‹ Nouvelles œuvres choisies de Mgr. DupanloupChapitre 18 sur 49 · LA TACTIQUE DES ADVERSAIRES · texte numérisé non relu

LA TACTIQUE DES ADVERSAIRES

Après les injures on a essayé des raisonnements : nous en verrons la valeur bientôt; mais, tout d'abord^ signalons une interprétation vraiment par trop commode employée contre ma Lettre, et dégageons le débat de la misérable équivoque dont, par tactique, — car je ne puis voir là un simple malentendu, — la plupart de mes adversaires ont fait comme le pivot de leur discussion.

J'ai proclamé la justice de Dieu. J^ai dit que : , « La loi, la grande loi de la justice est certaine ; nul n n'y échappe ; tôt ou tard, le mal appelle le malheur, n

Et j'ai ajouté :

« Cette loi a ses mystères : Dieu l'applique comme Ti il V entend, et nous ne savons pas ses secrets, m

Or, qu'a-t-on fait?

On m'a fait précisément dire le contraire; on m'a fait deviner, divulguer, affirmer les secrets de Dieu; on m'a fait dire, comme si j'en avais eu révélation, pour quel crime particulier tel fléau particulier était envoyé !

«Aucun créole de la Guadeloupe» , dit gravement le

DEFENSE DE LA RELIGIOxV. 215

Journal des Débats '^ « ne faisait partie de l'assemblée 1) de Liège. « Comme si j'avais assigné pour cause du tremblement de terre de la Guadeloupe l'assemblée de Liège.

ce Le Congrès de Liège " , dit un autre, « est la cause « des éruptions qui bouleversent la rade de Santorin ^. w

u La Loire est sortie de son lit, parce que des habi- •>•) tants des rives de la Seine ont développé, en Suisse » ou en Belgique, des doctrines que M. Dupanloup « appelle impies ^ . "

Assurément, et pour beaucoup de lecteurs, de telles phrases dans les colonnes d'un journal sont agréables et démonstratives : mais quelle est cette iniquité de polémique, et où a-t-on vu tout cela dans ma Lettre?

Je le répète encore une fois :

« La loi, la grande loi de la justice est certaine, ■» et nul n'y échappe : tôt ou tard le mal appelle le M malheur; mais cette loi a ses mystères. Dieu Vap- » plique comme il V entend, et nous ne savons pas les

)) SECRETS DE DiEU. 5)

Et c'est pour cela précisément, parce que nous ne savons pas les secrets de Dieu, que, quand le mal abonde sur la terre, — et chacun de nous en a sa part, car nul ici-bas n'est innocent, — et qu'à cette masse d'iniquités universelles viennent se joindre encore certains grands scandales publics, des débauches d'esprit, des orgies d'impiété comme à Liège, des blasphèmes

1 IB octobre 1866.

2 L'Avenir national, 19 octobre 18C6.

3 La Morale indépendante, 21 octobre 1866.

comme ceux que nous lisons chaque jour dans vos livres et vos journaux, forts de leurs milliers de lecteurs et de complices, c'est alors surtout, je le crois et le répète, qu'on doit craindre les coups de la justice divine.

Jefferson disait : Je tremble pour mon pays , quand je réfléchis que Dieu est juste!

Je pense comme Jefferson, et je redis sa parole.

Et voilà pourquoi on m'accuse de faire appel à la peur, à la superstition et à la force..

A la peur? — A quelle peur? Est-ce de ce nom que vous appelez la crainte lie Dieu et de sa justice?

A la superstition? — A quelle superstition? Est-ce de ce nom que vous appelez la foi des siècles à l'existence de Dieu, à la Providence et à la justice divine?

A la force? — Comme si quelque part il en existait une aujourd'hui qui fût au service de la vérité méconnue! comme si nous ne savions pas que l'empire et l'usage de la force sont chez nos ennemis!

Non : je tâche d'exciter à la réflexion, au courage, au repentir, à la prière, à la générosité virile, à l'union active et chrétienne, à tous les travaux, à tous les dévouements qui rendent la peur condamnable et la force inutile , à toutes les vertus enfin , qui peuvent sauver encore la société menacée.

Certes, quand un évêque voit que les hommes outragent Dieu et le blasphèment, et quand il élève la voix pour conjurer les hommes de réfléchir, et Dieu de pardonner, qu'il plaise ou qu'il déplaise, cet évêque fait son devoir.

Comment! en face de cette grande certitude et de ce

DEFEMSK DE LA RELIGIOX^. 217

mystérieux inconnu, la certitude de la justice divine, et Tinconnu des applications particulières de cette justice, et en présence aussi du mal contemporain, — car notre siècle aurait-il })ar hasard la prétention de se lever devant Dieu, et de lui dire comme cet orgueilleux . philosophe : et Nul n'est meilleur que moi? » — En face, dis-je, de toutes ces choses, il n'y aurait pas même ici une conjecture et une possihilité redoutahles qui commanderaient la prière? Et un évêque ne pourrait pas élever la voix et dire : Nous sommes éprouvés, nous avons souffert, nous souffrons encore : prions? Et il n'y aurait « pas lieu du tout v de nous demander à nous-mêmes si nous ne devons rien à la justice divine?

