‹ Nouvelles œuvres choisies de Mgr. DupanloupChapitre 29 sur 49 · TOM. H · texte numérisé non relu

TOM. H

le fils de Dieu. C'est un animal comme un autre ; l'origine de rhomme, c'est simplement : ce phénomène étrange en vertu duquel une « espèce animale (Fliuma- » nité) prit sur les autres une supériorité décisive ^ « . Ainsi rhumanité n'e^st qu'une espèce animale , qui, par VLW phénomène étrange ^ sans que Dieu y soit pour rien, prit sur les autres espèces animales une supériorité décisive! L'homme n'est qu'un animal perfectionné.

Et, en effet, je viens de lire dans une revue, fondée

il y a un mois à peine , sous ce titre : La Libre Pensée^

que l'homme n'est qu^n singe perfectionné ; et que

« l'explication " qui nous donne cette nohle origine est.

a la plus simple^ celle qui est appuyée par le plus

« grand nombre d'observations " « .

Et le poëte matérialiste et athée dont je rapprochais tout à l'heure les vers de la prose de AI. Renan, dit dans la même Revue :

Si les bêtes parlaient , l'homme aurait des égaux.

Selon ces messieurs : " Vétre rivant est le terme « ultime de révolution des éléments matériels... un « agrégat de fibres et de cellules absorbant et sécré- 15 tant, c'est-à-dire vivant ^ " Voilà l'homme : de Dieu, Père de l'homme, d'àme immortelle, il n'en est plus question.

Et il est bien clair que le Dieu qu'a toujours adoré l'humanité, ne pouvant être un agrégat de Jihres ah-

1 Revue des Deux-Mondes , 15 octobre 1863.

2 La Libre Pensée, l^r novembre 1866.

3 Ibid., 21 octobre 1866.

DKFEXSR DR LA RELIGIOM. 2^1

sôrhant et sécrétant ^ c' est^ànlire vivant^ ce Dieu ne vit pas!

De môme que le Dieu du panthéisme n'a pas créé le monde, il ne le gouverne pas.

«Aucun agent surnaturel ne vient troubler la marche » de rhumanité. Cette marche est la résultante imnié- 5) diate de la liberté qui est dans rhonime et de la « FAT.itLiTÉ qui est dans la nature \ » Ainsi point de Providence. Voilà Dieu réduit, comme disent les positivistes, « à la nullité, et à un office purement nominal » et surérogatoire; à n'être plus qu'une hypothèse 53 inutile ^ » .

Et c'est dans ce sens que M. Renan disait :

à Les sciences supposent qu'il n'y a pas d'être libre , 53 supérieur à l'homme, auquel on puisse attribuer une 3) part appréciable dans la conduite morale pas plus 33 que dans la conduite matérielle de l'univers \ 33

Ce Dieu des panthéistes , qui n'a pas fait l'homme ni le monde, qui par conséquent ne les gouverne pas, que dis-je? qui ne perçoit pas, qui ne prévoit pas, n'ayant pas de système nerveux j, qui même ne vit pas, puisque la dernière résultante de la vie, c'est l'humanité , et puisque d'ailleurs Vctre vivant nest qu'un agrégat de fibres et de cellules, absorbant et sécrétant y ce Dieu-là, s'il est quelque chose, n'est pas distinct des choses : si vous le distinguez des choses, c'est une pure abstraction ; il n'est pas.

1 Opinion nationale, 4 septembre 1862.

^ Conservation, Révolution, Positivisme, p. ^97, 298.

"^ M. Uk.vam , Explication à mes collègues, p. 24.

