‹ Nouvelles œuvres choisies de Mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 7 sur 27 · IJ · texte numérisé non relu

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Ah! il n'y a que Lui qui soit aimé de cette façon sur la terre, il n'y a que Lui pour lequel on s'immole et on meurt à soi-même!...

Mais vous, Messieurs, quand on vous demande de mourir à vous-mêmes, on ne vous demande pas d'être héroïques ; dans le fond on ne vous dit pas de mourir, on vous demande seulement de vivre pour Jésus-Christ. Comme le disait saint Paul : « Ce qui reste, Quod reli- V quum est j ce qui reste à faire, c'est que ceux qui » vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour •)■> celui qui est mort et qui est ressuscité pour eux... " C'est qu'ils disent tous avec saint Paul : « Je vis, non » 2}lus moi, c'est Jésus-Christ qui vit en moi! y.

Savez-vous, Messieurs, quelle est quelquefois la tristesse profonde de mon âme, quand je m'arrête à certaines pensées? La voici : Oui, aimer Jésus-Christ, vivre pour Jésus-Christ, travailler pour Jésus-Christ, mourir pour Jésus-Christ, tel devrait être le vœu ardent de toute âme et de toute vie... Eh hien, nous sommes chrétiens, prêtres, évêque peut-être, et nous passons vingt, trente, quarante ans, sans aimer Jésus- Christ! Encore un coup, comprenez donc ce que vous demande Jésus-Christ : c'est simplement de vivre d'une vie qu'il puisse avouer, où il ait sa part, où il sanctifie vos amours, et qui vous rende dignes de ces joies éternelles auxquelles il vous convie tous.

Je viens de nommer la Sœur de charité : une chose m'a toujours frappé, et je veux, en ce moment, la mettre sous vos yeux. Vous, qui vous êtes occupés d'analyser les choses morales, analysez, expliquez celle-là,

si vous pouvez : allez... pas plus loin qu'à l'hospice (l'Orléans; oui, allez dans cet hospice; vous trouverez là une jeune Sœur, dans une salle de malades, de soldats malades; elle est là, avec son innocence, son dévouement, sa pureté et ses vingt ans; on lui donne les noms les plus tendres; on l'appelle ma mère, on rappelle ma sœur. Elle n'a qu'un voile, sa modestie. Et il y a là, pour elle, un respect, et une tendresse cachée dans le respect, que rien n'a jamais surpassé dans le cœur de l'homme. C'est que, hon gré mal gré, les hommes les plus vulgaires, quelquefois les plus avilis, quand ils découvrent dans un cœur le feu sacré, sont vaincus! Il y a là quelque chose de si grand, de si noble, de si divin, dans la plus humble créature, que tout cœur qui le rencontre est invinciblement subjugué.

Ah! voilà bien. Messieurs, le feu que Notre-Seigneur est venu apporter sur la terre, et dont il a allumé dans son Eglise l'impérissable foyer, ce beau feu qui purifie et qui enflamme, et dont Jésus-Christ disait: "Que V demandé-je, sinon qu'il s'allume » , et qu'il s'allume dans tout cœur, dans toute âme, parce que toute àme, tout cœur en a reçu la semence divine, l'étincelle sacrée.

Et cependant, combien ne voit-on pas. Messieurs, de ces âmes où l'étincelle s'éteint, de ces vies qui ne sont jamais traversées par la flamme, par un souffle généreux, et qui restent éternellement froides, médiocres, infécondes! Pourquoi un tel malheur? Ah! Messieurs, l'étincelle s'éteint, parce qu'on ne veut pas qu'elle jaillisse. Et on ne veut pas, parce qu'on a peur.

On redoute l'efTort, le labeur; on a peur du sacrifice, loilà pourquoi la flamme ne jaillit pas. La lumière, ah! il y a beaucoup d'àmes qui l'acceptent volontiers, parce qu'elle est belle, parce qu'elle réjouit les yeux. Alais le feu, mais la flamme qui consume, c'est autre cbose; on a peur. Oui, combien n'ai-je pas rencontré de ces âmes, qui s'ouvrent à la lumière; je vois, du haut de la chaire, qu'elle va à leurs regards, qu'elle les pénètre, qu'ils tressaillent dans cette lumière, comme dit l'Écriture : Exultant in liice ; mais quand je dis : Il faut que ce qui est lumière dans vos esprits devienne flamme dans vos cœurs, et que cette flamme brûle, consume ceci et cela, et cela encore, tout ce qui est impur et mauvais en vous; oh! alors, je vois qu'on a peur, qu'on recule, qu'on se dérobe, et que le feu ne prend pas !

