POUR L'INTELLIGENCE FRANÇAISE
Les symptômes se multiplient qui dénoncent l'inévitable contre-coup de certaines erreurs politiques sur la vie intellectuelle du pays. Cette funeste action n'est pas directe. La parole sinistre, dite jadis à Lavoisier : « La République n'a pas besoin de savants, » n'est plus prononcée. Bien au contraire, l'épithète de scientifique est revendiquée à chaque instant, par les redoutables millénaires du monde nouveau et avec une candeur touchante. Pareillement, nous n'avons pas encore vu André Chénier subir l'arrestation dont Sainte-Beuve transcrivait, en frémissant, l'affreux procès-verbal, « fidèlement, avec toutes ses turpitudes de sens et d'orthographe, avec tous ses signes de bêtise et de barbarie ». Peut-être ces violences étaient-elles moins fatales à l'avenir de la civilisation que le travail actuel, s'il continuait. Il n'irait à rien de moins qu'à