292 XOLVELLES OEUVRES CHOISIES.

Qu'est-ce donc alors que Dieu, puisque le panthéisme parle de Dieu? « C'est la catégorie de 55 Tidéal ^ 55

Ne dites pas qu'il est parfait; le panthéisme vous répond : « La perfection ahsolue, à serrer rigoureuse- 5) ment les choses, serait le néant'. 55

Xe dites pas qu'il est infini ; le panthéisme vous répond : « L'infini n'existe que quand il revêt une forme » finie ^ V

a Qui sait si l'infinij^éel est aussi vaste qu'on le sup- 55 pose ^? 55

Ke dites pas que ce Dieu existe en dehors de l'humanité, le panthéisme vous répond qu'il n'a de réalité que dans l'humanité : " L'absolu de la justice et de la 55 raison, envisagé hors de l'humanité, n'est qu'une 5) abstraction; envisagé dans l'humanité, il est une 55 réalité '\ 55

11 vous dit encore :

a Philosopher 55 , ce n'est pas connaître Dieu : « c'est 55 connaître l'univers. L'univers se compose de deux 55 mondes, le monde physique et le monde moral, la 55 nature et l'humanité. L'étude delà nature et de l'hu-

^ C'est tt le résumé transcendant de nos besoins supra-sensibles, i la catégorie de l'idéal , c'est-à-dire la forme sous laquelle nous i concevons l'idéal, comme l'espace et le temps sont les catégories 5) des corps, c'est-à-dire les formes sous lesquelles nous concevons s les corps, s (AI. Rex.am, Liberté de penser, t. VI, p. 348.)

- AI. Kexa.v, Revue des Deux-Mondes , 15 octobre 1860.

3 Le même, ibid., 15 janvier 1860, p. 384.

^ Le même, ibid., p. 384.

^ Ibid., p. 385.

DEFEXSE DE LA RELIGIOX. 293

5) manité est donc toute la pliilosopliio. 55 Et Dieu n'entre pour rien dans ce cadre '.

Ne dites pas que ce Dieu est; le pantliéisnie vous répond qu'il nVst pas, qu'il se fait tous les jours, qu'il DEViEiVT, qu'il n'est que V universel devenir :

ce La vraie théologie » , ce n'est pas « la science de « Dieu; c'est la science de la nature et de l'iiunianité , « la science de V universel devenir^ . •>■)

Cette idée d'un Dieu qui devient^ qui se fait tous les jours, qui n'est que V universel devenir ^ est fondamentale dans le panthéisme, et décisive sur le point qui nous occupe, à savoir, que le panthéisme n'est qu'une forme de l'athéisme. Cette idée, M. Renan la développe dans une page prodigieuse, où il expose ceci : que c'est la science qui un jour complétera Dieu, ce Dieu alors 55 sera complet. » 11 ne l'est pas encore aujourd'hui ! ce Dieu alors sera complet, si l'on fait du mot Dieu le « synonyme de la totale existence « ; comme le fait effectivement M. Renan, ce En ce sens, Dieu sera, » PLUTOT qu'il n'est. Il est injieri^ il est en voie de se w faire. « Ce qui n'empêche pas M. Renan de dire que Dieu ce envisagé d'une autre sorte » comme ce le lieu de » l'idéal 5) , est « sans progrès ni devenir ^ ! "

Jamais le mot de saint Paul sur ces pauvres esprits fut-il plus vrai : ce Evanuerunt in cogitationihus suis : » ils se sont évanouis dans leurs pensées. »

Qu'est-ce donc enfin que cet étrange Dieu du pan-

* Revue des Deux-Mondes, 15 janvier 1860, p. 378.

2 M. Rexam, ibid., p. 385.

3 Ibid,, 1863, t. XLI, p. 772-73.

294 XOUVELLES OEUVRES CHOISIES.

théisme, qui n'est pas, qui devient, qui se fait; qui n'est que relatif et n'a rien d'absolu, rien d'infini ni de parfait; qui n'est qu'une forme de nos conceptions, qui n'a rien de réel en dehors de l'humanité, qui n'est pas distinct des choses; qu'est-ce que ce Dieu? Aous l'avons dit : Cestle grand tout ^ la substance des choses, mais nullement distinct des choses , inséparable de l'humanité et de la nature , si inséparable que , la nature et l'humanité n'étant pas , ce Dieu ne serait pas.

f En dehors de la nature et de l'homme, y a-t-il 7) donc quelque chose >vy me demandez-vous?" Ily a... » Que va-t-il répondre? Dieu? Xon : '^ Il y a tout. La » nature n'est qu'une apparence, l'homme n'est qu'un » phénomène \ r)

C'est crûment la formule matérialiste et athée que nous verrons tout à l'heure : '^ Il n'y a qu'un être unique, indivisible, c. dont tous les êtres sont membres. »

Voilà ce que c'est que le panthéisme, he panthéisme au fond n'est donc qu'une nuance de l'athéisme, u Ce V n'est pas là iî , écrivait Fénelon , " une secte de philo- « sophes, mais de menteurs. " Je me bornerai à dire : c'est l'athéisme , moins la franchise.

