ISABELLE KAISER
Bibliographie. — Poésie: Ici-bas (H. Georg, Genève, 1888); — Sotis les Étoiles (H. Georg, Genève, 1890); — Patrie (Fischbacher, Paris, 1891); — Fatimé (Attinger, Neuchâtel, 1892); — Des Ailes (Payot, Lausanne; Perrin, Paris, 1897). — Romans et Nouvelles: Cœur de femme (Attinger, Neuchâtel, 1891); — Sorcière! (Perrin, Paris, 1896); — Héro (Perrin, Paris, 1898); — Notre Père qui êtes aux cieux (Perrin, Paris, 1900); — Vive le Roi! (Perrin, Paris, 1903); — L'Éclair dans la Voile !^ nouvelles (Perrin, Paris, 1904).
Mlle Isabelle Kaiser, fille du commandant Fernando Kaiser, est née à Beggenried (Suisse) le 2 octobre 1866. Elle descend par sa mère de Nicolas von der Flûe. Elevée à Genève jusqu'à treize ans, elle passa sa jeunesse dans l'idyllique solitude de la maison paternelle à Bethlehem, sur les bords du lac de Zoug. C'est là qu'elle écrivit les vers qui forment la matière de: Ici-bas (1888), Sous les Étoiles (iSgo), Patrie (1891), Fatimé (1892), Des Ailes \ (1897). Eprouvée par des deuils successifs et des maladies, elle vint en 1897 s'établir à Beggenried avec sa mère. Elle s'y construisit un Ermitage, où, depuis la mort de sa mère, elle vit solitaire, se consacrant entièrement à son art. On lui doit, outre ses recueils de poésies, quelques romans: Cœur de femme [iZ()i), Sorcière ! (1896), He'ro (1898), Notre Père qui êtes aux cieux [igoo). Vive le Roi! (1903), un volume de nouvelles: L'Éclair dans la Voile! (1904), et trois volumes en langue allemande, publiés chez Cotta, à Stuttgart.
JEAN-MARIE MESTRALLET
Bibliographie. — Poèfnes Vécus (Vanier, Paris, 1888); — L'Allée des Saules (Société libre d'Édition des Gens de Lettres, Paris, 1900); — André Chénier^ pièce en quatre actes et en vers (1907).
En préparation: Dans l'Espace^ poème.
M. Jean-Marie Mestrallet a collaboré à la Libre Revue, à la Revue Hebdomadaire, à Vidée Libre, à la Nouvelle Revue, au Gil Blas Illustré, au Supplément du Gaulois, etc.
M. Jean-Marie Mestrallet est né en 1860, à Marseille, d'une famille originaire de la Savoie. Ses études terminées, il vint se fixer à Paris qu'il n'a plus quitté.
Collaborateur de plusieurs revues et journaux parisiens, M. Mestrallet a publié jusqu'ici deux volumes de vers : Poèmes Vécus (1888) et L'Allée des Saules (1900), qui ont trouvé un accueil des plus favorables auprès des lettrés. Il est aussi l'auteur d'un drame en vers: André Chénier, non publié (1907).
„I1 convient de saluer en M. Jean-Marie Mestrallet une figure isolée parmi les poètes contemporains, un poète à qui pourtant toutes les émotions de son temps sont familières . . . Dans Poèmes Vécus, les émotions traduites sont des émotions individuelles, mais d'un ordre essentiellement humain, d'un caractère général et large. Elles ne laissent aucune place à l'artificiel. Elles vont du cœur au cœur. Une tendresse pieuse pour la nature, des affections touchantes, l'amour sous ses formes les plus diverses, les souffrances quotidieimes, les douleurs sacrées de la mort, voilà de quels éléments primordiaux et directs le poète tire la grâce, la douceur, la beauté, comme aussi la tristesse, l'amertume, l'horreur de vivre . . .
