RALE ET DE LA SOCIETE
Cest pourquoi le génie pratique de l'empereur Xapoléon aidait voulu que a les préceptes de la religion catholique fussent la base » de l'éducation dans l'Université, -n
Nous avons fait bien du chemin depuis le premier Empire , et même depuis le règne du roi Louis-Philippe. Et en vérité l'on se demande : Où allons-nous, et à quelle honte sommes-nous réservés?
1 II y a des Maçons de différents ordres, rites et noms; les Maçons du Rite d'Héredo?n ou perfection , l'ordre de \ Étoile flamboyante, l'ordre sacré des Sophisiens, l'ordre égyptien de Misraim, l'ordre de Metnphis , l'ordre des Philalèthes et des Philadelphes^ puis de la Candeur, puis des Vrais Amis constants, des Frères discrets, des Enfants de l'Union trioinpJumte et de la Constance couronnée ; il y a la loge des Trinosophes , la loge de V Aménité, etc.
Quand j'étudie de près, comme je le fais depuis quelque temps, la franc-maçonnerie, ses rites, ses usages, ses banquets, sa langue, ses appellations, son éloquence , j'éprouve une impression étrange, et je ne puis m'empêcher d'y voir un des témoignages les plus tristes et les plus curieux de la faiblesse, je ne veux pas dire, de l'imbécillité de l'esprit humain.
Qu'il y ait des francs-maçons de bonne foi, je n'en doute pas.
Et qu'on ne m'accuse pas de prêter à la Ligue de renseitjnemcnt et aux Loges maçonniques un but qu'elles n'ont pas. Car ce but, elles le proclament elles-mêmes, et voici des jiaroles sur lesquelles il est impossible de se faire illusion :
« Il faut 5) , écrivait récemment le Monde maçonnique ^ «que l'Eglise en prenne son parti, l'idée mac.", pren- « dra un jour sa place... Un temps viendra où les peu- » pies sauront se passer de ses mystères, sauront vivre^ » naître et mourir ^ sans elle et ses ministres. 5?
Et quand les peuples en seront venus là, que ferontils, Messieurs? Le voici :
Je lisais il y a peu de jours un document, — comme il en paraît trop depuis quelques années, — une lettre adressée aux ouvriers d'Espagne par V Association in-
J'ai trop l'habitude et le respect du cœur humain , pour ne pas découvrir ses instincts profonds et ses besoins sérieux jusque dans ses erreurs et dans ses puériHtés. Je crois donc qu'il y a des francsmaçons honnêtes et dupes , qui ne savent même pas que l'Enlisc a condamné la franc-maçonnerie , et qui, sans avoir franchi tous les degrés qu'ils ne franchiront jamais , obéissent simplement au désir de faire quelque bien avec leurs sembhibles. Pour eux, c'est la contrefaçon de la charité, et la copie défigurée delà fraternité chrétienne. J'irai plus loin, et je me suis même convaincu que, pour plusieurs, c'est un vague besoin de remplacer la religion absente : mais il faut avouer qu'il n'y a là qu'une ombre bien fausse de religion, vraiment trop commode, et singulièrement attrayante au cœur de l'homme, puisqu'elle n'est pas sans mystères, et qu'elle est sans commandements.
Qu'ils me permettent de le leur dire : ils se trompent de route ; ils cherchent là ce (jui n'y est point, et ce ([uc leur conscience n'y trouvera pas. D'autres ({ui , malheureusement, s'appuient de leur concours, ont d'autres pensées et un autre but. Ce n'est pas une contrefaçon du Christianisme qu'ils poursuivent , mais le renversement.
ternationale des travailleur s , — association qui proclame aussi que la religion ne doit plus avoir de place dans l'éducation du peuple : « N'oubliez jamais « , disaient les ouvriers de l'Association internationale à leurs frères d'Espagne, a n'oubliez jamais que les armées » permanentes, les généraux, le clergé, la bourgeoisie, « sont les ennemis naturels et invincibles du peuple. » Et un peu plus loin : « Le peuple ne doit plus faire « de révolution que contre l'ordre social actuel tout 5) entier.
Ainsi : « Xaître, vivre^et mourir sans religion. f> Et ce Ne plus faire de révolution que contre Tordre social " actuel tout entier « , tel est le programme.
Devant de telles déclarations, on conçoit que l'Empereur ait dit récemment : « Les félicitations du clergé )) me touchent toujours profondément. On peut voir » par ce qui se passe combien il est indispensahle d'affijirmer les grands principes du Christianisme , qui » nous enseignent la vertu powr bien vivre^ et l'immor- " talité^jowr bien mourir, w
Certes, ces paroles sont nobles, et dignes du Souverain d'une grande nation chrétienne.
Mais quel malheur qu'à côté de telles paroles, d'autres prononcent, sans être démentis, des paroles si contradictoires! Bossuet déplorait autrefois le sort des princes, qui trop souvent ignorent ce qu'ils devraient savoir. Pour moi, je dis, dans le même sentiment, quelle compassion ne méritent pas les Souverains, condamnés à se voir trompés dans leurs plus religieuses intentions, ot à trouver parfois à leur service des hom-
mes qui ont la hardiesse d'insultor leur maître, en prétendant que ses actes démentent à ce point ses paroles, et d'écrire ce que voici :
ce En conflant l'éducation du peuple à un homme » affranchi de toutes les superstitigxs régnantes, TEm- 5) pereur a fait un véritable couj) d'Eîat...
w En choisissant ce libre penseur, FEmpercur a fait « acte de haute et intelligente bourgeoisie; il a inipli- » citement reconnu les droits de la minorité, qui ne
V doit être ni opprimée ni abêtie par le nombre; // M a fait une violence morale à la majorité de ses élec- » teurs.
« Ceux qui ont couru au scrutin , sous la bannière
V de leurs curés, pour voter l'infaillibilité d'un homme, 15 n'ont rien à dire si cet homme, par une heureuse 55 inconséquence, se met un jour en tête de les éman- 55 ciper et de les décrasser. 5?
M. Duruy a pour adversaires déclarés « ses collègues 15 du ministère, la majorité de la Chambre, la presque -15 unanimité du Sénat et les trois quarts et demi de la 55 nation, c'est-à-dire tous ceux qui vont à la messe. 55 Pensez-vous que les bonnes intentions de l'Empereur 15 puissent résister jusqu'au bout à cette pression forn midable?
5) Le beau n'est pas d'avoir découvert, choisi et élevé ■55 M. Duruy, c'est de le maintenir depuis cinq ans à son 15 poste '. 5)
Pour moi, il m'est inij)ossiblc de croire que l'Empereur connaisse de telles paroles, et je suis même
* Cité par l'Union du 23 novembre 1868.
tristement convaincu qu'on ne les mettra pas sous ses yeux.
Sans commentaires donc, je reviens à cette Ligue de renseignement, dont il est bien entendu que M. le ministre de l'instruction publique favorise l'établissement et la propagation autant qu'il le peut. Cette Ligue organise en ce moment la plus active et la plus vaste propagande, ralliant à elle, comme toujours, grâce à son enseigne, des dupes qui viennent prêter là, sans le savoir, leur appui à une œuvre déplorable.
Il suffît de lire les Bulletins de la Ligue ^ pour mesurer toute la portée de cette nouvelle conjuration ' :
R La Ligue de l'enseignement « , disait le F.'. Jean Macé dans une assemblée générale le 10 novembre 1867, " ne doit pas être une société, mais une