^dèil de loih hbûs'àicconrpagne , Perce le crépnsciile oliàbtif .

« Quttud, gùidàiitiim>ie'l^c dëùt^iiùxieib VagiÂondeis, Le ciel ,iàans fee rnSfcrfi» /t'offrira ses tableaux , Qu'une moUte naëe , ^n ââ^oùlant ms oiides , Montre à4«s yeux, baisôësi^ùr lés yagttes profondes, Des flots se jouant dans les flotis.

« Que , visitant parfois une île solitaire ,

Sur des borcb ombrages de feuillages mouTans , Tu puisses y sayourazit ton exil Tolontaire , En silence épier s'il est quelque mystère .

Dans le bruit des eaux et des y^nts.

« Qu'à tonréyeiljojeuxy les chants des jeunes mères T'annoncent et l'enfance , et la yie et le jour. Qu'un ruisseau passe auprès de tes fleurs épb^ères, Comme entre les doux soins et les tendres cbimères Passent l'espëranjce et l'amour.

<c Qu'il soit da^s la contrée un souyenir fidèle De quelque bon seigneur , de hauteur dépouryu , Ami de l'indigence et toujours aimé d'elle 5 Et que chaque yleiUard , le citant pour modèle , Dise : « Vous ne l'ayez pas yu ! »

« Loin du monde surtout mon culte te réclame.

Sois le Prophète ardeut , qui 'vît le ciel ouvert , •

Dontrœîl, au sein des nuits, brillait comme une flamme, Et qui , de Tesprit saint ayant rempli son âme , Allait , parlant dans le désert ! »

Tu le disais , ô muse! £t la cité bruyante Autour de moi pourtant lève ses mille voix !

Muse ! Et je ne fuis pas la sphère tournoyante Où le sort , agitant la foule imprévoyante , Meut tant de destins à la fois !

Cest que , pour m'amener au terme ou tout aspire , n m'est venu du ciel un guide au front joyeux j Pour moi, l'air le plus pur est l'air qu'elle respire; ^e vois tous mes bonheurs, Muse, dans son sourire , Et tous mes rêves dans ses yeux !

ncoxt a

otî

Et mine et semper!

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