LA LUTTE DES CLASSES
La guerre étrangère cesse à peine, ou mieux, elle paraît avoir cessé, et déjà voici se multiplier de nouveaux symptômes de cette autre guerre — la pire de toutes — celle des classes. La paix sociale est, comme la paix mondiale, un noble rêve. Ce n'est, hélas ! qu'un rêve. Tout au plus l'une et l'autre apparaissent-elles comme des limites, — pour parler le langage mathématique, — vers lesquelles nous nous efforçons. Nous ne les atteindrons jamais. Le plus raisonnable est d'accepter l'une et l'autre guerre comme des faits inhérents à notre condition, d'en considérer les causes profondes, enfin de leur chercher à la fois une norme et une utilisation. Amoindrir la nocivité des maux que l'on est incapable de conjurer entièrement, et pratiquer à leur occasion la forte maxime de Marc- Aurèle : « Que l'obstacle soit la matière de notre action, » c'est toute la sagesse humaine. Puissent ces quelques réflexions suggérer à ceux qui les Uront un peu de cette sagesse vis-à-vis des circonstances présentes.