„Toutes les qualités qu'on peut apprécier dans le premier livre de M. Mestrallet, on les retrouve, mais frappées au coin d'une maîtrise plus sûre, plus nette, plus sobre, dans
JEAN-MARIE MESTRALLET
L'Allée des Saules. Il y a moins de soleil, moins de clarté diffuse dans ce second recueil, mais le crépuscule y prend plus de profondeur, les ombres mélancoliques du soir y traînent plus de recueillement . . . L'âme du poète a gagné en largeur et en élévation..." (Paul et Victor Margueritte).
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La vie est si nue et si pauvre . . .
La vie est si nue et si pauvre !
Ah ! vraiment ce n'est pas la peine.
On lutte, on souffre, on aime, on rêve ; Rien ne sourit et ne console, Rien qui fleurisse et se révèle.
On arrive en ce monde aride Avec des soifs, des faims, des fièvres ; Et l'on va pour chercher les sources, Et les fruits rêvés que l'on aime, Et les baumes divins de calme.
Et rien, ni flots, ni fruits, ni baume. L'apparence des choses seule.
Leur aspect menteur nous appelle, Le désir ravi vers lui vole, Et soudain arrivé, recule.
Rien n'existe de ce qu'on cherche, La soif, mais nulle eau qui l'abreuve, La faim, mais rien qui la repaisse, La fièvre, mais rien qui l'apaise, C'est le désir qui seul existe.
Ah ! vraiment ce n'est pas la peine.
On lutte, on souffre, on aime, on rêve ; Rien ne soulage et ne console, Rien qui fleurisse et se révèle, La vie est si nue et si pauvre !
{L'Allée des Saules.)
JEAN-MARIE MESTRALLET
Lointains
Oh! quels soirs somptueux là-bas, dans les lointains, Aux pays vermeils de lumière !
Dans le calme et la profondeur, L'air lucide reluit imprégné de splendeur. Il se trame d'éclats, de reflets, d'étincelles ; Et partout où la flamme ondoyante a flotté. Il garde en ses réseaux des gouttes de clarté. L'or nage dans l'azur et palpite en parcelles.
Là, le jour merveilleux ne semble pas finir.
Il se voile à peine et demeure, On ignore qu'il puisse expirer et qu'il meure,
Et tout dit qu'il doit revenir.
Point de crainte et de peur, d'espérance incertaine, Comme en ces lieux où la lumière est si lointaine
Qu'elle semble toujours prête à partir ; Point de couchant qui sombre avec mélancolie
Exhalant sa lueur pâlie.
L'être admire, joyeux, la prunelle éblouie.
Confiant, assuré d'un prompt revoir, Et le jour qui s'en va n'emporte point l'espoir.
Là-bas, la clarté chère est belle et maternelle,
L'être vit et palpite en elle.
Et baigné d'ardente couleur Se mêle à son éclat, sa flamme et sa chaleur. Le soir est souriant et clair de son approche ; On sent qu'elle est restée, et qu'elle est là tout proche,
Si proche qu'on pourrait la voir encor Derrière l'horizon où luit sa flamme d'or. Et les sommets rougis de pourpre incandescente, L'espace étincelant, l'azur vibrant des cieux, Les lointains embrasés de reflets radieux. Attestent la lumière invisible et présente.
{U Allée des Saules.)
NOËL BAZAN
Bibliographie. — Sœur Thêcle, nouvelles en prose (Frintzine, Paris, 1888); — Vol de Papillons, poésies (Jules Lévy, Paris, 1889); — Le Livre d'une Femme, poésies (Alphonse Lemerre, Paris, 1891); — Sans Amour, roman; — Malgré l'Amour, roman; — Les Morsures de la Vie, roman; — Messe Bleue, poésies (Alphonse Lemerre, Paris, 1898); — Les Diamants de la Morte, roman; — Calvaire d'Amour; — Le Secret du Vieux Mur, roman; — Le Double Visage, roman (Alphonse Lemerre, Paris, 1908). — Théâtre: Une Soirée de Racine, à-propos, en collaboration avec M. Charles Fuster (Odéon, décembre 1892); — La Bohémienne, un &cX.q en vers, en collaboration avec M. Charles Fuster (Salle des Fêtes du Journal) ; — Couvrez le Feu, un acte en vers (Bodinière).
