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DUCHESSE DOUAIRIERE DE LA ROCHE-GUYON

Bibliographie. — La Volière ouverte, poésies (Alphonse Lemerre, Paris) ; — La Vie sombre, poésies (Alphonse Lemerre, Paris) ; — Les Langueurs charmées, poésies (Alphonse Lemerre, Paris) ; — L'Année Shakespearienne (Fischbacher, Paris) ; — Le Cœur en Larmes, rondels (Alphonse Lemerre, Paris, 1905).

Mme la duchesse de la Roche-Guyon, dont les matinées poétiques réunissent une élite de littérateurs et de poètes, a publié un volume de prose: L'Année Shakespearienne et quatre volumes de vers : La Volière ouverte, La Vie sombre. Les Langueurs charmées et Le Cœur en Larmes [rondels], qui ont obtenu un succès mérité.

Une existence d'épreuves et de souffrance morale lui a indiqué le sens de la vie. Lasse de poursuivre de vaines chimères, son âme attristée s'est réfugiée dans le rêve poétique et dans l'affection de ses «aimés".

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Désir Impossible

N'avoir jamais rien vu de tout ce que j'adore; N'avoir jamais connu les mers, les monts, les bois, Ni les roses que l'aube, en souriant, colore; N'avoir jamais chanté le ciel bleu des beaux mois;

N'avoir jamais senti le vent jeune et sonore; N'avoir pas pénétré les secrets de sa voix; N'avoir jamais rien vu de tout ce que j'adore ; N'avoir jamais connu les mers, les monts, les bois,

Oh! oui! n'avoir rien vu, pour retrouver encore, Avec l'émotion exquise d'autrefois, L'étonnement sacré de ma première aurore. Quand s'ouvrirent mes yeux pour la première fois! N'avoir jamais rien vu de tout ce que j'adore !

(Ztf Cœur en Larmes^

Après Moi

Quand je ne serai plus, immortelle nature. Tout vivra, comme avant, sous tes fécondes lois; Le soleil renaîtra bien des milliers de fois. Sans qu'un de ses rayons perce ma nuit obscure.

Quand je ne serai plus, la terre froide et dure Où je descends, demain, va fleurir à ta voix ; Quand je ne serai plus, immortelle nature, ÎTout vivra, comme avant, sous tes fécondes lois.

Les amants aimeront. Dans l'épaisse verdure, Ils iront, deux à deux, par les sentiers étroits. Doucement enivrés, comme nous, autrefois. Par le chant des oiseaux et le vent qui murmure, Quand je ne serai plus, immortelle nature.

{Le Cœur en Larmes^

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