Le feu ne prend pas, et pourquoi? Mon Dieu! c'est qu'il y a, dans le secret des cœurs, des mollesses, des obstacles, des résistances, que l'on s'avoue ou que l'on ne s'avoue pas, mais qui empêchent l'embrasement des âmes. Ces résistances, ces obstacles, xous les connaissez aussi bien que moi, Messieurs. Ce sont les passions, qui courbent tant d'àmes sous leur tyrannie, et les abaissent dans leurs souillures. Quand le cœur est atteint, gâté, c'est en vain qu'on essaye de le ranimer par un souffle de vie; le feu ne prend pas dans la boue. Il y a ensuite la masse des âmes vulgaires, les dissipations, les légèretés, les mobilités du cœur et de la volonté, les vaines sollicitudes des vies frivoles, toute cette poussière soulevée qui étoufle aussi le feu et em-

pêche la flamme. Enfin, il y a ce que rEcriture appelle si éncrgiquement le cor loj)ideiim \ le cœur de pierre, c'est-à-dire l'orgueil et ses endurcissements. Quand vous allumez le feu sur une pierre, il la noircit ou la calcine, il ne lui fait pas jeter de flammes; voilà l'orgueil. Il durcit l'âme, et la rend impénétrable au feu sacré. Voilà pourquoi, Messieurs, je le dis avec une tristesse profonde, il y a tant d'âmes chez qui, pour leur éternel malheur et leur éternelle stérilité , le feu sacré ne s'allume pas.

Mais parmi ces âmes qui repoussent ainsi la flamme vive et vivifiante, il y en a sur lesquelles, quand je me prends à y songer, Messieurs, je ne puis m'empêcher de verser de plus amèrcs larmes. Ce sont d'ahord les jeunes gens.

Jeunes gens. Dieu vous a fait un don merveilleux; il y a en vous, avec un sang chaud et impétueux, comme dit Bossuet, une ardeur, une générosité, une flamme. Dieu a mis dans vos poitrines un ccenr qui palpite et qui est prompt à s'enflammer. Mais, hélas! trop souvent le feu qui vous anime devient un feu mauvais, impur, qui s'interpose entre Dieu et vous, et obscurcit quelquefois à jamais vos cœurs, ou ce feu fumeux de l'orgueil, qui noircit et durcit ce qu'il y a de meilleur et de plus élevé dans vos âmes.

Je ne connais rien de plus triste que cette perversion d'un cœur déjeune homme, si bien fait pour aimer toutes les belles et saintes choses, et qui aime mal ou n'aime plus!

* EzKCH., XXKVI, 26.

Il y a (Vautres tristesses encore. Il y a des âmes naturellement grandes, qui ont reçu de Dieu des puissances admirables, des élans merveilleux. Si le feu sacré venait à s'allumer définitivement en elles, elles monteraient à des hauteurs sublimes, ilais elles ne montent pas, elles demeurent, dans leur piété, petites et vulgaires, parce qu'elles n'ont pas le courage d'écarter le dernier obstacle, elles n'osent pas porter le coup, le dernier coup, qui ferait jaillir la flamme et consumerait enfin l'holocauste. L'autel est prêt, la flamme est là; la victime est désignée : elles n'ont qu'à vouloir; mais elles ne veulent pas s'immoler, ftiire le sacrifice que Dieu demande, et parce qu'elles ne font pas ce dernier et décisif effort, elles ne monteront jamais au sommet qu'elles devaient atteindre, elles n'auront jamais la dernière et définitive beauté.

Voir cela, Messieurs, le dire, le crier à une àme, et rester le témoin impuissant de ce désolant arrêt, je ne connais rien de plus douloureux.