En préparation : Le roman de Simone ; Occtilte Vengeance, roman; Les Mémoires d'un Croquem.ort; Le mystère du Glandier ; Au Fil des Jours ; Profils lointains, poèmes.
Madame Noël Bazan a collaboré au Petit Bayonnais, au Petit Journal, à la Fronde, à la Meuse, au Républicain de l'Est, au Sem.eur, etc.
Madame Noël Bazan est l'auteur de deux volumes de vers, Le Livre d'une Femme (1891) et Messe Bleue (1898), qui la classent parmi les poètes les plus remarquables de notre temps. „ Depuis notre chère Louise Labbé, écrivait dès 1892 M. Emile Faguet, — et si l'on excepte Marceline Valmore à qui M™e Noël Bazan mérite d'être comparée, — aucune femme ne nous avait montré l'envers de son cœur. Aucune n'avait osé, soulevant le voile abritant ses impressions amoureuses, nous en accuser la réalité . . . L'auteur du Livre d'une Femme, avec un incontestable talent, ne s'est pas contentée d'écrire de beaux vers, elle a mis encore dans son œuvre un morceau de sa vie vraie, les heures réelles de sa douleur et de sa joie. . ." Il y a dans Le Livre d'une Femme une rare intensité
NOËL BAZAN
de passion. Nous y voyons l'amante idéale, celle dont l'amour va jusqu'à l'abdication du „Moi", et qui ne vit désormais qu'en celui qu'elle aime. Pour elle, les deux années passées avec l'être aimé sont ses ^deux seules* années, et plus tard, après la séparation, ce cher passé revit sans cesse dans son cœur. Le Livre d'une Fonnie est beau comme l'amour même. Madame Noël Bazan est tout entière dans ces pages brûlantes „où l'amour et la mort, cette raison et cette conclusion de la vie, triomphent tour à tour."
Dans Messe Bleuie, d'une forme poétique plus achevée, d'im travail plus artistique, d'une inspiration variée, on trouve comme l'écho douloureux des plaintes d'autrefois, comme des soupirs étouffés, des regards voilés de tristesse ; mais le sourire est aux lèvres et s'efforce de cacher la profondeur de la souffrance. Des ballades élégamment rimées et des pièces comme Portrait d' Enfant^ Fête des Choses, Aubade, alternent avec Amour d'Auto7nne, A Vous, etc. 11 y a, dans ce recueil, des vers d'une beauté, d'une grandeur toute classique et qui resteront, tels ceux-ci, inscrits sur la porte d'un cimetière, inoubliables dans leur concision :
Ils dorment ce sommeil étemel dont le songe Est la réalité de l'amour et du beau.
Madame Noël Bazan a voulu publier ses vers sous le voile du pseudonymat. Née le jour de Noël, elle a créé son pseudonyme d'après la date de sa naissance et le nom d'une vieille mie qui l'a bercée en lui chantant des refrains d'autrefois. Cette vieille mie, une de jadis, une comme l'on n'en rencontre plus, se nommait Rosalie Julie Bazan, et sa joie naïve en voyant son nom impriyîié, fit plus d'une fois sourire l'auteur de Vol de Papillons, volume de début de l'artiste, simple plaquette de vers, précédée encore d'un recueil de nouvelles en prose mtitulé Sœur Thècle et signé „Stello".
Outre Sœur Thècle, Vol de Papillons, L^ Livre d'tme FeinTne, que Leconte de Lisle admirait sans réser\-es, et Messe Bleue, Madame Noël Bazan a publié quelques romans remarquables, parus dans divers journaux et revues, et notamment au rez-de-chaussée du Petit Bayonnais, du Petit Jotirnal, à la Fronde, à la Meuse, etc.