C'est, du reste, ce que ne craignent pas de dire, plus francs que leur maître, les disciples de l'écrivain panthéiste.

La Libre Pensée se moque , et justement ,

De ce tendre esprit fort, qui, par de faux lieus^ Aux erreurs qu'il détruit obstinément s'attache, Et substitue à Dieu le sentiment divin -.

1 M. Renan, Opinion nationale, 4 septembre 1862.

2 Libre Pensée, 4 novembre 1806, p. 23.

Et la Revue du Progrès reprochait tlurcment à M. Renan de tt reculer devant les qualifications d'athée et do 1) matérialiste v , et de a vouloir à tout prix les éluder « par des phrases évasiveSj, par des contradictions j » qui lui font des ennemis parmi leslihres penseurs '. v

Si donc le panthéisme avait de la sincérité, il se dirait matérialiste et athée, puisqu'il l'est.

3" Le Matérialisme.

Le troisième grand foyer d'athéisme, c'est l'école qui s'appelle franchement matérialiste, et qui préfère ce nom àcelui de positiviste, comme plus clair et plus juste:

« Nous ne sommes pas positivistes , dans la complète » c^cception de ce mot. Mais cette qualification ne sau- » rait nous déplaire. »

« Positivisme, matérialisme, sont deux formes de la 5) vraie méthode scientifique... Nous préférons la déno- » mination de matérialistes à celle de positivistes, qui 3) ne correspond qu'à un système et à une époque ^ . «

a II ne faut pas , dit de son côté l'auteur de V Etude M de philosojjJiie positive^ citée par nous plus haut , » que l'on s'elTarouche si, dès le déhut, nous nous M àècla.Tons franchement matérialiste \ »

Et en effet, le même écrivain formule un peu plus loin son matérialisme en ces termes : « // n'y a de réel » que les corps ^ . -o

1 Décembre 1863, p. 288.

2 La Reçue encyclopédique citée par la Libre Pensée, 11 novembre.

Au reste, les rapports les plus intimes existent entre ces deux écoles et Técole du panthéisme : les négations sont au fond absolument les mêmes, quant au Dieu distinct du monde , nous Tavons vu ; et quant à Fàme et à Fimmortalité de Fàme , nous allons le voir.

Le matérialisme, comme le positivisme dont il n'est qu'une nuance, et comme le panthéisme, nie Dieu , le Dieu personnel, le Dieu créateur, le Dieu providence. Il traite Dieu d'hypothèse, — d'hypothèse impliquant contradiction, puisque, selon le matérialisme, il ne peut y avoir de substances immatérielles; et il explique l'homme et le monde sans Dieu, par le développement nécessaire et fatal des lois naturelles , par la vertu des propriétés élémentaires des choses : il n'existe dans ce système qu'un être unique, dont chaque chose est une partie, et cet être unique, c'est le monde, l'univers, Il la matière éternelle et sans cause \ '?

La philosophie doit renoncer al)solument à chercher une autre explication à l'existence du monde et de l'homme que le monde et l'homme lui-même :

u La cause ne diffère pas de l'effet » , dit AI. Taine; (i les puissances génératrices ne sont que les propriétés « élémentaires des choses; la force active par laquelle iî nous figurons la ture , n'est que la nécessité logi- 1) que... Parla nous tenons la puissante formule qui, i: établissant la liaison invincible et \a p^'oduction spon- « tanée des êtres, pose dans la nature le ressort de la ")5 nature ^.. Et par cette hiérarchie de nécessités, le

1 Revue du Progrès, novembre 1863, p. 176. ^ Revue des Deux-Mondes, 1 •■ mars 1861.

15 monde forme un être unique ^ indivisible „ dont tous « les êtres sont membres... Au suprême sommet des 5) choses... se prononce Taxiome éternel, et le retenir tissement prolonf]c de cette formule créatrice com- 15 pose par ses ondulations inépuisables Timmensité de 55 Tu ni vers '. 55

Sans discuter ce passage absolument dénué de sens, il faut bien dire au moins que , s'il n'existe (\\iun être unique y indivisible^ dont tous les êtres sont membres ^ il est clair qu'il n'y a pas de Dieu , de Dieu distinct du monde, personnel, créateur.