Ah ! il y a des âmes qui savent bien ici de qui je parle et ce que je veux dire.

Mais que parlé-je des grandes âmes? Messieurs, jusque dans les conditions les plus humbles et dans les dei^oirs les plus simples, — mais qui peuvent devenir sublimes, si on les envisage, si on les pratique à la lumière de la foi, — on peut, on doit trouver le feu sacré. Chefs de famille! mères de famille! vous qui pourriez tant, si le feu sacré était dans vos âmes, c'est sur vous que j'arrête bien souvent, avec une anxiété douloureuse, ma pensée! Il y a en vous une flamme,

un feu admirable, si vous saviez Télcver à sa liauteurî Mais, laissez-moi vous le demander, où sont ceux d'entre vous en qui brûle vraiment de sa pure flamme le feu sacré de l'amour paternel, et de l'amour maternel, et de toutes les affections domestiques? Je dis, le feu sacré, les saintes affections de la famille, non pas l'amour égoïste, l'amour mobile, faible et faux; mais l'amour vrai, pur, dévoué, immortel, pour un mari, pour une femme , pour des enfants ! Mon^Dieu ! que de vulgarités dans les meilleurs! Quelquefois que d'al)aissements! Et cependant, quand on songe à ce que vous êtes, à ce que Dieu a voulu que vous fussiez, à la sublimité de votre vocation, à ce que saint Paul a révélé en vous de grandeur, par les conseils et les exhortations qu'il vous adresse ; ah ! comme on sent tout ce qu'il devrait y avoir en vous de respect, de délicatesse, de flamme pure et sacrée! Mais quand on regarde ensuite à la réalité, aux choses comme elles sont, comme elles se passent, on se demande avec effroi : Où sont les vraies âmes, les grandes âmes de chefs, de pères et de mères de famille?...

Laissez-moi donc vous le dire en ce moment, — avec la charité que Dieu met pour vous dans mon âme, — je vous prêche votre grand bonheur en vous préchant votre grand devoir. C'est ici une loi de Dieu, et il a fait de telle sorte et si profond l'abîme du cœur humain, qu'il n'y a pas une affection naturelle, si pure et légitime qu'elle soit, si justifiée par les qualités les plus rares, par les dons les plus aimables, qui suffise à l'âme, si on s'en tient là, si on ne s'élève pas plus

haut, jusqu'à Dieu, car c'est jusqu'à lui que toute affection doit remonter.

Quand l'affection s'arrête à elle-même, elle n'est pas le feu sacré, elle ne comble pas tous les désirs de l'âme; il n'y a que le feu sacré qui puisse porter assez haut le^ cœurs, et mettre dans la vie, avec l'épanouissement et la joie , cet élan qui permet aux âmes de déployer leurs ailes, et qui les fait monter toujours et toucher à l'infini, en qui seul se trouve la plénitude de l'amour , et qui seul peut donner au cœur son plein rassasiement.

Sans cela, — tel est le mystère du cœur de l'homme, cor hominis iiiscrutahile , cor homiuis ahijssus '^ et tel est aussi l'ordre etla justice, — sanscela, il y a en vous un abîme qui ne sera pas comblé, et dans les jouissances mêmes de la vie la plus heureuse un malaise inévitable. Je ne sais pas le secret de vos existences; mais ce que je vous dis là, un jour ou l'autre vous le sentirez.

Et pour vous révéler à tous, en un seul mot, comment le feu sacré doit transformer et élever vos cœurs, voici la vérité : l'amour pour soi ne suffit jamais. Il faut, pères et mères, aimer vos enfants pour euxmêmes plus que pour vous, et pour Dieu encore plus que pour eux-mêmes. Je dirai de même aux époux chrétiens : Il ne faut pas vous aimer égoïstement pour vous-mêmes, mais mutuellement l'un pour l'autre, et pour Dieu encore plus que pour vous.

