F.-E. ADAM
Bibliographie. — Par les Bois (Paul Ollendorff, Paris, 1884) ; — Les Heures Calmes^ avec une préface de François Coppée, ouvrage couronné par l'Académie française (Alphonse Lemerre, Paris, 1892) ; — Paris Pittoresque^ en collaboration avec M. de Champeaux ; — Après la Moisson \i8s7 — igoo\ poe'sies posthumes^ volume extrait des manuscrits du poète par ses amis B.-H. Gausseron et Auguste Générés (Éditions de la Revue des /'i?(?/<f5, Librairie Pion, Paris, 1907).
F.-E. Adam a collaboré à la Tribune des Poètes, à la Semaine des Enfants, à l^Europe Littéraire, à la Jeune France, à la Revue Idéaliste, à la Revue des Poètes, au Parnasse, dont il fut le rédacteur en chef, à V Ouest Artistique et Littéraire, qu'il dirigea pendant plusieurs années, etc.
François-Etienne Adam naquit à Combrée (Maine-et-Loire) le 19 avril 1833. Il appartint longtemps à l'Université et professa dans plusieurs collèges et lycées de province. C'est de cette époque que datent la plupart des pièces qui forment la matière de son premier volume, publié beaucoup plus tard. Venu à Paris en 1867, il entra peu après dans l'administration de la Ville de Paris, où il fut pendant plusieurs années employé au Bureau des Travaux historiques. Il collabora très activement à la grande Histoire Ge'nérale de Paris, commencée sous les auspices du baron Haussmann.
Après s'être marié, en 188 1, avec une femme qui lui donna, „avec plus d'assurance à marcher dans sa voie poétique, la joie incomparable d'être compris et admiré de celle qu'on aime", Adam publia, en 1884, son premier volume de vers. Par les Bois, qui le fît connaître des lettrés, puis, en 1892, un nouveau recueil, Les Hetires Calmes, présenté au public par M. François Coppée, et couronné par l'Académie française sur le rapport d'Alexandre Dumas fils. Il mourut à Paris, le 12 février 1900. Depuis, ses restes ont été trans-
portés, par les soîns de sa veuve, dans le cimetière de sa ville natale, où des amis lui ont élevé un modeste monument. Un certam nombre de pièces manuscrites laissées par le poète, d'autres éparses dans les périodiques, ont été réunies, en 1907, par M. M. B.-H. Gausseron et Auguste Générés en un volume posthume sous ce titre : Après la Moisson [1857 — igooj.
Couronné quatre fois par l'Académie d'isaure, François- Etienne Adam avait conquis le diplôme de Maître es Jeux Floraux. Il était, en outre, officier de l'Université.
^Souriant et doux, modeste et désintéressé plus qu'on ne saurait dire, F.-E. Adam était avant tout et du fond de luimême un homme de rêve et de tendresse . . . Ses vers sont souvent imprégnés d'une savoureuse odeur de terroir. Il avait encore et bien à lui l'eurythmie classique, cette perfection de lignes, cette harmonie de la composition, ce charme de la mesure qui n'appartient qu'à ceux qui se sont abreuvés largement aux eaux claires et fécondes de l'hellénisme.
^Chacune de ses pièces est méditée, composée avec un goût soigneux et sûr, exécutée par une main d'artiste ... Sa poésie rappelle les beaux jeunes hommes de la statuaire grecque, les Apollon et les Antinous, chez qui la grâce est la parure de la force." (B.-H. Gausseron.)
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Après la Faute
J'ai voulu d'un seul bond monter jusqu'à Dieu même. Dieu punit mon orgueil: je le garde. — Mon front A beau mouiller le sol que mes mains creuseront, J'irai, sans défaillir, jusqu'à l'heure suprême.
Et j'irai, glorieux du divin anathème.
De mes siècles d'exil ayant subi l'affront. J'irai jusqu'à la mort, et mes fils me suivront, Acharnés comme moi sur l'éternel problème.
La vie était sans but dans les Edens déserts : L'horizon s'élargit, mes yeux se sont ouverts, Mon esprit veut savoir, mon âme veut comprendre.
L'homme ainsi, dans sa force et dans sa liberté, Remontant vers le ciel pour ne plus redescendre, Saura reprendre à Dieu son immortalité.
[Les Heures Calmes^
Orgueil
J'ai toujours marché ferme et sans bruit dans ma route, Les yeux sur l'horizon, qu'il fût sombre ou doré ; Sf.ns victoire, c'est vrai, mais aussi sans déroute; J'ai souri quelquefois et plus souvent pleuré.
Je n'ai point mis ma lèvre à la coupe du doute, Mon âme a cru toujours à quelque mot sacré; Si quelque voix d'en haut descend vers moi, j'écoute. Je marche et vers le ciel je monte d'un degré.