XVI NOUVELLES PAGES DE CRITIQUE
préméditées, organisées, au lieu que « l'élan vital », pour emprunter son vocabulaire à ce même M. Bergson, est avec les nouveaux venus qui reconstruisent la France de demain sur un type si différent de la France d'hier. Jusqu'où iront-ils? C'est le secret de l'avenir, cet « enfant « qui dort sur les genoux des dieux », disaient les anciens. Mais que l'Idéal dont s' enchantaient nos aînés soit périmé, trop d'indices le proclament pour qu'il puisse rester quelque espérance justifiée d'une reprise prochaine de l'ancienne illusion aux tenants les plus passionnés ou les plus intéressés du régime actuel, expression sociale et politique de ces conceptions d'il y a quarante ans.
« Il est bien remarquable que cette marche des esprits s'est faite, non point par une volte-face analogue, dans un autre sens, à celle de Jouffroy, mais par un approfondissement, par un creusement. Je ne sache pas qu'aucun de nous, même Brunetière, en dépit de sa formule agressive, ait jamais renié les sciences. Le personnage de Flaubert qui s'écrie tout d'un coup « que la géométrie « est de la blague » n'émet qu'une sottise dont il n'y a même pas lieu de sourire. De même ceux qui parleraient de la faillite des Sciences. Brunetière, lui, a parlé de la faillite de la Science, entendant par là un avortement de cette métaphysique étiquetée du nom de Science, dont la génération qui nous a précédés fut imprégnée. C'est en analysant précisément cette idée de science que l'erreur de nos maîtres nous est apparue. Qui dit science, dit soumission de l'esprit au fait. Quand on venait tenir au vieux Magendie des propos comme celui-ci : (.i S uivant telle loi, les chosesdoivent se passer de