WILLIAM CHAPMAN
Sous la sérénité de l'azur infini,
Dans les buissons ombreux, dans l'herbe qui chatoie, Sur le rocher moussu, dans l'arbre, dans le nid. Tout est rayon, parfum, refrain, ardeur et joie.
Devant cette splendeur qui dit: „Dieu sourit là", Devant ce renouveau qui luit, chante et palpite, Mort aux illusions, mon vieux cœur ressuscite Et vers l'Espoir reprend l'essor . . . Alléluia !
MARTIAL BESSON
Bibliographie. — Les voix du Cœur, poésies (1877); — Le Jeune Poète de Laverney, roman (1878); — Les Frisât,, roman (1882); — Poésies, avec une préface de Charles Fuster et une pièce de vers de Frédéric Bataille (A. Savitie, Paris, 1885); — Poèmes Sincères, avec une préface de Léon Cladel (A. Lemerre, Paris, 1887); — Anthologie scolaire des Poètes français du XIX^ siècle, avec une introduction d'Emmanuel des Essarts (Charles Delagrave, Paris, i8gi); — Anthologie scolaire des Auteurs français du XIX^ siècle (A. Lemerre, Paris, 1894); — Choix de Poe'sies, avec une préface de Gabriel Compayré et une pièce de vers de Frédéric Bataille (A. Lemerre, Paris, 1895); — Choix de textes de re'citation (A. Lemerre, Paris, 1895 — 1896); — Anthologie des Instituteurs Poètes,, en collaboration avec Michel Abadie, préface d'Edouard Petit
En préparation : Histoire du Confolentais durant la période révolutionnaire ; Sauvageons, poésies.
M. Martial Besson a collaboré au Barhezilien, à la Feuille Rose (fondée par M. M. Mériot et Henry Lapauze), à la Revue du Siècle, à la France Scolaire, au Limousin Littéraire, etc.
M. Martial Besson, né à Lésignac-Durand (Charente) le 29 mars 1856, débuta en 1876 dans une petite feuille du terroir: Le Barbezilien, où il publia des nouvelles, des essais poétiques réunis ensuite en volume sous le titre: Les Voix du Cœtir (1877), des romans: Le Jeune Poète de Laverney (1878), Les Frisât (1882), etc. Nommé en 1883 instituteiir à Saint-Fort-sur-le-Né (Charente), M. Besson a fait paraître successivement trois volumes de vers: Poésies (iSS^), Poèmes Sincères (1887), Choix de Poésies (1895), et deux anthologies scolaires : V Anthologie scolaire des Poètes français du XIX'
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siècle (1891), et V Anthologie scolaire des Auteurs français du XIX' siècle (1894). 0^^ '"^ àoxX., en outre, un Choix de textes de re'citation (1895 — 1896) et une Anthologie des Instituteurs Poètes [en collaboration avec M. Michel Abadie] (1897).
„C'est toute une pléiade de poètes et de bons poètes que l'Université compte dans les rangs de son enseignement supérieur et secondaire, dit M. Gabriel Compayré dans la préface de Choix de Poésies: inspecteurs généraux, professeurs de facultés ou de lycées, qui, avec des talents divers, honorent également la Muse universitaire. Ce qui est plus rare, c'est l'instituteur poète; c'est la poésie s'installant dans une simple et humble école primaire, pour y égrener ses rimes les plus riches et parcourir avec aisance la gamme variée des sentiments humains. Voici que du fond d'une petite école de village nous arrive un volume de vers charmants et délicats qui ne serait pas indigne de la plume la plus finement taillée d'un artiste parisien... Quoi de plus intéressant, et il faut ajouter, de plus nouveau, qu'un livre de vers qui se présente avec d'aussi modestes origines... Certes, je ne veux pas dire que la poésie soit incompatible avec les labeurs scolaires, et je sais bien que l'esprit souffle où il lui plaît. Je suis même très disposé à croire que dans le silence et le calme de la vie rurale, devant les spectacles de la nature, l'âme méditative d'un instituteur, et même d'un agriculteur, s'est plus d'une fois ouverte à de vrais sentiments poétiques. Mais ce qui est nouveau, dans notre pays du moins, ce qui prouve combien les choses ont marché, combien il est exact de dire qu'il n'y a plus de classes sociales, c'est qu'un simple maître d'école, pour exprimer les pensées qui l'agitent, puisse disposer d'une forme poétique aussi pure, d'une dextérité de composition aussi savante que celles dont une instruction supérieure a lentement appris les secrets aux fils de la bourgeoisie..."
Ajoutons que chez M. Martial Besson une sensibilité délicate s'allie à une vision personnelle et très poétique de la nature. Ses vers, dont beaucoup évoquent des souvenirs douloureux, sont empreints d'une douce mélancolie, mais l'idéalisme du poète ne se dément pas un instant.
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MARTIAL BESSON
Les Eaux
Il est des eaux qui courent, vives, Par les prés, de fleurs constellés.
Jetant aux échos de leurs rives Le doux bruit de rires perlés.
Il en est qui se traînent, lentes, Avec de longs murmures sourds, Parmi les plaines somnolentes, Attristant l'œil qui suit leur cours.
Les eaux joyeuses, les eaux mornes, Hélas ! ont un pareil destin :
Profonds sanglots, rire argentin Se perdront dans la mer sans bornes.
Roussines, i6 janvier 1890.
La Source
Je sais, au pied d'un coteau Que revêt de son manteau
Un vieux bois de chênes, Je sais, au pays natal.
Une source au pur cristal Où l'on vient puiser des fermes prochaines. Donne à boire aux altérés, Fontaine aux flots azurés.
L'eau jaillit d'un roc moussu; Un bruit, à peine perçu,
Charmeur, vous attire:
Oh! le merveilleux décor!
Églantines, boutons d'or, Bassin d'émeraude où le ciel se mire!
Donne à boire aux altérés, Fontaine aux flots azurés.
J'ai reposé bien souvent Près des chênes, dont le vent
Frôlait la ramure, O source, et des jours entiers, Sous ton berceau d'églantiers, J'ai prêté l'oreille à ton frais murmure. Donne à boire aux altérés, Fontaine aux flots azurés.
Quand pour moi viendra le soir, Source, j'irai te revoir:
Comme en mon enfance.
J'irai dormir sous les bois.
Bercé par ta douce voix, Et boiie à longs traits ton eau de Jouvence! Donne à boire aux altérés, Fontaine aux flots azurés !
27 novembre 1903.