En collaboration avec M. Charles Fuster, elle a donné au théâtre: Une Soirée de Racine, pièce de circonstance qui fut jouée une douzaine de fois à l'Odéon et La Bohémienne, gros acte en vers, qui eut un franc succès à la Salle des Fêtes du Journal. Elle a fait applaudir à la Bodinière un acte en vers: Couvrez le Feu.
NOËL BAZAN
A Francesca
Tu passes toute blanche, et des fleurs dans tes mains !
Charles Fuster.
Te plaindre, Francesca, te plaindre ! ... Je t'envie. Toi que la mort surprit au milieu d'un baiser ! A cette bouche pâle où s'exhala ta vie. Toi qui laisses la tienne à jamais se poser !
Oh ! rester là perdus dans l'ivresse assouvie ! Boire à la coupe pleine, et pouvoir s'y griser ! Sous l'étreinte sans nom, de l'étreinte suivie. Sentir battre son cœur au point de se briser !
L'enfer n'existe pas pour vous. — Dans ses supplices Vous connaissez du ciel les suprêmes délices, Car liés l'un à l'autre, enlacés, éperdus,
Sans jamais vous quitter, vous que l'amour embrase, Dans un même bonheur, dans une même extase, Dans xm même soupir vous restez confondus. —
{Le Livre d'une Femme?)
5 septembre 1881.
La Hutte
Souvenir !
Pauvre hutte ! elle était petite Et très laide peut-être aussi. — Mais où le vrai bonheur s'abrite, De quoi peut-on avoir souci?
Les murailles en étaient nues, Leur papier banal et très vieux, Mais des étoiles inconnues M'y souriaient dans tes grands yeux.
Dans tes grands yeux de velours sombre Qui m'apprirent la volupté. — Chers doux yeux rêveurs ! — A votre ombre Mon cœur s'est longtemps abrité 1
Tu te souviens ? Là, je fus tienne. — Un jour, là, je t'ai tout donné !
Je voudrais tant qu'il t'en souvienne Pour qu'il te soit tout pardonné !
Dis-moi . . . C'était hier, ces heures Que nous retenions par la main ?
Pourquoi seraient-elles meilleures Que celles qui viendront demain?
Dis-moi, dis, tout vibre en ton être Au souvenir de ces jours-là ? . . .
Tu peux tout oublier, peut-être, Tout peut-être, mais pas cela !
24 novembre 1881.
{Le Livre d'une Femme.)
Elle est morte
(fragment.)
Elle est morte, venez. — Pauvre amour ! Tu viendras. Tu viendras ! Sur mon front à tout jamais paisible. Où l'âme aura laissé son empreinte visible. Toi, tu mettras ta bouche, et tu te souviendras.
Et le sentant glacé sous tes lèvres tremblantes, Ce front qui rougissait aux accents de ta voix. Et sur mon sein muet voyant briller la croix. Tes larmes couleront, lourdes, amères, lentes.
NOËL BAZAN
Et ces doigts qui jadis, lorsque tu me quittais, Prolongeaient leur étreinte éloquente — ô misère ! — En les voyant raidis sur les grains d'un rosaire, Tu leur mettras des fleurs comme tu m'en mettais !
Rien, plus rien de la vie, hormis sa ressemblance. Mais plus rien, ni soupirs, ni baisers, ni transports ! Il faut laisser les morts ensevelir leurs morts . . . Va, j'ai besoin de paLx, j'ai besoin de silence.
Ne viens pas me troubler du bruit de ta douleur Puisque je ne puis plus être ta bien-aimée ! Les oiseaux chanteront svu" ma tombe fermée, Quand l'aube à l'horizon montrera sa pâleur.
Va ! laisse ma dépouille à la nuit redescendre, A la nuit sans rayon, sans chaleur, sans amour! Tout s'éteint, la beauté, les roses et le jour ; Après avoir brillé, la flamme devient cendre.
Ne touche plus à rien de ce qui fut à toi ; Mes cheveux renoués n'ont plus de boucles folles, Mes yeux sont sans regards, mes lèvres sans paroles, Va-t'en, va-t'en, ce n'est plus moi !
