PRÉFACE XVII
« telle manière » — - ou bien : « L'analogie indique que les « phénomènes auront lieu ainsi... » « — Je n'en sais rien, ») répondait-il. « Expérimentez, et vous direz ce que « vous « avez vu. » Expérimentez, c'est-à-dire soumettez-vous au fait. Claude Bernard, qui nous rapporte ce propos familier au physiologiste, ajoute : « Des personnes ont « dit que M. Magendie aimait trop le fait brut, et qu'à « cause de cela, il n'avait pas laissé dans sa science de « grands systèmes, ni établi de grands systèmes. M. Mail, gendie eût certainement été très heureux d'entendre une {{Semblable réflexion sur son compte. Il avait pour l'es- « prit de système une répulsion vraiment extraordi- « naire. Tout cela, » disait-il, « ce n'est que des pa- « rôles. »
« Cette attitude du vrai savant, que l'expérimentateur Bernard définissait d'après un autre illustre expérimentateur, a-t-elle été celle de ceux qui se proclamaient les dévots de la Science, au siècle dernier? Il est trop évident aujourd'hui que non, et que nos aînés ont tout d'abord méconnu une première règle de la bonne méthode scientifique. Ils n'ont pas établi une différence suffisante entre les ordres de faits. Lorsque Taine écrivait sa phrase citée si souvent : « La vertu et le vice sont des produits, a comme le vitriol et le sucre, y>il se gardait bien de commettre la grossière erreur du matérialiste qui disait : « le a cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile. » Il distinguait nettement que la vertu et le vice sont des produits psychologiques, le vitriol et le sucre des produits physio-chimiques. Là, s'arrêtait pour lui la distinction. Il admettait, en présence de ces produits différents, une identité de procédés pour les étudier. Il considérait que T. I. b