Non, non : tous tant que nous sommes, nous devons réfléchir, nul de nous ne peut se croire pur devant Dieu ; et j'ajoute : En présence du péril religieux et social qui chaque jour grandit, en présence de « la 55 guerre faite à Dieu, de l'athéisme qui marche tête » levée, de l'accord profond et menaçant des doctrines » irréligieuses et des doctrines révolutionnaires » , nous devons tous craindre et prier.

Mais laissons cette tactique de nos adversaires, et passons à leurs arguments.

La Justice et la Providence de Dieu : la Providence se mêlant des affaires humaines, ayant le droit d'intervenir dans le monde et dans l'histoire; et la Justice divine ayant le droit de punir les péchés des hommes, voilà ce qui est ici en cause : c'est-à-dire la plus grande question philosophique, morale et religieuse qui se puisse agiter parmi les hommes. Car il ne faut pas se

218 XOUVELLES OEUVRES CHOISIES.

faire illusion : les principes au nom desquels on m'a répondu impliquent nécessairement la négation radi-^ cale, non-seulement de la religion révélée, du Christianisme, mais de toute religion et de toute philosophie.

LES xlRGUAIENTS.

On a essayé des raisonnements : on a argumenté à rencontre de ces grandes et élémentaires vérités; et ce qui étonne ici, ce qui est encore un signe des temps, et une révélation tout à la fois de la perversion et de Taffaiblissement des esprits, c'est que de tels arguments, contre la justice de Dieu et sa providence, aient pu être faits par ceux qui les ont faits, aient pu troubler ceux qui les ont lus.

Voici ces arguments; je les résume; ils sont délayés, étendus, enveloppés, dissimulés souvent, selon la méthode des sophistes, dans les plis et le miroitement des mots; mais j'affirme qu'ils sont ce que je vais dire.

Il y a des lois naturelles. Les grandes calamités qui nous frappent, les inondations, par exemple, sont des effets nécessaires des lois naturelles.

Donc Dieu n'y est pour rien!

En d'autres termes, la cause des inondations, ce sont les pluies, ce sont les nuées, ce sont les vents.

Donc ce n'est pas Dieu !

DÉFENSE DE LA RELIGiON. 219

Et encore :

Quel rapport peut-il y avoir entre le choléra et les impiétés?

En d'autres termes, si je comprends :

Le choléra nous vient des Indes et de la i^Iecque, de miasmes, d'insectes microscopiques peut-être;

Donc Dieu n'y est pour rien!

C'est-à-dire qu'il n'y a pas de cause première, parce qu'il y a des causes secondes; ou que la cause première a ahdiqué, et Dieu s'est dessaisi de l'empire du monde, et s'y est interdit toute action , parce qu'il s'est donné des agents secondaires et a établi des lois!

Comme si Dieu n'était pas le principe des lois! Comme s'il ne pouvait pas, sans changer ces lois, en gouverner les applications particulières, et les faire servir, quand il lui plaît, à l'exécution des secrets desseins de sa providence !

Les causes des débordements de nos fleuves sont :

1" Le déboisement des montagnes, c'est la cause générale; 2° l'insuffisance des travaux d'endiguement, c'est la cause spéciale.

Donc Dieu n'est pas et ne peut pas être la cause des inondations : et il serait absurde de regarder ces grands débordements des eaux fluviales comme un fléau possible de sa justice.

Plus clairement :

Des montagnes boisées auraient retenu les eaux; des digues plus élevées et plus fortes les eussent contenues :

donc ce n'est pas Dieu qui a fait pleuvoir sur nos montagnes déboisées, et lancé ces énormes masses d'eau dans les lits mal endigués de nos fleuves; en un mot, Dieu n'est et ne peut être pour rien dans les inondations dont nous avons souffert, et voir là un châtiment possible de nos fautes, c'est une absurdité!

C'est-à-dire qu'une cause, et la cause première, perd sa puissance, et ne peut plus produire ses effets, parce que ces effets auraient pu être emp)êchés ^ dans une hypothèse qui ne s'est pas réalisée, par des obstacles qui auraient pu exister^ mais qui n'existaient pas.

Un journal ajoute que la circulaire de M. Béhic aurait tout empêché^ si elle avait paru plus tôt.

Maintenant donc que la circulaire de M. Béhic a paru, Dieu sera bien empêché et bien embarrassé , quand il voudra punir les hommes.

Nous pouvons désormais nous mettre à notre aise, et blasphémer tant qu'il nous plaira, sous la protection de M. le Minisire des travaux publics, qui, assurément, ne croit pas avoir tant ni si bien fait.

