P. VII
4 Ibid,, p. 84.
mais rHiimanité. '^ Le dogme positif, en dépit de son
V nom, appelle nn culte, et ce culte qu'il désigne pour
V nous captiver et enchaîner nos aspirations, c'est VHii- 5) manité ^ ! « ce Dieu-là même dont M. Guéroult disait un jour assez finement aux positivistes : ce Je le connais 55 trop bien pour avoir envie de Tadorer. 55
Ce Dieu, toutefois, les positivistes font tout ce qu'ils peuvent pour établir sa divinité et son culte; il faut redire leurs paroles :
u Le dogme nouveau nous révèle ime grande et su- -:•> prême existence^ irflmiAKiTÉ ^.
55 Le dogme nouveau élimine positivement toutes les •>•) volontés surnaturelles, connues sous le nom de Dieu... y) et de Providence ^ . ^
ce Vhumanité devient sa providence a elle-même, ->■) après avoir longuement souffert pour avoir trop y> longtemps compté sur d'autres providences imagiii naires ^ . »
« Il ne nous reste qu'à retirer les derniers voiles, et 55 à prendre déterminément I'Humanité pour idéal de 15 nos pensées, pour objet de nos fêtes ^. 55
et Poètes, elle vous demandera des chants; peintres 55 et sculpteurs, elle vous demandera des toiles et des 55 marbres; architectes, elle vous demandera des tEiM- 55 PLES ^ : 55 — entre autres le Panthéon.
1 IbicL, p. 350.
2 Conservation, Révolution, Positivisme, p. xxxr. •^ Ibid., p XXVI.
^ Dictionnaii'e des Sciences médicales, art. Mort. ^ Conservation , Révolution, Positivisme, p. 127. 6 Ibid., p. 281.
En même temps que le livre de M. Bourdet se publiait à Paris, une revue positiviste, appelée la. Revue du Progrès^ qui professait Tatliéisme avec une juvénile audace, s'écriait : et La Ihéodicée est une vaine spécula lation qui n'a plus qu'un intérêt historique... L'âme ■>•) est une chimère, et son immortalité un non-sens \
Cette revue, me dit-on, a cessé de paraître; mais les doctrines subsistent; j'ai le devoir de la citer.
Tout récemment, V Etude de philosophie positive , dont j'ai déjà rappelé le mot : Vidée de Dieu est aussi anarchiqiie que rétrograde ^ allait jusqu'à dire que l'on peut regarder ce comme autant d'ennemis publics » tout Dieu quelconque, « jusqu'au Dieu de Rousseau •)-> . — Et ailleurs l'auteur ajoute : « Les idées dites reli-^ y) gieuseSj, sous quelque forme qu^elle se produisent ^ « sont des causes permanentes de division dans la fa-
15 MILLE, et de DÉSORDRE DANS l'ÉtAT ^ ^5
J'ai le regret d'ajouter que cette Etude est précédée d'une préface complètement approbative sur le fond des doctrines par le chef actuel du positivisme.
Un autre dit sans hésitation que l'argument connu de Voltaire en faveur de l'existence de Dieu est « une 5) vieille niaiserie » que Voltaire « rabâcha toute sa y) vie ^ . 55
Après de telles déclarations, si une chose doit surprendre , c'est la prétention des positivistes, à ne vouloir pas être accusés d'athéisme.
1 Janvier 1864, p. VOO et 412.
3 Revue encyclopédique, Mai 1866, p. 88.
Écoutons-les exposer cette prétention :
a La philosophie positive ne nie rien et n'affirme 5) rien sur les causes premières et finales. Nous ne sa- V vous RIEN sur la cause de l'univers. ^ Pas même si cette cause existe. — " Ce qu'on en raconte ou ima- « gine est idée, conjecture , manière de voir... la phir> losophie positive ne s'occupe ni des commencements , 5) si l'univers a des commencements, ni de ce qui arrive )î aux êtres vivants après leur mort ' . «
Ces messieurs ne veulent pas s'avouer athées, par cette étrange raison^ que l'athéisme pose la question de Dieu, et qu'à cause de cela, disent-ils, « l'athée n'est 5) pas un esprit véritahlement émancipé. C'est encore à )5 sa manière un théologien^. «
L'athée théologien! l'union de ces deux mots estelle assez étrange? Mais le positivisme veut en vain mettre ici de son côté de frivoles apparences; entre sa doctrine qui supprime la question de Dieu , et celle de l'athée qui la résout négativement, il n'y a aucune différence pour la raison et la croyance humaines.
Mais quand vous ne feriez que mutiler ainsi et abaisser l'esprit humain , en lui enlevant le trésor de sa croyance en Dieu, en lui défendant d'aborder ces grandes et fondamentales questions d'origine et de fin qui, pour notre honneur, solliciteront à jamais l'esprit de rhomme, ne feriez-vous pas déjà l'œuvre la plus désastreuse , et ne serait-ce pas l'athéisme pratique le plus complet, sur la ruine de toute religion,
^ Paroles de Philosophie positive, p. 31. 2 Ibid., p. 30, 31.
même naturelle? Car s'il est aisé, 'i il est honteux , « dit M. de Rémusat, a de se complaire à ne pas même
V savoir qu'on ne sait pas, et de se détourner de toute 7) réflexion sur le premier intérêt de riiumanité '. ^
Mais il y a plus que cela; et par une contradiction formelle, dans laquelle vous ne pouviez pas ne pas tomber, vous avez des négations très-positives sur l'origine et la fin des choses, sur Dieu, l'àme, et l'immortalité de l'âme.