Tous ces messieurs ont représenté ce qu'ils appellent le régime théologiqitej c'est-à-dire la croyance en Dieu, comme l'état initial, comme l'enfance de l'humanité, et le régime où l'on ne croit plus en Dieu, comme l'âge adulte de l'humanité ; la Libre Pensée^ cette jeune revue qui s'avoue si franchement matérialiste , dit de même :

Cl Partout l'bumanité a rêvé avant de penser. Après 55 tout, mieux vaut encore créer des chimères que de 55 ne rien créer.

5) Mais aujourd'hui la science a grandi. Déjà nombre ■)5 d'esprits bardis ont répudié à toujours vos entités 55 métaphysiques (le Dieu de Platon , le nôtre). Dépouil- 55 lant la réalité des oripeaux qui la cachent à vos yeux, 55 ils acceptent hardiment l'existence telle qu'elle est... 55 sans regretter un passé divin qui n'exista jamais , » sans aspirer à un futur océan de félicités. Ils se con-

* M. Taine, Philosophes frfinçais , p. 364.

298 XOUVELLES OEUVRES CHOISIES.

•n sidèrent simplement comme les moins imparfaits des V êtres organisés. «

Voilà donc Dieu, l'âme, l'immortalité de Tàme, traités ^'oripeaux vieillis et usés. L'article se termine par ces paroles : c^ 0 entités métaphysiques, bulles de « savon diaprées, dont s'amuse un moment l'intelliy) gence humaine dans son enfance , et que plus tard -il elle s'étonne d'avoir aimées * ! "

Le troisième numéro de cette Revue chante la ruine, dans les esprits contemporains, de la croyance à Dieu et à l'àme , toujours , Bien entendu , sous le nom d'hypothèses métaphysiques : a C'est pour le penseur un bien 55 intéressant et encourageant spectacle , que de voir » incessamment , à chaque jour , à chaque heure, gran- )) dir et monter le flot scientifique, décroître et s'évan nouir les hijj^othèses métaphysiques ^ . •>■)

Suit un poëme , intitulé, comme celui de Lucrèce, De natura rerum. Le poëte de l'ancien athéisme y est célébré pompeusement :

Moi .. j'évoquerai Lucrèce...

Dégageons l'horizon, dissipons les chimères'^.

Et l'athée moderne bafoue, comme de raison, jusqu'au déisme de Rousseau et de Robespierre :

0 vicaire onctueux, bon savoyard Rousseau, Qui toi-même instruisis Robespierre au berceau A cueillir des bouquets pour ln Etre slprèjie ^.

* La Libre Peiisée, 31 octobre 1866, p. 4.

2 Ibid.^ 4 novembre, p. 19.

3 Ibid., p. 23.

4 Ibid.

Il se moque aussi du panthéisme onctueux de M. Renan, lequel, après avoir supprimé Dieu, chante au divin des hymnes mystiques.

Toute idée de Dieu étant ainsi résolument répudiée, vient alors, exposée sans détours et sans voiles, la doctrine de Tathéisme et du matérialisme :

TOUT est MATIÈRE, force, organisme, action.

Et la matière et la force , que sont-elles ?

L'une et l'autre est sans fin et sans commencement .... Vous êtes votre cause. Aucu.v dieu ne vous fit. Votre coexistence à l'univers suffît.

Plus loin Tauteur salue le soleil comme

Le créateur de notre humble univers,

Qui

Du limon nourricier fit jaillir nos ancêtres.

Et, immédiatement après ces vers, vient un article sous le titre : U Homme ^ singe perfectionné. L'auteur de rarticle déclare, comme nous l'avons dit, que l'explication qui fait de l'homme un singe perfectionné est « la plus simple, celle qui est appuyée par le plus 1) grand nombre d'observations " .

