‹ Nouvelles pages de critique et de doctrineChapitre 31 sur 36 · MISE AU POINT DE L'IDÉE DE PROGRÈSW · texte numérisé non relu

MISE AU POINT DE L'IDÉE DE PROGRÈSW

« ...Il a été en plusieurs guerres où il y avait des Allemands qui, au déloger, mettent volontiers le feu en leur logis, le bon chevalier ne partit jamais du sien qu'il ne sût que tout fût passé, où qu'il ne laissât gardes, afin qu'on n'y mît point le feu. » Le bon Chevalier !... A ces mots vous avez reconnu « le gentil seigneur de Bayard, dont humaines louanges sont répandues par toute la Chrétienté », comme dit le titre du livre d'où j'ai transcrit ces lignes, et à leui ton vous avez reconnu l'auteur du même livre, « le loyal Serviteur ». Le beau nom et si militaire ! Et quel récit, d'une prose si ferme et si facile, de tant de bonho-

(i) Ces pages ont été écrites au commencement de la guerre de 1914. Le morceau qui les suit, * Autres remarques sur l'idée de progrès », date de 1922. On a cru devoir juxtaposer ces deux diagnostics, portés à sept ans de distance, pour en laire apparaître l'accord.

mie dans Théroïsme et de tant de grâce alerte dans sa rudesse I Livre bien français, un des rares que l'on ait le goût de rouvrir dans ces douloureux moments, pour y contempler la noblesse de la guerre. Nos ennemis d'aujourd'hui nous en feraient uniquement comprendre la hideur. Vous le voyez par ce témoignage d'il y a quatre siècles, c'est dans leur sang. Tels ils se sont montrés à Louvain, à Reims, à Ypres en 1914, tels ils étaient en 15 14, ne séparant pas l'idée de guerre de celle de destruction, preuve vivante qu'il y a vraiment lieu de mettre au point cette idée de Progrès dont nos sociétés modernes sont parfois tentées de faire une religion. Hélas ! Ce ne sont pas les seuls Allemands qui n'aient pas changé, en paraissant se civiliser davantage, c'est l'humanité tout entière, dont les instincts profonds demeurent pareils. Le cataclysme mondial auquel nous assistons l'atteste. On disait : « Une guerre au vingtième siècle ? mais elle ne durerait pas quinze jours. Toutes les nations un peu policées se lèveraient pour l'arrêter. » Elles se lèvent, pour s'y précipiter, et les plus optimistes n'osent pas prévoir la fin du conflit. On disait : a Une guerre au vingtième siècle? Avec les armes dont nous disposons? Mais le carnage serait si grand que les combattants n'en supporteraient pas l'horreur. » En effet, les armes sont terribles, le carnage monstrueux, et il continue. A ceux qui parlaient de haine de races, on disait : « Au vingtième siècle, des races? Mais il n'y en a plus ! Comment voulez- vous qu'un Allemand et un Français se haïssent vraiment? L'un et l'autre sont des Européens, avec des idées si analogues, des points

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