ODE VINGT-DEUXIÈME
 TOI l toujours à toi ! que chanterait ma lyre? A toî l'hymne d'amour ! A toî l'hymne d'hymen ! Quel autre nom pourrait éyeîller mon délire?
Aî-je appris d'autres chants? saisrje un autre chemin?
C'est toî y dont le regard ëelalre ma nuit sombre , Toi, dont l'image luit sur mon sommeil joyeux 5
i84 ENCORE A TOI.
Cest toi qui tiens ma main quand je marche dans Fombre, Et les rayons du ciel me Tiennent de tes yeux!
Mon destin est garde par ta douce prière :
EUe yeille sur moi , quand mon ange s'endort^ Lors que mon cœur entend ta voix modeste et fière Au combat de la rie il provoque le sort.
N'est-il pas dans le ciel de voix qui te réclame? N*es-tu pas une fleur étrangère à nos champs? Sceur des Vierges du ciel, ton àme est pour mon âme Le reflet de leurs feux et l'écho de leurs chants!
Quand ton œil noir e t doux me parle et me contemple , Quand ta robe m'effleure avec un léger bruit,
ODE XXII. i85
Je crois avoir touché quelque voile du temple, Je dis comme Tobîe : un ange est dans ma nuit !
Lorsque de mes douleurs tu chassas le nuage , Je compris qu'à ton sort mon sort devait s'unir, Pareil au saint pasteur , lassé d'un long voyage , Qui vit vers la fontaine une vierge venir !
Je t'aime comme un être au dessus de ma vie , Comme une antique aïeule aux prévoyans discours , Gomme une sœur craintive , à ites maux asservie , Ck)mme un dernier enfant, qu'on a dans ses vieux jours.
Hélas ! Je t'aime tant qu'à ton nom seul je pleure ! Je pleure , car la vie est si pleine de maux !
i86 ENCORE A TOI. ODE XXII.
Dans ce morne désert tu n'as point dç demeure , Et Farbre où Ton s'assied lève ailleurs ses rameaux.
Mon dieu! mettez la paix et la joie auprès d'elle... Ne troublez pas ses jours , ils sont à vous , Seigneur ! Vous devez la bénir , car son âme fidèle Demande à la vertu le seci^et du bonheur.
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0tn.
Nomen, oui numen /