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WILLIAM CHAPMAN

Bibliographie. — Les Québecquoisesy poésies (1876); — Les Mines d'Or de la Beauce (1878); — Les Feuilles d'e'rable, poésies (1890); — Le Lauréat (1894); — Les Deux Copains (1894); — Nos Immortels (1896); — Les Aspirations y poésies canadiennes, ouvrage couronné par l'Académie française (Librairies-Imprimeries réunies, Paris, 1903); — Les Aspirations^ 5e édition (Librairies-Imprimeries réunies, Paris, 1907).

En préparation : Les Rayons du Nordy poésies *) ; La Gitane^ drame en cinq actes et en vers.

M. William Chapman a collaboré à la Patrie^ à la Minerve, à la Vérite\ à V Avant-Garde, etc.

M. William Chapman, poète canadien, né en 1850 à Sain t-François-de Beauce (Canada) d'un père anglais et d'une mère canadienne-française, fit ses études au collège de Lévis, puis à la faculté de droit de l'Université Laval à Québec; mais il jeta de bonne heure la toge aux orties pour s'occuper exclusivement de journalisme et de littérature.

Après avoir débuté, en 1876, par un volume de vers favorablement accueilli. Les Québec quoises, il devint en 1883 rédacteur à la Patrie, puis en 1884 passa à la Minerve, où il resta jusqu'en 1890. Quelques mois après la publication de son deuxième volume de vers Les Feuilles d'Érable (1890), il fut nommé à un emploi dans le cabinet du secrétaire de la province de Québec. Il devint en 189 1 chef du cabinet du Procureur-Général. Destitué en 1896, par le gouverneur Marchand, pour avoir écrit des articles politiques dans \ Avant- Garde, il ouvrit en 1898 une librairie à Ottawa. En 1903, il fut nommé traducteur au Sénat.

*) Ce volume vient de paraître. (Décembre 1909.)

Dans son dernier volume, Les Aspirations (1903), M. William Chapman, traite surtout des sujets canadiens. La plupart de ses pièces ont une couleur locale séduisante. Le poète redit „avec une énergie virile" les combats „où la valeur française et la valeur canadienne triomphèrent plus d'une fois du nombre et surtout, même en succombant, méritèrent l'admiration des hommes".

La Muse de M. Chapman ne sourit guère, elle est grave et recueillie. La femme tient peu de place dans ce livre qui appartient à deux amours exclusifs : le Christ et la France.

„Ces deux amours, le poète ne les sépare jamais. Pour lui, la France est toujours l'apôtre du catholicisme et de la civilisation, le soldat de Dieu qui pouvait inscrire ce titre au frontispice de son histoire: „Gesta Dei per Francos". (A. Filon).

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Alléluia !

Alléluia! La terre est libre du linceul Qui la cachait depuis tant de longs jours moroses. Tout renaît, tout brille, onde, arbre, gazon, glaïeul . . Alléluia! Partout ressuscitent les roses.

Sorti de son tombeau, partout le doux printemps Prodigue ses clartés, ses senteurs, ses murmures ; Des vols harmonieux effleurent les étangs, Et des frissons d'amour courent sous les ramures.

Le vent fait gazouiller la harpe des roseaux; La sève bouillonnante enfle les jeunes pousses; Des écharpes d'encens flottent sur les ruisseaux. Et le soleil teint d'or l'émeraude des mousses.

De la fontaine monte un joyeux trémolo, Et le bobème ailé chantant à gorge pleine. Sous les arceaux du pin, de l'orme et du bouleau. Au gazouillis des eaux mêle sa cantilène.

Dans les flammes de l'aube et les éclairs du soir Chaque feuille s'embrase et chaque fleur s'allume ; Sous les feux de midi, comme un vaste encensoir, A l'horizon serein le grand mont d'azur fume.

La glèbe fume aussi, sous le soc déchirant. Comme un sein entr'ouvert par le sabre ou la lance. Des chauds guérets s'élève un effluve enivrant Comme le raisin mûr et comme l'espérance.

Et le semeur, jetant le blé d'or devant lui,

A parfois le grand geste auguste du lévite.

Qui, marchant à pas lents, dans le temple qui luit,

Sur les fronts inclinés fait voler l'eau bénite^

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