‹ Nouvelles pages de critique et de doctrine (volume 2)Chapitre 18 sur 38 · PRÉFACE XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXI

Claretie à l'Académie en 1889, Renan disait : « Si « donc, dans ces vingt ans, la France est prospère et « libre, fidèle à la légalité, entourée de la sympathie des « portions libérales du monde, oh! alors la cause de la « Révolution est sauvée... Mais si, dans dix ou vingt ans, « la France est toujours à l'état de crise, anéantie à « l'extérieur, livrée à l'intérieur aux menaces des « sectes et aux entreprises de la basse popularité, oh! « alors il faudra dire que notre entraînement d'artistes <( nous a fait commettre une faute politique, que ces « audacieux novateurs eurent absolument tort. La Révo- Klution, dans ce cas, serait vaincue... ))Les mots que j'ai soulignés ont-ils besoin d'être commentés.^ Le raisonnement que Renan faisait, par hypothèse, les jeunes gens d'aujourd'hui le font, ils ne peuvent pas ne pas le faire, d'après nature, et n'étant plus des Scientistes, mais des Scientifiques, ils le poussent jusqu'à son extrémité. Parmi les sciences, qu'ils distinguent les unes des autres, ils se rendent compte qu'il y en a une qui s'appelle la Politique, — science fondée sur l'histoire, comme la thérapeutique l'est sur la clinique, et, des effets concluant aux causes, ils commencent à considérer que le problème du gouvernement a dû être bien mal posé depuis cent ans pour avoir été si mal résolu. Chez ces jeunes gens-là, nourris des Origines, la magistrale enquête de Taine, un état d'esprit s'est établi dont nous pouvons attendre une véritable Restauration française. Il y faut une crise de régime. Qui ne voit qu'elle est inévitable?

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