On ne peut jamais attribuer à Dieu les fléaux de tout genre qui nous affligent : « tremblements de terre, « perturbations météorologiques, inondations... « Car, si Dieu était la cause de ces phénomènes, il ne faudrait pas en chercher d'autres causes; et l'étude et la recherche des causes naturelles seraient alors une absurdité, un non-sens.

C'est-à-dire que, s'il y avait une cause première, et si Dieu pouvait quelque chose dans le monde, il n'y aurait plus de causes secondes qui pussent être l'objet des études de l'homme. " Et il faudrait " , ajoute-t-on naïvement, « supprimer l'Institut de France. 5)

Tranquillisez-vous, Messieurs : l'Institut de France peut en toute sécurité continuer ses nobles travaux, poursuivre ses expériences, et tirer ses conclusions. Croyez-vous donc que la liberté d'action soit en Dieu la fantaisie? Même quand Dieu agit par voie de miracle, le miracle, précisément parce qu'il est tel, ne prend pas rang parmi les faits dont s'occupent les sciences naturelles. 11 est d'un autre ordre, voilà tout, quoique non moins démontrable.

Au fond , je vous comprends : vous avez peur des miracles.

Allons au fait : quand Dieu intervient, par miracle ou autrement, il ne détruit pas plus la nature, ses forces ou ses lois, que ne le fait ma libre volonté, quand j'use de ma main pour soulever une pierre en sens contraire de l'attraction. Est-ce que l'attraction et sa loi ne subsiste pas tout entière, quand ma force physiologique se superpose à cette force physique? Eh bien, quand la force divine se superpose aux forces de toute nature, elle ne supprime pas la moindre partie de ces forces, ne viole aucun iota de leur loi. Et la science n'en subsiste pas moins tout entière.

Se peut-il que des esprits sérieux se viennent aheurtcr contre de telles raisons! Et cependant nous en connaissons qui ne sont pas chrétiens, pour ce seul motif que

la science humaine serait perdue, si Dieu poux^ait faire un miracle !

On dirait que c'en est fait des lois générales et du cours ordinaire de la nature, institué par le Créateur, si on permet au Créateur d'y intervenir, et de se mêler en rien de son œuvre !

Est-ce que Dieu, par hasard, ne peut pas, comme il le veut, commander aux vents, diriger la foudre et les nuées' ?

1 Je ne puis me défendre de citer ici un texte admirable du grand naturaliste Linnée ; texte que j'ai'ais ignoré jusqu'à ce jour, et dont je dois la connaissance à la savante Revue mensuelle publiée par les Pères Jésuites, sous le titre de : Études religieuses, histot^iques et littéraires.

a Le Dieu éternel, immense, sachant tout, pouvant tout, a passé 3) devant moi. Je ne l'ai pas vu en face, mais ce reflet de lui, sai- 1) sissant soudainement mon âme , l'a jetée dans la stupeur de l'ad- » miration. J'ai suivi çà et là sa trace parmi les choses de la créa- » tien; et dans toutes ces œuiTes, même dans les plus petites, les 1) plus imperceptibles, quelle force! quelle sagesse ! quelle indéti finissable perfection! J'ai observé comment les êtres animés se I superposent et s'enchaînent au règne végétal, les végétaux euxj) mêmes aux minéraux qui sont dans les entrailles du globe, tans dis que ce globe gravite dans un ordre invariable autour du soleil j) auquel il doit sa vie. Enfin, j'ai vu le soleil et tous les autres Ti astres, tout le système sidéral, immense, incalculable dans son s infinitude , se mouvoir dans l'espace, suspendus dans le vide par » un premier moteur incompréhensible, l'Etre des êtres, la Cause » des causes, le Guide et le Conservateur de l'univers, le Maître et n l'Ouvrier de toute l'œuvre du monde...

» Toutes les choses créées portent donc le témoignage de la sagesse ■ti et de la puissance divines, en même temps qu'elles sont le trésor » et l'aliment de notre félicité. L'utilité qu'elles ont atteste la bonté s de Celui qui les a faites , leur beauté démontre sa sagesse , tandis » que leur harmonie, leur conservation, leurs justes proportions et T> leur inépuisable fécondité proclament la puissance de ce grand » Dieu!

■» Est-ce cela que vous voulez appeler la Providence? C'est en

Nous intervenons bien nous-mêmes, et aujourd'hui plus que jamais, de mille manières admirables, par la mécanique et par la chimie, pour diriger et varier l'application des lois de la nature, sans les changer. Et Dieu ne pourrait pas ce que Thomme peut !

Des miracles, certes, Dieu peut en faire, s'il lui plaît; et celui qui dénierait à Dieu ce pouvoir, ce ce î' serait », dit Rousseau lui-même, « lui faire trop V d'honneur que de le punir, il faudrait Fenfermer. -.?

