‹ Nouvelles pages de critique et de doctrine (volume 2)Chapitre 4 sur 38 · PRÉFACE V · texte numérisé non relu

PRÉFACE V

ligence, à l'avènement d'un de ces dogmes qui, pendant une période, commandent tout le travail mental, que Von retrouve dans toutes les manifestations : les lettres, les arts, la politique même. C'est seulement quand ces dogmes commencent à décliner qu'il est possible de les bien définir.

« Le dogme en train de conquérir les esprits entre 1850 et 1860, c'était le Scientisme. Ce mot comporte un caractère péjoratif. Il y a quarante ans, presque tous ceux qui en avaient vingi, eussent vraisemblablement écrit la Science avec une majuscule, et ils auraient accompagné ce terme, avec des frémissements d'initiés, du commentaire que Taine en a donné, presque mystique, à la fin de son essai sur lord Byron. « La Science rapproche enfin, et elle approche de l'homme... C'est « à l'âme qu'elle se prend... La pensée et son dévelop- « pement, son rang, sa structure et ses attaches, ses « profondes racines corporelles, sa végétation infinie à « travers l'histoire, sa haute floraison au sommet des « choses, voilà maintenant son objet, l'objet que, depuis « soixante ans, elle entrevoit en Allemagne, » Taine ajoutait que le monde moral étudié ainsi « lentement, sûre- « ment, par les mêmes méthodes que le monde physique^ « se transformerait à nos yeux comme le monde physique « s'est transformé... » Et le jeune homme de 1870 aurait conclu avec lui : c Dans cet emploi de la Science et « dans cette conception des choses, il y a un art, une « morale, une politique, une religion nouvelle, et c'est (f notre affaire à présent de les chercher. » Encore à cette heure, pour ma part, si l'on me permet de me citer en exemple, je ne transcris pas ces- lignes sans émotion.

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