(Z<? Livre d'une Femme.) X Novembre 1882.
Passé
Le Passé, c'est un cher enseveli qu'on pleure. Georges Rodenbach.
Ah! je ne savais pas que l'on pût tant souflFrir! I-a coupe entre mes doigts tout à coup s'est brisée... Ah ! je ne savais pas ce que c'est que mourir. Il n'est plus de douleur, je l'ai toute épuisée!
J'ai vu tes yeux brillants qui me versaient l'amour. Tes yeux, ma paix, ma force et toute ma tendresse. Tes yeux qui m'éclairaient comme un rayon du jour. Tristes, se détourner des veux de ta maîtresse.
Et tu m'aimes, pourtant, et je t'aime à genoux. Mais un mal douloureux est venu nous surprendre. Hélas ! plus rien n'existe et plus rien n'est à nous. Hors les chers souvenirs que nul ne peut nous prendre.
Souvenirs de bonheiu-, souvenirs adorés.
Souvenirs des instants et souvenirs des choses. Souvenirs étreignant nos cœurs désespérés, Comme une bouche ardente étreint des lèvres closes.
Souvenirs immortels qui palpitent encor Quand l'ombre du passé vient hanter notre rêve, Et nous rendre, malgré le supplice et la mort, Une réalité que le jour nous enlève !
[Le Livre d'une Femme. \
Nuit du 20 au 21 décembre 1882.
Son Nom
Je ne veux plus penser, je ne veux plus me dire Mon Dieu ! que j'avais tout et que je n'ai plus rien. Je souffre un patient et très cruel martyre, Je ne sais plus son nom, il ne sait plus le mien !
Ne plus savoir son nom ? Son nom ! moi ! Je blasphème ; Son nom ! Mais je le dis aux cailloux des chemins. Ce nom, c'est le meilleur, le plus cher de moi-même, Ce nom, c'est le plus beau de tous le noms humains !
Et lorsque de mes jours le dernier crépuscule Verra finir enfin les douleurs d'ici-bas. C'est ce nom qui viendra, sans honte et sans scrupule. Sur ma lèvre, et c'est lui que je dirai tout bas !
{Le Livre d^une Femine^ 14 avril 1883.
NOËL BAZAN
Amour d'automne
Je ne sais pas ce que la terre
A pu t'envoycr de douleurs,
Je ne sais, mais je veux tes pleurs
Et ta vie avec son mystère.
Quant à ta joie, oh ! garde-la Jusqu'à la dernière étincelle, Je ne veux rien entendre d'elle, Mon amour vaut mieux que cela.
Mon amour, fait d'ombre et de rêve, Amour de mère ou bien de sœur.
Est doux, comme le chant berceur De la vague frôlant la grève.
Mon amour, rayon adouci, Car nombreuses sont mes journées, A le parfum des fleurs fanées.
Intime et pénétrant aussi.
N'y cherche pas ce qu'on peut craindre D'un amour jeune et passager, Il est trop profond pour changer.
Et trop lumineux pour s'éteindre.
Il est tendre, il prend quelquefois L'air rêveur d'une chose ancienne, Et mêlant ton âme à la sienne.
Il te parle, en baissant la voix.
(Messe Bleue.
La Robe
On me donnera pour linceul La robe adorable et frileuse Où tu m'enveloppais, toi seul, A l'heure où la nuit, receleuse
D'amour, dont l'ombre a des clartés Prises aux yeux des bien-aimées, Va, recueillant les voluptés Que les couchants d'or ont semées.
On me mettra dans ce temps-là, Bientôt, qui sait ? demain peut-être, Cette robe au neigeux éclat.
Et que tu sauras reconnaître.
Sa laine, pâle comme un lys, T'aura caressé comme une aile.
Les souvenirs ensevelis Viendront voltiger autour d'elle.
Tu poseras ton front lassé
Sur mes mains jointes dans les roses.
Et l'ombre de notre Passé
Se lèvera parmi les choses!
[Messe Bleue.)
Aubade