‹ Nouvelles pages anthologiquesChapitre 39 sur 72 · JEAN DE PURY · texte numérisé non relu

JEAN DE PURY

Bibliographie. — Poésies de jeunesse (hors commerce).

M. Jean de Pury, né en 1857 à Neuchâtel en Suisse, docteur en droit de l'Université de Leipzig, colonel dans l'armée suisse, s'est voué essentiellement aux affaires publiques et à l'étude de diverses questions historiques. Il a écrit quelques vers à ses heures perdues et a réuni les plus anciens en un petit volume : Poe'sies de Jeunesse^ imprimé à peu d'exemplaires et qui n'a pas été mis en vente. Nos lecteurs lui sauront gré d'en avoir extrait pour eux l'admirable sonnet qu'on va lire.

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ADOLPHE RIBAUX

Bibliographie. — Feuilles de Lierre, poésies (1882; e'puisé); — Vers VIde'al, poésies {épuise'); — Rosaire d'a- Tno7ir, poésies; — Conte d' a motir, poème [epiiise') ; — Comme le Grillon, poésies {épuisé') ; — Contes de printemps et d'automme ; — Le Noël du Vietix Wolf ; — V Amour et la Mort, 2e édition; — Nos Paysans, lère et 2e séries; — Braves Gens, 3e série de Nos Paysans, ouvrage couronné par la Société nationale de France d'Encouragement au bien ; — Deux Frères, 4^ série de Nos Paysans ; — Bouquet d' Italie y nouvelles ; — Contes pour tous ; — La vocation de Samuel;

— Le cœur ne vieillit pas, nouvelles [épuisé) ; — Le Roman d'un Jardin, 5e série de Nos Paysans; — Jeunes et Vieux, nouvelles ; — Le Trésor de Meyriez, nouvelles ; — Pierrot Sculpteur, fantaisie en un acte, en vers, représentée sur la scène du Théâtre d'Application; — Le Renouveau, comédie en un acte, en vers, représentée sur la scène du Théâtre de rOdéon ; — Un Tour d'Arlequin, comédie en un acte, en vers, représentée sur la scène du Théâtre du Vaudeville ; — Julia Alpinula, drame en cinq actes et huit tableaux, en prose, représenté dans l'Amphithéâtre romain d'Avenches, 4e mille (1893 — '894; épuisé); — Le Roman d'un Jardin, pièce en quatre actes et huit tableaux, en prose, représentée à Genève; — Charles le Téméraire, drame en neuf tableaux, en prose, représenté sur la place du Château, à Grandson, 4® mille (1897; épuisé); — La Reine Berthe, pièce en douze tableaux, représentée à Payeme, 4e mille (1899; épuisé) ; — La Fille aux Fraises, roman ; — Jean de Naples, roman; — Humbles Vies, nouvelles; — Roses sans épines^ nouvelles ; — Myriam Ancelin, roman {épuisé) ; — Saint- Nicolas de Fribourg, poème; — En bordée, tragédie populaire, en collaboration avec M C.-A.Traversi, représentée à Ba-ta-clan (Paris) en 1906; — La Mort de Saint- Lupicinus, épisode en un acte, en vers, représenté à Neuchâtel en 1 906 ;

— Divico, drame en cinq actes, en prose, représenté en

juillet et août 1908 à Bevaix [canton de NeuchâtelJ. — La Source Éternelle, poésies (1910).

En préparation: La Gloire, roman; Le Chef-d'œuvre de Myriatn Anceltn, roman ; Une voile sur la mer Ionienne, roman ; — Notre beau Tessin [mœurs et paysages] ; — Pauvre Jacques, idylle dramatique; Gioia, drame.

Les œuvres de M. Adolphe Ribaux se trouvent chez Alphonse Lemerre et Fischbacher (Paris); Delachaux & Niestlé, A.-G.Berthoud et Aitinger (Neuchâtei) ; Mignot (Lausanne); Eggimann (Genève).

M. Adolphe Ribaux a collaboré à V Illustration, au Monde Illustré, au Monde Moderne, au Petit Parisien, à la Bibliothèque Universelle et Revue Suisse, à la Patrie Suisse, à la Famille, à la Revue Verte, et à la plupart des journaux de la Suisse française.

M. Adolphe Ribaux, le fondateur ou rénovateur du théâtre national suisse, est né le 3 mai 1864 à Bevaix, petit village pittoresquement situé sur les bords du lac de Neuchâtei II fit ses études à Neuchâtei et à Paris, et s'exerça dès l'âge de quatorze ans au métier des vers. Son volume de début: Feuilles de Lierre, aujourd'hui introuvable, parut en 1882. Ses quatre grands drames historiques, Julia Alpinula, Charles le Téméraire, La Reine Berthe et Divico joués en pi' in air à Avenches, qui fut capitale de l'Helvéïie romaine, à Grandson, à Payeme et à Bevaix, eurent de nombreuses représentations.

Le premier, /ulia Alpinula (1893 — 1894). marque une date dans l'histoire littéraire de la Suisse ron an«1e.

Citons, en outre, parmi les œuvres dramatiques de M. Adolphe Ribaux: Le Roman d'un Jardin, pièce de mœurs rustiques, jouée pour la première fois à Genève en 1895, et donnée encore chaque hiver à Genève et ailleurs.

M. Adolphe Ribaux a fait de nombreux voyages et des séjours prolongés à l'étranger. Il a passé deux hivers à Tunis, deux ans à Rome, un an à Florence, un an à Palerme et à Naples. Conférencier très écouté, il entreprend des tournées en Suisse, en France, en Italie, etc. Il a rapporté de ses fréquents voyages en Italie des impressions inoubliables. „I1 y a en lui, a dit un critique, toute la couleur, toute l'enivrante douceur des ciels de là-bas, l'harmonie de la mer et des plaines, l'enchantement de la nature, tout l'infini, tout ce que les mots écrits ne peuvent dire."