Mais, si Dieu , dit-on d'autre part, était la cause des inondations et du choléra, aider, réconforter les inondés, soigner les cholériques, et même les plaindre, serait une entreprise sacrilège ; ce serait s'inscrire contre les arrêts du ciel ; ce serait devenir complice des coupables et abolir la justice divine en la désarmant.

Je cite ici; on ne me croirait pas, si je ne citais :

ce Mgr l'évêque d'Orléans n'avait pas réfléchi que les )) infortunés dont il plaidait la cause, c'est Dieu luiy> même qui les a frappés, et que, par conséquent » , — je l'avoue, je n'avais pas réfléchi à cette conséquence, ' — « les aider, les réconforter et même les plaindre « était un pur sacrilège. Qu'adviendrait-il, en efiet, de î) la justice de Dieu , si nous allions déplorer le sort de

» effet son nom, et il n'y a que son conseil qui expliqne le monde. s II est donc juste de croire qu'il est un Dieu, immense, éternel, que j nul être n'a engendré, que rien n'a créé, sans lequel rien n'existe, » qui a fait et ordonné cet ouvrage universel. Il échappe à nos yeux, •» qu'il remplit toutefois de sa lumière; seule la pensée le saisit, » c'est dans ce sanctuaire profond que se cache cette Majesté. »

1) ceux qu'atteignent ses punitions, et nous précipiter

)3 à leur secours ? Nous nous inscririons contre les arrêts

V du Ciel; et ceux qu'il a marqués doivent être sacrés :

ij ils sont des exemples ; Dieu ne peut vouloir qu'en

15 diminuant leur peine, nous affaiblissions la portée

•n des leçons qu'il nous envoie par eux. Les malheureux

15 lui servent d'enseigne ! Ils marchent devant sa colère

« et la proclament; ils en sont les hérauts. Laissons à

^^ terre ceux que Dieu a terrassés; notre tâche envers

55 eux est de trembler, non de compatir. La justice hu-

55 maine est, dit-on, très-inférieure à la justice divine,

55 Cependant, de quel nom appellerions-nous, et de

55 quel œil verrions-nous le Samaritain qui recueillerai!

55 chez lui et déroberait à sa peine un coupable que le

5) juge viendrait de condamner à la prison, au bagne

55 ou à l'échafaud? 11 deviendrait coupable, car il abo-

55 lirait la justice en la désarmant. AL Dupanloup ne

5) peut vouloir abolir la justice de Dieu : il faut donc

55 qu'il abandonne sa théorie, ou qu'il cesse de plaider

55 la cause des inondés, des familles visitées par le cho-

55 léra, et de toutes les victimes quelconques des fléaux

55 divins; il faut qu'il se range et qu'il laisse passer la

55 justice de Jéhovah. Point de discours de charité, point

55 de souscription en faveur des 'pauvres enfants ^ dont

5J les parents ont été mis par Vinondation hors d'état

5) de les nourrir et de les envoyer à l'école. Dieu ne

5' veut pas que les enfants mangent, il ne veut pas qu'ils

55 apprennent à lire. Retirez-vous donc, vous tous qui

55 prendriez volontiers votre part de ce désastre; retirez-

5) vous : ne marchandez pas à Dieu ses victimes. Crai-

V gnez qu'on ne s'en tienne pas à cet avertissement : î) c'est le Dieu du déluge qui a parlé \ ^^

C'est-à-dire, pour résumer en quatre mots ce long discours, que, s'il y a une justice divine qui punit, la charité chrétienne est supprimée!

Il faut l'avouer, un tel aperçu est neuf; c'est la première fois qu'on a découvert cette incompatihilité entre la charité de l'homme et la justice divine. La comparaison tirée de la justice humaine est d'ailleurs par trop étrange! Ouhlie-t-on que, si la loi providentielle est certaine, son application aux individus demeure pour nous mystérieuse ! Quand je vois un homme qui souffre, je le soulage, d'abord parce qu'il souffre, ensuite parce que Dieu qui frappe en ce monde pour avertir, aime que nous comprenions sa justice, sans oublier sa bonté, et que nous apaisions l'une en imitant l'autre. Est-ce qu'un père qui a châtié l'un de ses fils s'offensera, si le frère visite, console et conseille son frère? Trouverat-il mauvais que celui-là soit bon, parce que l'autre a été coupable?

Quelle tristesse d'avoir à relever de tels arguments!

Autre preuve que Dieu ne peut pas être la cause des fléaux :

Si Dieu pouvait être la cause des fléaux, et s'il y fallait voir quelquefois des châtiments de nos impiétés et de nos crimes, Dieu alors aurait a inondé M. Renan, î) envoyé un choléra bien conditionné à M. Taine, des

^ Le Temps, 18 octobre 1866.

