VIII NOUVELLES PAGES DE CRITIQUE
« Oui, nous sourions, devant ces logogriphes laborieux d'un si grand artiste, et nous avons raison de considérer avec stupeur l'arbre généalogique des Rougon-Macquart où la névrose originelle d'Adélaïde Fouque donne naissance au talent politique du ministre Eugène Rougon, par mélange-fusion, — à l'imbécillité de Désiré Mouret par élection de la mère, — au vice chez Anna Coupeau, par le mélange-soudeur, — au crime par élection de la mère, dans Etienne Lantier, — au génie par le mélangesoudeur dans Claude Lantier. En 1878, époque oîi parut la Page d'amour, nous autres jeunes gens, nous étudiions cet étrange tableau généalogique sans aucune ironie. Zola nous paraissait marcher dans la voie de l'avenir, en introduisant, dans la littérature d'imagination, la loi biologique par excellence. Un d'entre nous, enlevé trop tôt par un accident stupide, et qui promettait un critique de rare valeur, Emile Hennequin, n'a-t-il pas tenté, dans ces années-là, de reconstituer les circonvolutions cérébrales de Victor Hugo, d'après les particularités de sa puissance verbale? Sans attacher à ces outrances une importance extrême, il est bon de les rappeler. Les abus de la pensée d'une époque définissent le mieux cette, pensée.
« A cette idolâtrie de la Science, correspondait, dans la jeunesse d'après la guerre, une autre idolâtrie : celle de la Révolution. A côté du Scientisme se développait le Démocratisme. Ici encore, des termes un peu barbares s'imposent, pour nommer une disposition d'esprit non moins anormale que l'autre. M. le docteur Le Bon aurait un beau livre de psychologie collective à écrire sur l'histoire de cette seconde idolâtrie. Quand la