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Parmi les œillets blancs

Ma mère, ce matin, dans ma chambre est entrée.

Elle tenait en mains une gerbe nacrée

D'œillets blancs frais éclos, fleurs de rêve et d'amour!

Un sourire joyeux éclairait son visage.

La veille au soir, j'étais revenu de voyage:

Ces œillets blancs, c'était le salut du retour!

Des cris, des bruits montaient de la rue animée;

Un gazouillis d'oiseaux égayait la ramée ;

Je dormais, comme on dort en son lit d'écolier.

La chambre, brusquement, s'inonda de lumière.

J'ouvris les yeux : ces fleurs aux mains, je vis ma mère !

Ce réveil, je crois bien ne jamais l'oublier!

„Bonjour, enfant!" dit-elle. Et dans l'étroite chambre

Où les œillets mettaient une fine odeur d'ambre.

Toutes choses, après, répétèrent „ Bonjour!"

Les vieux portraits clignaient de l'œil sur la muraille;

Les livres, l'encrier, la table où je travaille

Eurent pour moi leur mot d'amitié, tour à tour!

Des chants mélodieux de la douce Italie

Mon âme frémissante était encore emplie;

Mes yeux gardaient l'éclat de ces beaux cieux légers.

Trois mois j'avais vécu parmi tant de merveilles;

Naples m'avait bercé de ses vagues vermeilles,

Sorrente vu courir dans les bois d'orangers!

Par ce matin de mai, qui n'était qu'un cantique,

Que j'eus pourtant de joie, ô demeure rustique,

A te revoir, paisible, avec ton vieux jasmin!

Mon humble chambre grise, oh ! que tu me fus chère !

Le moindre bibelot riait sur l'étagère,

Et ma mère était là, ces œillets blancs en main!

ADOLPHE RIBAUX

Mais — étrange retour! — ce bouquet de fleurs blanches

Épars autour de moi, ce matin de dimanche,

Ces frais œillets, que l'aube avait baignés de pleurs,

Vers la mort, tout à coup, portèrent ma pensée :

Aux morts on donne ainsi, paiement nuancée.

Pour orner leur dépouille, une moisson de fleurs !

Et je me vis à l'heure inévitable et sombre Où tout ce qu'on aima s'évanouit dans l'ombre, Où s'abdiquent par force espoir, désir, orgueil! Des blancs oeillets montait une odeur mortuaire; Le drap blanc avait pris la forme d'un suaire; Je crus, au corridor, deviner mon cercueil !

Cette heure doit venir. Les ans, à grands coups d'ailes S'enfuient, comme à l'automne on voit les hirondelles Prendre un rapide essor loin de nos durs climats. Encore un peu de temps, un petit bout de route ! . . . Déjà la faux s'aiguise et la faucheuse écoute : Vigilante, la mort ne nous oubliera pas !

Oh ! dans ce noir combat, que décuple la fièvre. Sentir une main fraîche essuyant votre lèvre, Cette main se posant sur votre front mouillé! Avoir auprès de soi, par son calme calmante. Une âme douce, une âme forte, une âme aimante. N'être pas seul devant le gouffre entrebâillé!

Or qui donc vous aima, dans cette vie amère. D'un amour comparable à l'amour d'une mère? Quels baisers ont jamais valu son pur baiser? Celui qui la goûta, cette unique tendresse, A beau chercher ensuite une trompeuse ivresse: Quelque chose en son cœur demeure inapaisé!

. . . Ma mère, ce matin, dans ma chambre est entrée.

Elle tenait en mains une gerbe nacrée,

Le bouquet du printemps, le salut du retour!

C'était l'aube — or et bleu — d'un radieux dimanche.

Je me suis réveillé sous cette moisson blanche,

Et ma mère riait, palpipante d'amour!

Quand sonnera pour moi la minute suprême, O mère, seul amour qui vaille que l'on aime. Par toi mon lit de mort se verra-t-il fleurir? Heureux qui, sans poursuivre une vaine chimère, Peut vivre tous ses jours aux côtés de sa mère! Dans les bras de sa mère heureux qui peut mourir!

{Comme le Grillon^

La chanson des petits chemins

Nous sommes les petits chemins, Cachés aux regards des humains

Sous les feuillées, Courant au fond des bois épais.

Et, pleins de silence et de paix,

Dans les vallées.

Les poètes, les amoureux Connaissent nos chênes ombreux,

Notre herbe douce, La clairière où, des mois entiers, La neige des grands églantiers

Blanchit la mousse.

Nous en avons, des nids d'oiseaux!

Et sur le bord des clairs ruisseaux

Des fleurs charmantes.

Des marguerites au cœur d'or.

Et des violettes encor,

Avec des menthes.

Que de frais bouquets ignorés Sous lesquels les cieux azurés

Ont moins de flamme.

Où le bruit ne pénètre pas.

Où s'adoucissent les combats

Qui brisent l'âme!

ADOLPHE RIBAUX

Viens, toi qui souffres! les forêts Pourront apaiser tes regrets,

Tes pleurs, tes transes.

Et rendre à ton cœur attristé.

Où rien d'autrefois n'est resté,

Les espérances !

Nous sommes les petits chemins, Cachés aux regards des humains

Sous les feuillées, Courant au fond des bois épais, Et, plems de silence et de paix,

Dans les vallées.

LÉO TRÉZENIK

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