75 sauterelles à M. Littré, un boulet décisif à Garibaldi ,

V un tremblement de terre à AI. Pelletan, et quelques « autres menus fléaux à tous ces jeunes et élégants 5 philosophes, à tous ces beaux écrivains qui distillent « le poison d'une main blanche , et le présentent dans •5 des coupes dorées à la jeunesse... il aurait frappé en

V plein congrès les étudiants rassemblés à Liège (ce qui 55 eût été probant), foudroyé d'un coup les ouvriers 55 réunis au congrès de Genève (ce qui eût été si fa- 55 cile...). 55 II ne Fa pas fait! Donc...

C'est toujours le même journal qui parle.

Donc , puisque Dieu n'a pas fait cela : châtié M. Renan par l'inondation, M. Taine par le choléra, M. Littré par les sauterelles, Garibaldi par un boulet, M. Pelletan par un tremblement de terre, et frappé en plein congrès les étudiants à Liège, etc., il faut en conclure avec évidence que Dieu n'est pour rien dans les fléaux , et ne regarde pas à nos péchés pour en faire justice.

C'est-à-dire, selon ces messieurs, que si Dieu ne punit pas tel homme, pour tel crime, à telle heure précisément et en la manière qu'il plaira aux journalistes d'imaginer, il faut en conclure que Dieu est indiff'érent aux crimes des hommes, et qu'il n'y a pas de justice divine.

Comme si Dieu devait détruire la liberté morale , — cette nécessaire liberté du bien et du mal, qui est la condition de notre épreuve ici-bas, — en se montrant à chaque heure visiblement, et en frappant chaque coupable au moment même qu'il commet son crime !

Xon : Les voies de Dieu ne sont pas telles.

DÉFEIVSE DE LA RELIGIOX. 227

Il se tait pour vous laisser libres.

Il se tait, faut-il vous le dire? parce qu'il est sûr de vous retrouver, dans sa bonté ou dans sa justice. Il est patient, et peut vous attendre, parce qu'il est éternel, Patiens quia œternus!

Ce serait à tort, a-t-on dit encore, qu'on prétendrait voir en ces fléaux des châtiments divins :

Nous n'avons pas mérité d'être si sévèrement punis. « S'il y a du mal dans notre siècle, est-ce qu'il n'y a y) pas aussi du bien...? « Témoins, « les progrès de ->-) l'industrie et de l'agriculture; les chemins de fer, le 15 télégraphe électrique , le percement de l'isthme de 55 Suez, les traités de commerce, et l'Exposition uni- 55 verselle 55 qu'on nous prépare.

C'est-à-dire que les progrès industriels et agricoles , les chemins de fer, le télégraphe électrique, le canal de Suez, les traités de commerce, et l'Exposition universelle , et toutes les grandes découvertes du génie de l'homme, que je célèbre aussi bien que vous, empêchent que le mal ne soit le mal , ou sont des vertus et des œuvres satisfactoires , pouvant faire contre-poids aux vices et réparer les péchés !

Péchons donc , péchons hardiment désormais et tant qu'il nous plaira! Nions Dieu; prenons le bien d'autrui ; livrons-nous à toutes les misères de la chair! Nous avons les banquiers , les agents de change , les machinistes et de bons ingénieurs pour tout expier et tout sauver !

Voici qui n'est pas moins fort :

a Votre Dieu est matérialiste au premier cbef, puis- « qu'il applique des châtiments matériels à des fautes « morales ! r^

Puissants raisonneurs! Gomme si, dans la société humaine, les magistrats, sans être matérialistes, n'appliquaient pas chaque jour à des crimes moraux des peines matérielles; et, pour aller encore plus au fond, comme s'il était de l'essence de la peine d'être de même nature que le crime , et s'il ne suffisait pas à là justice qu'elle atteigne le coupable, et le châtie selon sa culpabilité !

Mais quoi ! n'y a-t-il pas eu des fléaux, aussi nombreux et terribles , dans les siècles de foi ?

Donc les fléaux ne sont pas les châtiments du péché.

Comme si les siècles de foi n'avaient pas eu, eux aussi, leurs péchés, et méritant d'autant plus d'être châtiés, qu'ils étaient en opposition plus flagrante avec la foi de ces siècles !

Vous savez si bien nous parler des crimes du moyen âge, et vous ne voudriez pas que cette époque, dont nos propres histoires ne dissimulent pas les désordres, ait eu aussi ses châtiments à côté de ses crimes?

Comme si nous étions de ces sectaires, flétris par l'Eglise, qui disaient que la foi suffît à tout et dispense, au besoin, de lu vertu !

DEFEXSE DE I.A REI.IGIO.V. 229

Et encore :

Dieu n'est pas l'auteur des calamités dont nous souffrons; car, dit-on, si Dieu en était l'auteur, il serait injuste, cruel, puisqu'il aurait frappé des innocents.