Ah! soyez donc chrétiens dans toute la noblesse et toute la sincérité de ce grand nom ! Faites fleurir au

1 Jer., XVII, 9. — Eccli., XLii, 18.

foyer domestique ces grandes vertus que Dieu bénit, la chasteté, riiumilité, la charité : la chasteté, qui ne laisse pas vivre l'àme pour le corps, l'humilité, qui ne laisse pas vivre l'àme pour elle-même, et la charité, qui vous demande de vivre corps et âme pour Dieu et pour vos frères... Voilà le feu sacré, l'amour clirétien dans la famille.

Je le sens, je me laisse entraîner; mais il faut me le pardonner, car ce sont les plus grandes choses que l'on puisse dire aux âmes.

Mon Dieu, ces grandes choses, nous nous les prêchons nous autres, prêtres, perpétuellement à nousmêmes. Car s'il y a des cœurs que le feu sacré devrait consumer, ne sont-ce pas les nôtres? N'est-ce pas de nous qu'il a été dit : ^<.Facis aiigelos tuos Jlammam , » et ministros tuos ignem w'entem\ Vous faites de

V vos envoyés une flamme, et de vos ministres un feu

V brûlant, " Mais sommes-nous cela toujours? Je sais bien que le feu sacré ne s'éteint pas dans l'Église, et je le dis avec une consolation particulière de mon cœur d'évêque, je vois, j'ai vu souvent dans des âmes sacerdotales la flamme céleste, et quand je visite mon diocèse, c'est ma joie, au milieu de ces courses pastorales, de rencontrer cette flamme admirable de nos jeunes prêtres, et de voir aussi ces anciens du Sacerdoce qui raniment en eux leur vieille ardeur, et montrent que leur cœur reste toujours jeune, pour les travaux du zèle, près du cœur de Jésus-Christ.

Et moi, qu'ai-je à faire, dans ce vaste diocèse, si ce 1 Ps., cm, 4.

n'est de souffler aussi le feu sacré , de parcourir les villes et les campagnes, et de réveiller partout les étincelles éparses dans les âmes! Ah! je ne puis m'empècher de le reconnaître, si nos cœurs à tous étaient plus brillants, nos paroles seraient plus enflammées, et nous n'aurions pas tant de peine à triompher de vos résistances, et à renouveler la vie chrétienne parmi vous.

Mais, grâce à Dieu, voici des jours où tous, prêtres et peuples, nous pouvons ranimer en nous le feu sacré. Nous savons où en est le foyer, il est en Dieu, il est sur la croix, il est dans le cœur de Jésus-Christ; et ce Dieu de bonté en même temps qu'il nous invite à mettre en nous le feu sacré de la vertu , il nous y aide, il nous porte tous dans son sein paternel, et, quand il le faut, jusqu'aux sommets les plus ardus; et toute la force qui nous manque, il nous la donne. Seulement, voilà notre grande misère : nous refusons le secours de Dieu; nous savons où est la source du bonheur et de la vraie force, et nous n'allons pas nous y plonger! Xous sentons le poids de nos chaînes, — que ce soient les liens misérables des lâchetés vulgaires, des petites affaires, des petits préjugés, ou le lien plus fort des violentes passions, — nous sentons ce triste poids, il se présente un libérateur, il nous tend ses puissantes mains pour nous aider à briser ces chaînes , et nous le refusons !

Ah! je vous ai dit que souvent le ministère des âmes est un ministère amer. On les aime quelquefois , ces âmes, avec une profondeur de dévouement qui ne se peut dire, et puis on sent l'impuissance de son dévoue-

