VI PRÉFACE
Elles ont été le Credo de ma jeunesse, le mot d'ordre auquel j'ai subordonné tous mes efforts, je peux bien dire auquel je les subordonne toujours. J'en ai seulement, je devrais dire : nous en avons tiré des conséquences que nous ne distinguions pas alors, et que nos maîtres n'ont jamais soupçonnées.
« Si l'on veut bien se reporter à ce passage de la Littérature anglaise et à des centaines d'autres du même auteur et de ses contemporains, on constatera que le mot Science est toujours employé au singulier. C'est en cela, précisément, que consiste le Scientisme, dans un spécieux monisme intellectuel qui enveloppait inconsciemment un monisme métaphysique. L'extraordinaire travail accompli durant la première moitié du dix-neuvième siècle par les astronomes, les physiciens, les chimistes, les naturalistes, les biologistes, avait comme étonné les intelligences. De quel accent, à la veille de sa mort, Taine parlait encore, dans son Régime moderne, de Herschel et de Laplace, de Volta, de Cuvier, d'Ampère, de Fresnel et de Faraday! Émerveillé devant les découvertes dues à ces savants, nos aînés en avaient conclu, non sans raison, à l'excellence de leur méthode. Mais en quoi consistait cette méthode? Dans l'observation expérimentale. Soumettre tous les objets de l'activité intellectuelle à l'observation expérimentale, mais à une observation expérimentale d'un type identique à celui des sciences dites naturelles, voilà, ramené à son schéma, le programme du Scientisme.
nll était en pleine application dans les dernières années de l'Empire et les premières années de la troisième République. Pour s'en tenir au domaine des Lettres,