Comme s'il n'y^avait pas d'autres péchés que ceux de MM. Renan et Tainc , des congrès de Liège et de Genève , des francs-maçons et de Garibaldi !

Et comme si , dans ces grandes calamités publiques, ce qui est châtiment pour les uns ne pouvait pas être épreuve, exercice de vertu, avertissement et occasion de mérite pour les autres * !

^ Le Moniteu7\ au mois dernier (7 octobre) , nous citait un curieux exemple :

— On écrit de Pékin, le l^^" août :

>^ Depuis onze mois, il n'est pour ainsi dire pas tombé de pluie à Pékin ni dans les pays environnants. Les moissons ont séché sur pied, et les cultivateurs sont réduits à la plus grande détresse. L'absence de pluie en été et de neige en hiver constitue une véritable calamité publique, qui préoccupe au plus haut point le gouvernement chinois. En pareil cas, c'est l'usage dans le Céleste Kmpire d'ordonner des jeûnes, des prières générales, des cérémonies ex|)iatoires. Pendant l'été de 1864, une sécheresse prolongée ayant sévi, la Gazette de Pékin publia un décret par lequel le jeune Empereur faisait le vœu (v de rectifier sa conduite et de s'occuper plus active- ) ment des besoins de son peuple » . Il exhortait en même temps les fonctionnaires " à ne pas s'écarter de la voie de la juslicc et de la » vérité î) , et il ordonnait aux magistrats a d'adoucir les peines que 5) les lois infligent aux coupables, de mettre en liberté les gens in- I justement incarcérés, et de terminer promplemenl les procès en » litige » . — Voilà probablement poiir([uoi on m'accuse de renouveler les superstitions chinoises, lesquelles d'ailleurs, on le sait, sont aussi les superstitions de l'Angleterre et de l'Amérique, et même celles de la France.

Mais non : voici comment Dieu , apparemment , aurait dû procéder pour être juste , à la manière dont vous l'entendez :

La Loire, en se débordant, aurait dû distinguer entre champs et champs, inonder le champ du pécheur et laisser à sec le champ du juste; les sauterelles, pareillement; le choléra, de même, frapper Fimpie et épargner le croyant; et les balles de Sadowa se détourner de leur chemin , pour n'atteindre aucun des soldats en état de grâce... Et la Providence, enfin, devrait appliquer dès ce monde la justice définitive et absolue , qui est réservée aux bons et aux méchants dans l'autre vie.

Il faut l'avouer : ce serait un spectacle curieux à voir que cette manière de justice ici-bas. Et, toutefois, cet étrange argument est au fond des raisonnements de vingt journaux.

Et ce sont les hommes à qui le miracle fait peur , ou qui s'en moquent, ce sont eux qui x^oudraient que Dieu exerçât ses châtiments de cette étrange sorte î

Ne leur disons pas, à ces hommes, que Dieu , en agissant ainsi, montrerait sa justice trop à découvert; qu'il détruirait l'état de foi et de liberté nécessaire à l'épreuve de la vie ; que la liberté du bien et du mal ne saurait subsister, si celui qui fait le mal était frappé à l'instant même, par un châtiment visible, terrible , immédiat; ou si ces grandes calamités publiques, les inondations, les pestes, la guerre, distinguaient entre les justes et

les pécheurs, frappant ceux-ci, épargnant ceux-là; — ces hommes ne nous comprendraient point.

JVe leur disons pas que Dieu, qui est tout-puissant, hon et juste, a des compensations admirables; qu'en enveloppant l'homme de hien dans ces calamités communes qui frappent les coupahles, il fait expier ses fautes présentes et ses fautes anciennes; qu'il le sanctifie par l'épreuve de la patience et par Fhumble et filiale soumission à sa volonté; et qu'il lui fait trouver enfin dans Texercice de ces grandes vertus des trésors de mérites qui seront récompensés éternellement par des trésors de gloire et d'immortelles félicités, — ces hommes ne nous comprendraient pas davantage! Pour eux, ces nobles et hautes pensées d'expiation, d'épreuve, de patience, de mérites récompensés ailleurs qu'ici-bas, d'immortalité, de gloire et de félicité céleste , ce sont des chimères !

Ne leur disons pas non plus que le juste , en souffrant avec les pécheurs, apprend la compassion et la charité pour des misères dont il a lui-même à souffrir; qu'il est ainsi soustrait à l'orgueilleuse tentation de mépriser ses frères , avec lesquels il est en société de maux ; qu'il offre à Dieu, avec Jésus-Christ, un sacrifice d'autant plus pur, qu'il est présenté par un cœur innocent, à l'image du grand sacrifice de la Croix , — ces hommes nous comprendraient moins encore ici. Celte philosophie chrétienne est trop haute pour eux et les surpasse, quoique Platon, dont le génie l'avait entrevue , Fait admirée.

