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SOUVENIR DE

Tous les ans, quand revient fidèle Le premier souffle attiédissant, Qui sur les gazons, caressant, Rôde à petits battements d'aile,

Dans mon village on peut fêter Le soudain et joli prodige De ces fleurs, qui font à leur tige Des perles de lait trembloter.

Sur le seuil vert du bois sans feuille, La neige fond, la fleur éclôt, La fleur d'argent, dont le grelot Semble du printemps que l'on cueille.

Et sous les clairs rayons coquets Dont nos Févriers s'endimanchent, De beaux enfants aux gaîtés franches Donnent le signal des bouquets.

— Or, si l'on en croit les grand'mères, A qui l'ont dit leurs grand'mamans, Ces fleurs aux sourires cléments Seraient chez nous des étrangères.

Un jour des cavaliers bourrus Attachèrent là leurs montures . . .

Et les blanches fleurs apparurent.

Filles des bivacs disparus.

Elles nomment en cor, songeuses, La terre des envahisseurs.

Et n'ont pas oublié leurs sœurs De la grande steppe neigeuse.

GUSTAVE ZIDLER

Ici, là-bas, aux mêmes temps, S'émeut la même fleur agreste ; Une fleur — voilà ce qui reste Des haines de deux combattants !

[L'Ombre des Oliviers.)

La Rançon de la Paix

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