MISE AU POINT DE L IDÉE DE PROGRÈS
de vue si pareils !... » Lisez, je vous prie, ces quelques lignes qu'un officier découpe pour moi dans un JQurnal publié en Silésie. C'est le compte rendu par un sousofficier allemand du 154^ régiment, 6® compagnie, d'un combat livré le 24 septembre à Hanonvillers : « Nous arrivons à une dépression où gisent des culottes rouges, morts et blessés. Ces derniers sont achevés à coups de crosse et de baïonnette, pour éviter que les coquins ne nous tirent dans le dos. Là-bas, un Français est étendu de son long, le visage contre la terre. Il fait le mort. Un vigoureux coup de pied appliqué par un de nos hommes lui apprend notre présence. Il se retourne et demande grâce. On lui répond : « Vois-tu, c... c'est comme cela que nous piquons, » et on le cloue au sol. A mes côtés, des craquements sinistres. Ce sont les coups de crosse qu'un soldat du 154^ applique sur le crâne dénudé d'un blessé. Ceux de nos hommes qui ont l'âme sensible achèvent les blessés d'une balle dans la tête. » Et mon correspondant ajoute, devenu cruel lui-même, mais par son sentiment trop justifié : « Jamais nous ne vengerons assez nos morts. Il faut que la haine monte jusqu'à la complète destruction de leurs bourreaux. » Cette sauvage bataille va ainsi multipliant ses férocités, sur l'Yser, sur l'Aisne, en Argonne, sur la Vistule, au Caucase, en Extrême-Orient, en Inde, dans l'air, sur les mers, avec des instruments de mort à la fabrication desquels toutes les sciences ont collaboré. Pas un obus n'éclate, pas un sous-marin ne plonge, pas un aéroplane ne vole, qui ne suppose toute notre chimie, toute notre physique, toute notre mathémathique. Partout, derrière l'invention de ces formi-