232 XOUVELLES OEUVRES CHOISIES.

Non : notre grand Dieu, s'il veut avoir quelque droit à leurs hommages , doit renoncer à exercer jamais sa justice autrement qu'il ne leur plaît; il faut qu'il adopte leurs procédés, et laisse là les siens; défense à lui de punir par des calamités générales les péchés des hommes — qui, plus ou moins, sont tous pécheurs. — S'il ne change, voici comment ces hommes le traiteront. Je répugne à reproduire de tels hlasphèmes; mais il le faut pour avertir les âmes honnêtes.

« Si tel était Dieu « , disent-ils , " s'il lui plaisait de « nousconfondrepardeirels moyens, le moindre d'entre •) nous gardant une lueur d'équité lui serait supérieur, » et pour trouver des égaux à ce Dieu-là, il faudrait le « mesurer aux despotes les plus fantasques, aux tyrans )) les plus cruels. Dieu serait le moxstre suprême, et « tout ce qu'il y a de sain , de hon et de sensé dans « l'humanité, n'aurait plus qu'à se lever en masse con- « tre lui , à le mettre en accusation , et à placer sur son 15 trône usurpé et souillé d'injustice le grand juge des » hommes et des dieux : la conscience humaine... ' "

Voilà donc ce qu'on nous oppose. Et c'est avec de tels hlasphèmes , de tels sophismes , qu'on prétend ébranler la foi des siècles en ces grands dogmes de la providence de Dieu et de sa justice!

* Le Temps, 18 octobre 1866.

LES IMPIETES.

On a vu , dans ce que nous avons déjà cité , plus d'un exemple des impiétés que ces écrivains mêlent à leurs arguments.

En voici d'autres encore, prises dans la masse, et où la déraison et le blasphème vont à l'envi :

« Si j'étais un de ces malheureux frappés par

1) les fléaux célestes, dépouillé et vaincu, mais sentant » en moi la force de l'innocence, je dirais , nouveau Job, 5) à votre Dieu : Je suis au-dessus de toi , et , si tu existes , 5î tu es toi-même le plus grand fléau, le plus mortel 55 ennemi du genre humain, le dévastateur et le des- 5) tructeur par excellence; car tu détruis la justice dans 55 l'homme...

V A ce Dieu nous répondrons toujours : Tu ne peux » pas être, parce que le besoin de raison et de liberté 5) habite dans l'homme, et qu'il ne peut pas venir d'une 5) source de déraison et d'iniquité \ »

Un autre écrit : « Les doctrines professées par les y) libres penseurs, c'est peut-être la religion de l'avenir » qui commence ^ prenant la place « de la religion du

5) Nazaréen de la religion catholique en décadence

w et qui tombe en lambeaux ^ . »

1 Le Temps, 18 octobre i8C6.

2 Le Progrès de Lyon, 16 octobre 1866.

Ces libres penseurs sont d'avis qu'il n'y a pas de Dieu, ou que, s'il y en a un, il ne se mêle pas des affaires de ce monde. Et voilà qu'ils prétendent fonder une religion y et ils donnent à cette religion sans Dieu, l'avenir, et ils la destinent à remplacer le Christianisme !

D'autres, par un blasphème peut-être encore plus impie, rattachent cette religion nouvelle à Jésus-Christ, et n'y voient qu'un développement du Christianisme :

« La libre pensée a le fondateur du Christianisme 1) pour modèle sublime ^ w ; elle serait le Christianisme consommé.

Entendons maintenant le Siècle : Xotre Dieu, s'il y en a un, est un Dieu trop bon pour être juste. C'est un excellent Dieu, un bon père, le meilleur de tous, jusqu'à permettre, comme chose la plus simple, de se moquer de lui , de se révolter contre ses lois et de lui faire la guerre ; et il est tout à fait enclin , ce Dieu si bon, à ne voir en tout cela que peccadilles et gentillesses de ses enfants, ne mettant pas la moindre différence entre ceux qui le servent et ceux qui le blasphèment. Je cite M. Havin :

« En admettant n , dit-il , « que la guerre a ^vmgran- 5) disse, en quoi cette guerre mériterait-elle que nous » fussions punis par l'invasion de tant de fléaux?... r> Dieu est le meilleur des pères, la miséricorde et la v^ bonté suprême... Un Dieu bon et miséricordieux, qui » étend ses ailes protectrices sur toute l'humanité ! » 1 Courrier du Gers, 16 octobre 1866.

On aurait bien tort, eniéritc, de ne pas se mettre avec un Dieu si l)on tout à fait à l'aise, et de se refuser l'agréable plaisir de faire, cbaque matin, dans le Siècle ^ l'esprit fort; de braver Dieu, et de lui faire la guerre... Du reste, ce genre de blasphème n'est pas nouveau : M. Havin, qu'il me permette de le dire, se souvient ici de son Déranger, et sa philosophie est à la hauteur de la philosophie du chansonnier, dont on me citait hier ces deux vers :

Le verre en main, gaiement je me confie Au Dieu des bonnes gens.

