‹ Nouvelles pages anthologiquesChapitre 15 sur 72 · F.-E. ADAM · texte numérisé non relu

F.-E. ADAM

Qui je suis? — Ici bas je ne suis rien qu'un homme. Mon nom? Je ne suis pas parmi ceux que l'on nomme: Savant ou philosophe, apôtre ou conquérant.

De plus heureux auront leur page dans l'histoire,

Moi, je suis le soldat qui combat dans le rang,

Et n'attends que de Dieu mon humble part de gloire.

[Après la Moisson.)

Sonnet

Dans la pourpre et dans l'or, quand le jour va finir, Si je m'assieds parfois au bord des mers immenses. Un écho très lointain de très vieilles romances S'éveille dans mon cœur, comme un ressouvenir.

Je te reconnais, mais je n'ai pu retenir, O vieil air du passé qui toujours recommences. Qui domines les flots et leurs folles démences. Tes mots naïfs et faits pour bercer et bénir !

— Mais quand l'odeur est douce à quoi bon les corolles? Mon cœur saura trouver à ces chants sans paroles Des sens mystérieux qui le caresseront;

Et je veux, pour mourir, à l'heure où la nuit tombe. Sentant comme autrefois, une lèvre à mon front. Que l'air qui me berça, m'endorme dans la tombe.

[Après la Moisson.)

Sainte Famille

Quand l'humble primitif avait mis sur sa toile L'azur oriental et l'or du ciel romain, Et sous le vert palmier qui borde le chemin, La Vierge radieuse au front orné d'étoile,

Avec l'Enfant Jésus jouant dans son long voile, Et le petit Saint Jean aux lèvres de carmin, Et le bon Saint Joseph un beau lis à la main, Et la montagne au fond, où la Croix se dévoile,

Sur son chef-d'œuvre alors, il croyait, lent et doux, Voir descendre un rayon et, pieux, à genoux, En extase, tombait devant la sainte image :

Et la Vierge, sortant de son cadre d'or fin. S'avançait, souriante, et pour lui rendre hommage, Aux baisers de l'artiste offrait l'Enfant divin.

{Après la Moisson.)

Jeux du Cirque

Claudius audi quae tulerit . . . .

Page 1