Voici un homme qui, assurément, n'est pas des nôtres, un violent ennemi du Christianisme, mais qui, du moins, croit en Dieu, M. Patrice Larroque, qui vous le dit comme nous :
ce Les écrivains de l'école actuelle qui s'appelle ^^o^/-
V tiviste , disent qu'ils n affirment et ne nient rien sur î) les dogmes indémontrables et sans objets, sur de « pures chimères, et qu'ils ne leur font même pas
V l'honneur de s'en occuper. Parler en ces termes 1) de Dieu, de l'âme humaine et de ses destinées, ce ne 1) serait pas seulement ne pas s'en occuper, ce serait 1) évidemment en nier la réalité de la façon la plus ■n expresse^. »
Et, en effet, quand les positivistes disent : « Les sciences se montrent de plus en plus contrait dictoires et incompatibles aux conceptions du surna- ->■) turalisme »% c'est-à-dire à l'idée de Dieu ; — « les M sciences ont défait toute théologie « et toute méta-
^ Philosophie religieuse, p. IGl.
2 La Libre Conscience , octobre 1866.
3 Conservation, etc., p. 297.
physique : n'est-ce pas là une négation formelle de Dieu ^ ?
Quand je dis : Cet homme est mort, j'affirme bien qu'il n'est plus rivant. Vous affirmez les sciences, et vous ajoutez : La science est contradictoire et incompatible avec l'idée de Dieu. Vous niez donc positivement l'idée de Dieu.
Quand vous dites encore : « Les êtres théologiques, « tenus y il est vrai , pour réels j par le fait 7î'o7it d'exis- « tence que dans V esprit « ; — «les idéalisations théo- )) logiques ne furent jamais (\vie Jictives^ ; -n
Que faites-vous , dans tous ces textes et dans mille autres, que nier Dieu, aussi positivement qu'on le peut faire? N'est-ce pas là une doctrine, et très-formelle, sur l'origine et la fin des choses?
Ne recourez donc plus à ce vain subterfuge qui ne peut en imposer à personne. Ne dites plus : La philosophie positive ne nie rien et n'affirme rien sur Dieu, l'àme et la vie future.
Ne dites plus : « Nous permettons de croire là-dessus
1 Et encore : « La philosophie positive met hors la cause les thêo- » logies qui supposeiit une action surnaturelle » , c'est-à-dire un Dieu , — K et les métaphysiques i , c'est-à-dire la philosophie spiritualiste qui aboutit à la même conclusion. — a L'esprit positif a I successivement fermé toutes les issues à l'esprit théologique et » métaphysique. » {Ibicl., p. 61.)
a Le régime théologique, qui fut le régime initial de l'humanité, ■n touche à sa fin. s {IbicL, p. 184.)
D La société passe, pour ses dogmes, ses mœurs et ses institu- D lions, sous les lois de l'immanence s [Paroles de Philosophie positive, p. 34) ; l'immanence, c'est-à-dire la doctrine qui explique le monde sans Dieu ; l'athéisme.
2 Conservation, Révolution, Positivisme, p. xwiii, 286.
•>■) ce qu'on voudra. « Et comment feriez-vous pour le défendre? Mais il s'agit de ce que la logique de votre doctrine permet. Or, si vous dites vrai, elle défend absolument de croire à Dieu.
Dites, comme ce jeune homme au congrès de Liège : a L'athéisme est une affirmation. » Dites, comme cet auteur dont vous recommandez le livre, que l'idée de Dieu est anarchique; et comme cet autre, qu'il faut lui porter les derniers coups. En un mot, déclarezvous ce que vous êtes, des athées, et sur votre drapeau inscrivez le vrai noiïi de votre doctrine, Tathéisme.
2° Le Panthéisme.
La seconde école d'athéisme, le panthéisme, ne proscrit pas le nom , mais elle nie absolument le dogme de Dieu. « Dieu, providence, âme, immortalité, au- » tant de bons vieux mots « , dit-il, « un peu lourds 5) peut-être, que la philosophie interprétera dans des y) sens de plus en plus raffinés \ w
Or, cette interprétation raffinée, c'est que Dieu n'est pas; c'est que le Dieu vivant, personnel, distinct des choses , créateur de l'homme et du monde , le Dieu que l'humanité adore, ce Dieu n'existe pas.
Nulle ambiguïté de parole, nulle explication sophistique, ne sont capables d'ôter leur signification à des textes tels que ceux-ci :
« Les sciences supposent qu'iL n'y a pas à' être libre ^ 1) supérieur à Vhommc ^ auquel on puisse attribuer une
^ AI. Renan, Etudes d'histoire religieuse, p. 419.
» part appréciable dans la conduite morale pas plus que » dans la conduite matérielle de Tunivers ^ »
AL Renan a écrit ailleurs : « Pour moi , je pense qu'i7 15 n'est pas dans V univers d'intelligence supérieure à •Si celle de Vhomme.,. ^ "
Là-dessus un journaliste, M. Guéroult, qui devient de jour en jour moins suspect, posa à AL Renan, avec bon sens et précision, l'objection suivante :
ce Cher Aïonsieur... il faut bien appeler les choses 5) par leur nom. S'il n'y a pas d'être libre supérieur à » l'homme , il n'y a pas de Dieu , il n'y en a pas d'autre
55 QUE l'homme ^ 55
AL Renan osa dire dans sa réponse à AL Guéroult :
a Toutes les difficultés que le déisme vulgaire attri-
» bue à Dieu n'ont jamais existé sans un cerveau. Il n'y
55 a jamais eu de prévoyance j, de perception des objets
y> extérieurs ^ de conscience enfin, sans un système