Journal de bonnes gens, en effet i doux et accommodant avec les puissances de la terre.

Hardi contre Dieu seul.

Oui , contre Dieu seul ! et dès le lendemain, le Siècle nous en donnait une nouvelle preuve, en prenant la peine de nous dire que Dieu n'est qu'une hypothèse... Comme Vdmej d'ailleurs, comme la vie future... Hypothèses admettant parfaitement des hypothèses contraires :

«Dieu, personnel ou impersonnel, le Dieu des 55 chrétiens, le Dieu des panthéistes, l'àme humaine, «son existence, son immortalité, les destinées de 5) l'homme après sa mort, sont des hypothèses, douces, w consolantes, fortifiantes, si vous voulez, mais enfin y> ce ne sont que des hypothèses \ 5)

Quand on songe à quels lecteurs vont de telles choses, dans tous les cafés et cabarets de villes et de campagnes, quels ravages elles peuvent faire parmi le si 1 Le Siècle, 28 octobre.

grand nombre de ceux qui sont serfs de leur journal, et ne savent pas défendre la liberté de leur esprit contre de tels docteurs, comment n'être pas effrayé pour l'avenir de ce pays ?

M. Havin nous dira tout à l'heure que l'Église ne doit plus avoir la direction morale des intelligences , et que c'est même là un fait accompli... Mais que signifie ce fait accompli? Tout simplement que le peuple, s'il devient libre penseur ^ comme on l'en flatte , changera de maître : de l'enseignement de Dieu et de l'Evangile, il tombera sous l'enseignement du Siècle et de ses confrères.

Le Journal des Débats ^ adoptant, sous la plume de M. Renan, la terminologie des athées, emploie aussi, à propos de la question divine, le mot d'hypothèse^ comme on peut le voir dans un sophistique article sur Marc-Aurèle , du 8 juillet 1866 '. Après avoir dit que toutes les croyances, même le déisme ^ n'étaient pour Marc-Aurèle que des hypothèses^, M. Renan ajoute que, « sans avoir professé aucun des dogmes de ce qu'on « appelle la religion naturelle y) , Marc-Aurèle fut toutefois « éminemment religieux « .

Du reste , il est un point sur lequel tous ces messieurs sont du même avis : ils ne veulent plus entendre parler de la justice de Dieu dans le monde ! Ils n'en veulent plus absolument : c'est sans doute encore un fait accompli.

Admettre que Dieu châtie les hommes par des fléaux , * Voyez encore lesDébats du 23avril 1866, article de M. Deschanel.

par des calamités publiques, « c'est accuser Dieu d'iii- V justice et de cruauté ' v ; c'est « faire renaître les ter- » reurs d'un autre temps... tout à fait puériles aujour- » d'hui ^ " te C'est renouveler des préjugés de bonne » femme \ "

I a justice... les hommes sont bien avertis qu'il n'y en aura plus d'autre ta craindre désormais que celle des cours d'assises , des gendarmes et du bourreau !

A son tour , le Jourîial des Débats se moque agréablement de ce cette crainte salutaire qui est le commen- 5) cément de la sagesse '^. "

Le Dieu que nous adorons, qu'ont adoré nos pères, avant comme depuis Jésus-Christ, ce Dieu personnel, créateur, législateur, gouvernant le monde par sa providence, récompensant la vertu, châtiant le crime, ces messieurs l'appellent :

a Le Dieu de l'arbitraire , Dieu extérieur et matériel , » fait à la ressemblance de nos passions et de nos « ignorances \ ^

Ce Dieu : « il a eu son temps, il s'en va, il fond à M vue d'oeil. «

II est remplacé par « le Dieu intérieur , bien autre- 5) ment profond, saint et respectable ^. «

Et ce nouveau Dieu , ce Dieu profond , seul saint et

1 Courrier du Gers, 16, 17 octobre 18GG.

2 Le Temps, 15 octobre 18()G.

3 Reçue des Deux-Mondes , octobre 1866.

* Les Débats, 23 octobre.

^ Le Temps, 18 octobre 1866.

6 Ibid.

seul respectable, destiné à remplacer T ancien Dieu qui a eu son temps , quel est-il donc ?

C'est 'c la loi vivante des mondes et des âmes, recon- )) nue et respectée : voilà le Dieu qui se dévoile à la

V science, le Dieu quij, dans Vhomnie^ s'appelle d'un

V seul mot , L^HU.MAKITÉ.

)5 L'humanité n'est pas Dieu, mais elle est la révéla- « tion de Dieu dans F homme. «

Comprenne qui pourra.

Ou, plutôt, nous vous comprenons : pour qui connaît la langue des panthéistes , on reconnaît ici leur

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