‹ Nouvelles pages anthologiquesChapitre 40 sur 72 · LÉON-PIERRE-MARIE ÉPINETTE · texte numérisé non relu

LÉON-PIERRE-MARIE ÉPINETTE

Bibliographie. — Poésie: Les Gouailleuses (Vanier, Paris, 1882); — En jouant du Mirliton (Vanier, Paris, 1884). — Prose: La Jupe y roman (Antony, Paris, 1886); — L^s Gens qui s'amusent^ roman (Giraud, Paris, 1886); — Proses décadentes (Giraud, Paris, 1886); — Cocquebins, roman (Monnier, Paris, 1887); — L' Abbe' Coqueluche, roman (Ollendorff, Paris, 1889); — La Confession d^un Fou, roman (Ollendorff, Paris, 1890); — Histoires Norrnandes, en collaboration avec Willy (Ollendorff. Paris, 1891) ; —Le Magot de l' Oncle Cyrille, roman (Antony, Paris, 189 1); — L'Assassinat de la Vieille Dame (Charles, Paris, 1894); — Le Nombril de M. Aubertin (Antony, Paris, 1896). — Théâtre: Le Tandem, comédie en deux actes, en collaboration avec P. Soulaine (Ollendorff, Paris, 1896); — Mam'zelle Ad' laide, comédie en un acte (Stock, Paris, 1898); — La Berrichonne, comédie en un acte (Collection des Pièces à succès, 1898); — Le Ménage Rousseau, un acte et deux tableaux (Collection des Pièces à succès, 1898); — La Françoise, drame en un acte (Stock, Paris, 1902); — La Peau de l'Ours, comédie en un acte (Stock, Paris, 1902); — Docteurs! comédie en un acte (Joubert, Paris, 1903); — L'envers d'un Notaire, un acte (Joubert, Paris, 1903).

Léo Trézenik a collaboré à Lutèce (à son apparition: La Nouvelle Rive Gauche, dont il fut le fondateur, 1882 — 1886), au Gil Blas (sous le pseudonyme de Mancellière, 1886— 1896), au Journal des Débats, à V Agence Dalziel, à la Revue d'Aujourd'hui (1889), à Art et Critique (1889—1890), à V Événement (1900 — 1901), à la Revue Bleue (1897) au Journal, à la Revue Critique, au Tam-tam, etc.

Léon-Pierre-Marie Épinette, né à Rémalard (Orne) le 10 février 1855, mort à Sceaux le 19 novembre 1902, adopta

LÉO TRÉZENIK

)lusieurs pseudonymes littéraires : J. Bard, Pierre Infernal, ^lancellière, et principalement Léo Trézenik (traduction bretonne le son nom véritable).

Après avoir fait ses études chez les Jésuites de Vannes, il )fit ses premières inscriptions pour la médecine à Caen, puis 'int à Paris, où il fonda, en i9>2>2, La Nouvelle Rive Gauche^ ournal satirique, célèbre bit-ntôt sous un autre nom : Liitèce, ju'il imprimait lui-même et qui eut pour principaux colla- )orateurs R. Caze, Willy, Goudeau, etc. Trézenik y publia les monologues et des chansons. En cette même année 1882, 1 faisait paraître son premier recueil de poèmes. Les GouaileuseSy où il y a beaucoup de talent, et deux ans après: En 'ouant du Mirliton^ qui contient des pièces d'une bonne acture et d'un sentiment vrai.

A partir de 1886, Trézenik délaissa complètement les vers )our publier, de 1886 à 1896, une série de romans dont )lusieurs attestent une puissance remarquable, notamment: V Abbé Coqueluche (1889). La Confession d'un Fou (1890), Histoires Normandes (1891), L'Assassinat de la Vieille Dame (1894).

Ce ne fut qu'en 1896 qu'il aborda le théâtre, où il devait •emporter de grands et légitimes succès avec des pièces telles jue Mam'zelle Ad* laide (1898), La Berrichonne (1898), etc.

La mort vint le surprendre en pleine activité littéraire.

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LÉO TRÉZENIK

En Novembre

Les nids abandonnés, pourris dans les buissons, Que nous montre l'automne au bout des branches nues. En novembre parfois, au fond des avenues, S'emplissent tout à coup de plaintives chansons.

Ce sont les vieux oiseaux, qui malgré les frissons Que vient glisser l'hiver sous leurs plumes ténues. Sont revenus tout seuls de terres inconnues. Pour revoir un instant leurs anciennes maisons.

De même, lorsque vient la soixantième année, Et qu'on songe à jadis, près de la cheminée. L'âme emportée au loin vers le passé béni,

Dans un coin réveillé du cœur qui se rappelle,

H semble qu'on entend soudain comme un bruit d'ailes:

C'est un vieux souvenir qui revient à son nid.

L'Anse des Trépassés

Je connais en Bretagne, auprès du raz de Sein, Tout là-bas, une abrupte et sauvage falaise. Où la houle et les vents peuvent mugir à l'aise. Car son sol de granit est nu comme la main.

Les albatros planeurs élèvent leurs couvées Dans les trous que la mer creuse depuis mille ans, Et l'on entend, la nuit, courlis et goélans Hululer au dessus des vagues soulevées.

Ni les marins n'ont pu, par les rocs écroulés, Ni les pâtres jamais escalader leurs aires, Et profaner du pied les fientes séculaires Qui font comme un rempart aux nids inviolés.

Le ressac a troué des grottes insondées

Où la mer, qui s'engouffre avec des beuglements,

Ébranle le rocher jusqu'en ses fondements

Et va couvrir au loin les plages inondées.

Les barques de pêcheurs et les gros cuirassés Viennent sombrer parfois sur le roc qui les crève. Et pour galets elle a des ossements, la grève Que l'on appelle ici l'anse des Trépassés.

Oh ! comme il serait bon, narguant les morts banales. De se jeter de là pendant le grand mois noir, Puis d'aller se briser sur la roche, et d'avoir Un office des morts chaulé par les rafales.

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