\i Opinion nationale et le Siècle ont naturellement gouhaité la bienvenue à leurs nouveaux confrères de la Lihre Pensée. Voici dans quels termes s'exprime le Siècle :

« Nous recevons le premier numéro d'un journal M hebdomadaire sous ce titre : La Lihre Pensée. Nous

5) souhaitons la bieiueniie à ce nouvel organe de doc-

5) TRINES QUI NOUS SONT CHERES ^ . i'

Et je lisais ce matin même dans VAve?îir national^ :

« L'opinion de M. logt, que nous pourrions bien 55 n'être que le fruit de modifications successives opé- 55 rées sur des ancêtres beaucoup moins parfaits que 55 nous, et MÊME VOISINS DES GRANDS SINGES, Cette Opinion 55 gagne tous les jours son terrain. 15 L'auteur de l'article ajoutait que « nos chercheurs sont en chasse, nos 5) paléontologistes furètent 55, pour trouver F ce komaie 5) SIMIEN 55 , l'animal ^ui , selon eux, a dû opérer la transition entre le singe et l'homme ^

La Revue du Progrès avait précédé la Libre Pensée dans cette voie de la franche négation de Dieu, au nom du matérialisme. C'est ce qu'on rencontre à chaque page de cette revue.

JVous avons vu déjà comment elle malmenait sur ce point ce qui lui semble l'hypocrisie du panthéisme.

Ailleurs, nous lisons des phrases comme celle-ci: « Dans l'éternelle immensité de la nature, il n'y a pas 5) un seul atome d'espace qui soit vide de matière. La 5) matière remplit V infini. Dans cette plénitude, où 55 y aurait-il place pour l'immatérialité des âmes? 55 à plus forte raison pour l'immatérialité de Dieu *.

Rien sans doute n'est plus contradictoire dans les termes que de réclamer un espace matériel pour des

* Le Siècle , cité par la Revue matérialiste et athée. - 27 novembre 1866.

3 Ibid.

4 Juin 1863, p. 296.

êtres immatériels par définition : mais lelle est la force philosophique de ces messieurs.

Ailleurs, je lis :

Cl II y a plus de soixante ans qu'il ne ..evrait plus » être question de toutes ces entités J raison qui con- » stituent la philosophie schola? ique, et de tous ces » mythes sacrés qui peuj)lcnt les cerveaux de nos femmes » et de nos enfants \ v Entités de raison ^ c'est-à-dire, dans le langage dédaigneux de ces étranges philosophes, Dieu et Fàme humaine.

Voilà donc Dieu ahsolument supprimé "par le matérialisme, comme par le positivisme et par le panthéisme.

D'autres matérialistes s'expriment ainsi :

a Le mot matérialisme implique Vexclusion du di-

V vin; et c'est pourquoi nous y tenons , n'en voyant 5> pas de meilleur. 55

« DieUj banni du domaine de la science , s'est réfu- » gié dans la métaphysique. Des hommes qui se disent Ti^ philosophes ont conservé cette hyjjothèse I... L'idée » de Dieu sera déjà bien ébranlée... il faut encore lui li porter les derniers couj)Sj en montrant combien peu

V CETTE VIEILLE HYPOTHÈSE cst en harmonie avec la 1) science moderne '^. »

Tous ces textes sont d'hier.

Ces doctrines qui chassent Dieu de la nature le chassent aussi de l'histoire. Car évidemment, il ne peut pas plus gouverner l'homme que la nature. Que sera

1 Décembre 1863, p. 231.

2 M. Naqlet, De ta Mél/iode, p. 52.

a02 NOUVELLES OEUVRES CHOISIES.

donc riîistoire ? Le matérialisme, parlant clair, dit que rhistoire n'est au fond que de la mécanique. Et cette philosophie athée de Fhistoire est aussi celle du positivisme et du panthéisme. Je rapproche les écoles et les formules de ces messieurs pour montrer l'identité foncière des doctrines.

Le Matérialisme. — ce Dans les grands courants his- )) toriques... il n'y a, comme j)ar tout j, que des problèmes

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