TAQUE, EST JUSTEMENT ATTAQUÉ
Voilà du moins qui est sincère.
Voilà la vérité! voilà la logique! D'ailleurs, le sophiste dont j'ai cité plus haut les paroles, et qui se fait un jeu moqueur de la contradiction et du paradoxe
* La Philosophie positive.
sur les questions les plus graves, M. Renan, a dit luimême :
.. La question de l'avenir de Th amanite est tout en-
V tière une question de doctrine. La philosophie seule
V est compétente pour la résoudre. La révolution réélis lement efficace , celle qui donnera la forme à l'ave- « nir^ ce sera une révolution religieuse et morale. Le » rôle va de plus en plus passer aux hommes de la « pensée ^ 55
Et M. Taine, cet autre sophiste cité plus haut, dit également de son côté :
«Dans cette conception du monde (la conception î) matérialiste) , il y a une morale^ une politique ^ une » religion nouvelles : et c'est notre affaire aujourd'hui y> de les chercher ^ . w
Ainsi , par la nature et la logique même des choses , les doctrines ont fatalement leurs contre -coups dans l'ordre social.
Les idées subversives sont élaborées d'abord par les écrivains ; puis bientôt elles descendent dans les masses, et quand elles ont fait leur chemin, et que leur diffusion est plus ou moins consommée, alors elles éclatent dans les faits, et se traduisent en catastrophes.
« 11 y a toujours de grands désordres » , disait M. de Bonald, cdà où il y a de grandes erreurs, et de grandes -5 erreurs là où il y a de grands désordres « ; de telle sorte que les erreurs sont tout à la fois une cause et un signe des perturbations sociales.
1 Liberté de Penser, t. IV, p. 139.
2 Revue des Deux-Mondes , 15 octobre 1862.
DEFEXSE DE LA KELIGIOX. 387
Quand donc on voit des doctrines détestables en possession d'une publicité immense et d'une propagande organisée, je dis, si on ne veut marcher les yeux fermés à l'abîme, qu'il y a lieu enfin de se demander : Où allons-nous?
Moi , je le sais, si cela dure; et c'est parce que je le sais et le vois, que je pousse un cri, et voudrais réveiller et éclairer, s'il était possible, ceux qui sont dupes, et qui, sur le bord de tels abîmes, trouvent commode de ne rien entendre et de ne rien voir.
Certes, je ne fais injure à personne, parce que je tiens la presse aujourd'hui pour une puissance formidable : et je ne manque pas de respect envers ceux qui écrivent, enseignent et parlent dans notre pays, quand je les regarde comme trés-responsables du bien ou du mal immense qu'ils peuvent ftiire , et quand je leur rappelle que, parmi ceux qui les écoutent, il y a le peuple, et il y a un Dieu.
Que dire cependant de la légèreté et de l'assurance avec lesquelles ils tranchent sans sourciller, d'un trait de plume, au courant de l'improvisation, les plus hauts et les plus délicats problèmes? On a souvent flétri déjà la témérité avec laquelle certains jeunes écrivains, journalistes de la veille, arrivés au bureau de leur journal avec un si mince bagage d'études, s'improvisent hommes politiques, et immédiatement traitent avec un suprême dédain nos hommes d'État les plus expérimentés, et jouent, pour ainsi dire , sans douter un seul instant d'eux-mêmes, sans se poser une seule minute la question de compétence, avec les plus difficiles et les
plus graves questions : rien ne les arrête ; ils savent tout et décident de tout , avec un ton d'infaillibilité qui n'appartient qu'à eux. Mais quand cette témérité se produit, comme nous en avons aujourd'hui le spectacle, dans les choses sacrées, sur les vérités les plus hautes et qui demandent le plus, comme disaient les anciens, une science blanchie par le temps, oh! alors la légèreté trop proverbiale de l'esprit français ne peut servir d'excuse ; et au lieu de la déplorable confiance que tant de gens, serfs de leur Journal, leur donnent, ces vains et criminels parleurs n'ont droit qu'à l'indignation et au mépris.