‹ Nouvelles pages de critique et de doctrineChapitre 33 sur 36 · T TI · texte numérisé non relu

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dables engins, que trouvez- vous? Le laboratoire, et une connaissance des lois de la nature que ne soupçonnaient guère les ancêtres de nos envahisseurs, que le vieux Plutarque nous décrit « s'exposant tout nus à la neige, pour faire parade de leur audace et de leur force ». Il nous les montre encore « grimpant sur les montagnes à travers des monceaux de neige et de glace. Parvenus au sommet, ils s'asseyaient sur leurs boucliers, et glissant le long des rochers, ils s'abandonnaient à la rapidité de la pente, sur le bord des précipices d'une profondeur effrayante ». Leur descendant d'aujourd'hui est sur un Taube, qui tient à la main une bombe, de quoi tuer un vieillard, une petite fille, ou bien défoncer la toiture d'une église ou d'un hôpital. Le progrès, c'est l'explosif enfermé dans cette bombe. C'est le moteur qui ronfle. C'est le gigantesque oiseau mécanique qui porte un pilote et qui virevolte à son gré. Le progrès, c'est la boussole d'après laquelle l'aviateur s'oriente, la jumelle qui décuple sa vue, le maillot et le casque dont il est protégé. Le progrès, c'est encore la ville qu'il survole, avec ses rues où courent les automobiles, ses chemins de fer souterrains, les maisons à huit étages qu'éclaire l'électricité, que chauffent les radiateurs, où les ascenseurs montent. Le progrès, ce sont . ces plaines autour de la ville, sillonnées de locomotives, distribuées en carrés de terre bien cultivés, avec leurs fils de télégraphes et de téléphones qui permettent à la parole de courir à travers l'espace, si vite et si loin ! Le progrès, c'est tout ce qui entoure cet homme, tout — excepté cet homme lui-même, en sorte que s'il est demeuré un barbare

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