‹ Nouvelles œuvres choisies de Mgr. DupanloupChapitre 39 sur 49 · LE PÉRIL SOCIAL · texte numérisé non relu

LE PÉRIL SOCIAL

Où allons-nous, je le demande, où allons-nous, si tout ce travail d'impiété et d'immoralité continue? Je réponds avec une profonde conviction : Nous marchons à un cataclysme socittl.

Car toutes ces doctrines, qu'on le remarque bien, ont (les conséquences sociales inévitables : les principes religieux et moraux, bon gré mal gré, sont la base des sociétés; qui les ébranle, ébranle tout.

Voilà ce qu'il est nécessaire de mettre maintenant en lumière.

J'examinerai donc ici les graves conséquences sociales des doctrines que je combats.

Je traiterai ensuite des préoccupations de l'heure présente.

CONSÉQUENCES SOCLILES DES DOCTRINES d'iMPIÉTÉ :

QUE CEUX QUI TRAVAILLENT A LA DISSOLUTION DES GROYAXCES TRAVAILLENT A LA DÉMOLITION DE LA SOCIÉTÉ.

On dira que je suis ému, trop ému, en écrivant ces choses, mais qui ne le serait comme moi? Qui pourrait sans émotion, à l'heure où je parle, jeter un regard in-

DEFEJVSK DE LA RELIGION. ;î8i

terrogateur vers le redoutable inconnu qui est devant nous, vers les événements qui tout à coup peuvent surgir, et dont nul ne saurait mesurer les incalculables conséquences ?

Mais non : il y a des hommes qui ne voudraient rien voir, rien prévoir, et qui sont tranquilles.

Moi, je ne le suis pas! Je le suis encore moins pour la société que pour l'Eglise, moins pour vous et vos enfants que pour moi-même.

Ah! je ne puis me défendre de cette douloureuse réflexion : Combien notre nature est corrompue ! Il y a six mille ans que Thomme est sur la terre. Il y a dixhuit cents ans que TÉvangile est prêché. Dieu, Fàme, la vertu, le ciel, devraient être des vérités acquises, incontestées, le pain quotidien, le premier trésor de tous les hommes. Nullement, ce trésor, on nous le dispute encore! Et que de funestes esprits viennent contester ces vérités premières à la face de notre vieille et légère société, et notre société, sans s'inquiéter un moment, sans se demander où ces docteurs d'impiété et d'immoralité la mènent, continue avec insouciance ses affaires et ses plaisirs, et, ce qui est plus triste, elle réserve à ces doutes impies l'attention et quelquefois la faveur, la célébrité qu'elle refuse si souvent à ceux qui ne lui parlent que le langage du bon sens , de la vertu et du respect !

Toujours las de la vérité ancienne, jamais attristé de Terreur nouvelle, et ne prévoyant jamais les abîmes où il court, voilà l'homme! Et il lui faut des coups de tonnerre , et quelquefois un siècle entier de douleurs

effroyables, pour lui faire retrouver le bon sens et l'honnêteté perdue!

Il est donc nécessaire que je dise ici la raison de mes craintes, et que j'essaye de suivre, dans leurs conséquences, en achevant ce travail, les doctrines que je viens d'exposer.

Ces doctrines ne peuvent manquer d'avoir leurs contre-coups dans l'ordre social pour les raisons que voici :

1° Parceque telle est la nature même des choses et la logique des faits;

2° Parce que tel est le but avoué des chefs ;

8° Parce que ces doctrines peuvent facilement devenir populaires ;

4° Et enfin par le fond même des questions sociales pendantes.

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