nient et de son zèle, et on est condamné, pour soutenir son courage abattu, à se réfugier avec le Sauveur au Jardin des Olives; et là on tombe avec lui, la face contre terre, dans l'amertume et la crainte, avec cette tristesse de cœur que ressentit Jésus-Cbrist : Cœpitjpavere, tœdere, mœstus esse^ Je ne veux pas descendre de cette cbaire sans vous dire une tristesse que j'ai eue, ici même, depuis deux jours, au milieu des joies du retour et des témoignages de sympathie et d'affection que j'ai trouvés parmi vous, et qui sont allés jusqu'au fond de mon âme. Mais enfin, malgré tout cela, cette tristesse, depuis deux jours, m'a fait plus que jamais sentir sa pointe amère. J'arrive de Rome. Toute terre a ses tristesses, et celle-là, vous le savez, n'en manque pas. Mais enfin, j'y ai éprouvé une consolation, dont je me suis encore mieux rendu compte depuis mon retour au milieu de tous. C'est que là, dans cette cité sainte, j'étais dans un lieu où l'on croit, où l'on prie, où l'on espère. Je me suis trouvé, pendant les prédications que j'ai faites, au milieu d'une immense société d'âmes de toute langue, de toute tribu, de toute nation, mais toutes chrétiennes, et venues à Rome dans un sentiment religieux : même ces âmes de nos frères séparés, vaincues par une lumière irrésistible qui est comme répandue là partout dans l'atmosphère, adoraient avec une foi plus vive Jésus- Christ; et, dans le moment où j'étais étonné de les voir me chercher, m'aborder, elles m'édifiaient par leur respect et l'accent de leurs paroles. En un mot, on a là 1 Marc, xiv, 33.

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ce bonlieiir, qu'on sent encore mieux quand on n'y est plus , (le n'être entouré que d'âmes vivant dans une lumière chrétienne... Et puis, quand on revient sur cette pauvre terre de France, on rencontre des âmes qui sont chères, qu'on n'avait pas oubliées, qu'on n'oublie jamais, — mais enfin, dans l'absence, quand on pense à ceux que l'on aime, on se souvient de ce qu'ils ont de meilleur, on oublie le reste, — et quand on les retrouve, ces âmes difficiles, et qu'on sent comme une barrière entre elles et vous, entre ce qu'on a de plus cher et de plus ardent au cœur et leur âme, je vous demande s'il peut y avoir sur la terre une tristesse plus douloureuse, une amertume plus ainère. Ah! puissiez-vous du moins la sentir tous comme moi! car enfin , il n'est pas juste que je sois plus malheureux que vous de votre malheur, et il est impossible que vous ne sentiez pas qu'il y a là, par l'absence de Dieu dans vos âmes , une profonde lacune , une lamentable'défaillance dans votre vie, dans vos joies, dans vos plaisirs, surtout dans vos douleurs!

Demandez donc à Jésus-Christ, pendant ces saints jours, de venir à votre aide, de vous éclairer, de vous fortifier. Gomme je le disais à Rome h. nos frères séparés : ce n'est pas entre nous une question de foi; non, il y a ici quelque chose de plus délicat; c'est une question de sacrifice et de vertu.

l'riez, demandez à Jésus-Christ son secours pour la résoudre noblement, victorieusement, et bientôt vous serez chrétiens...

Et maintenant continuez, Messieurs, pendant ces

saints jours, cette grande el belle assiduité. Femmes chrétiennes qui êtes ici, et qui adressez à Dieu pendant ces saints temps des prières si ferventes pour les âmes qui vous sont chères, continuez à prier, à pousser vos cris vers le ciel. Vous tous, Alessieurs, qui avez fait et faites chaque jour, je le sais d'un grand nombre, tant de bien dans cette ville, un ])ien humble et caché, mais que Dieu voit et récompensera, unissons, les efforts de nos cœurs, pour que Dieu nous bénisse tous! Oui, que cette Semaine Sainte, que cette grande retraite ouvre pour tous les trésors de Dieu.

0 Dieu! répandez le feu sacré dans toutes ces âmes : il y en a ici qui en sont si dignes! A ceux qui n'ont pas le bonheur de vous connaître , donnez la lumière, cette lumière douce qui ouvre les yeux fermés, qui guérit les yeux malades, qui se fait aimer et suivre, qui illumine le fond des âmes. A ceux qui ont l'esprit éclairé, mais le cœur froid, envoyez ce souffle puissant par lequel la lumière de l'esprit deviendra la flamme du cœur, cette flamme qui échauffe, qui anime, qui purifie, qui fortifie, qui fait les grandes vertus et les grandes âmes... comme il en faut, aujourd'hui plus que jamais, à l'Église et à la France...

ALLOCUTION

ir L'ÉVÊQUE D'ORLÉANS

PROXOXCÉE DAXS LA CATHÉDRALE DE SALXTE-CROIX LE 7 MAI 1864

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