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« nocturnes, et dévoraient sans cesse « quelques-uns de nos mulets et de nos « ânes, qu'elles recherchent de préfé- « ren ce à toute autre nourriture. »
A Darfur , royaume situé dans l'intérieur de l'Afrique, ces quadrupèdes vont, en troupeaux de six , linit et quelquefois plus , enlever pendant la nuit , dans des villages , ce qu'ils peuvent saisir. Ils tuent les chiens et même les ânes dans l'intérieur des habitations , et toutes les fois qu'on jette à la voirie une bête morte, ils s'assemblent , et , réunissant leurs forces , l'entraînent à une distance considérable, ris ne se laissent intimider ni par l'approche des hommes n^ par le bruit des armes à feu.
On voit de ces animaux aujourd'liui dans toutes les expositions de bêtes féroces : en Angleterre, leurs gardiens s'accordent tous à assurer qu'ils sont très indociles et très méchants quand ils sont vieux ; mais il y a eu des exemples de
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jeunes animaux de cette espèce qui ont été apprivoise's. M. Penuant déclare qu'il a vu une hyène qui était aussi privée qu'un chien. M. de BufFon parle d'un de ces animaux que l'on faisait voir à Paris , à la foire Saint-Germain , et qu'on était parvenu à dépouiller entièrement de sa férocité naturelle. Le gardien d'Exter-Change m'a dit aussi qu'il avait maintenant en sa possession une hyène qui était si privée lorsqu'elle n'avait que six mois, que souvent on la laissait courir dans la salle de l'exposition. Elle aimait à jouer avec tous les chiens qui se trouvaient dans la pièce , et permettait aux étrangers de l'approcher et de la frapper du plat de la main sur le dos , sans manifester le moindre déplaisir. Cependant on commença à remarquer alors dans elle un caractère dur et farouche qui s'accrut avec l'âge , et l'on est obligé aujourd'hui de la tenir enfermée. Cet animal avait été amené à Londres, dans
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le vaisseau de la compagnie des Indes , appelé le Manship , et il a aujourd'hui près de sept ans.
M. John Hunter avait à Earles-Court une hyène âgée de près de dix-huit mois, et qui était si privée , qu'elle se laissait toucher par les spectateurs. A la mort de M. Hunter , elle fut vendue au propriétaire d'une ménagerie ambulante.
Quelque temps avant son transport dans les provinces , elle fut logée à la tour de Londres , où elle continua de rester passablement traitable ; mais lorsqu'on la mit dans une cage pour voyager , elle manifesta des signes de férocité pareils à ceux de l'hyène la plus sauvage. Elle fut enfin tuée par un tigre enfermé dans une cage voisine ; elle en avait brisé la < loison avec ses dents , dont la force est inconcevable.
Dans l'état de captivité , l'hyène consomme trois à quatre livres de viande <rLie par jour, et boit environ trois pintes d'eau.
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Il y a une particularité singulière aux hyènes , c'est qu'au moment , comme le dit 31. de Buffon , qu'on les force à se mettre eu mouvement, elles sont boiteuses de la jambe gauche : cela dure pendant environ une centaine de pas, et d'une manière si marquée , qu'il semble que l'animal aille culbuter du coté gauche, comme un chien auquel on aurait blessé la jambe gauche de derrière.
Le Loup.
Cet animal est beaucoup plus gros et plus niusculeux que le chien ; la longueur de son corps est ordinairement de trois pieds et demi , tandis que celle du cliien le plus fort excède rarement celle de trois pieds. En général, la couleur de son poil est un mélange de noir , de brun et de gris de fer , cj[uoique dans le Canada il soit entièrement noir , et presque tout blanc dans quelques autres contrées. Le loup a la tète longue , le nez effilé , les dents énorme-j , et des oreilles étroites et pointues; ses yeux obliquement relevés sont étincelans et d'une couleur verte : son aspect annonce une extrême férocité. La
longueur du poil de cet animal augmente la grosseur apparente de son volume , et sa queue est longue et touffue.
" Le loup, dit 31. de Bufton, est un » de ces animaux dont l'appétit pour la » chair est le plus véhément ; et quoique » avec ce goût il ait reçu de la nature les » moyens de le satisfaire , qu'il lui ait été » donné des armes , de la ruse , de l'agi- » Hté, de la force, tout ce qui est néces- » saire , en un mot , pour trouver , attan quer , vaincre , saisir et dévorer sa proie, » cependcUiL il meurt souvent de faim , » parce que l'homme lui ayant déclaré » la guerre, l'ayant même proscrit en » mettant sa tète à prix , le force à fuir » et a demeui'cr dans les bois , où il ne » trouve que quelques animaux sauvages » qui lui échappent par la vitesse de leur » course , et qu'il ne peut surprendre > que par hasard ou par patience , en les j) attendant long-temps, et souvent en ) vain , dans les endroits où ils doivent
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» passer. Il est naturellement grossier , » poltron ; mais il devient ingénieux par » besoin , et hardi par nécessité ; pressé » par la faim , il brave le danger , vient >> attaquer les animaux qui sont sous la » garde de l'homme , ceux surtout qu'il » peut emporter aisément, comme les » agneaux, les petits chiens, les che- )) vreaux. »
Dans le pays où les loups sont nombreux , ils descendent par troupeaux des montagnes , ou sortent des bois par bandes , pour commettre d'horribles dévastations. Ces attroupemens infestent tous les villages, enlèvent de vive force les moutons , les agneaux , les cochons , les veaux, et même les chiens; car dans ces circonstances toute espèce de nourriture animale leur convient. Le cheval et le bœuf, seuls quadrupèdes domestiques qui puissent opposer quelque résistance à ces ennemis , succombent souvent sous leur nombre et leius assauts répétés; sou-
vent rhoinnie lui-mèjne , dans ces occasions , est victime de leur voracité : on ne parvient à les expulser que lorsqu'on en a tué un grand nombre, et quand ils sont obligés de fuir , ils reviennent bientôt à la charge. Ceux qui ont goûté une fois de la chair humaine cherchent toujours ensuite à attaquer l'homme , et préfèrent évidemment le berger à son troupeau.
Quoique le loup soit si glouton qu'il rempht quelquefois son estomac de fange ou de terre , et dévore sa propre espèce quand il est pressé par la faim , cependant sa férocité ne triomphe jamais de l'extrême sagacité et dé l'extrême finesse dont il est doué : toujours soupçonneux , toujours défiant , il s'imagine que tout ce qu'il voit est un piège dressé pour le prendre : s'il trouve une chèvre qu'on a attachée à un poteau pour la traire , il n'ose en approcher , craignant qu'on n'ait placé là cet animal pour lui jouer pièce ; mais la chèvre n'est pas plus tôt mise en liberté, qu'il la poursuit et la dévore.
Daiis l'année 1764, un animal de cette espèce^ appelé la bète du Gévaudan , commit les ravages les plus terribles dans quelques cantons du Languedoc , et devint bientôt la terreur de tout le pays.
Nos lecteurs n'apprendiont pas sans quelque intérêt Faventui'e singulière qui se passa dans l'Amérique septentrionale, entre le général Putnam et l'un de ces animaux féroces. Quelque temps après que ce général se fut retiré dans le Connecticut , les loups , qui alors étaient fort nombreux dcins cette province , entrèrent un jour dans un parc à moutons , et tuèrent soixante-et dix de ces bêtes à laine , tant brebis que béLers , sans compter le massacre qu'ils firent de plusieurs a gneaux et calDris. Cet affreux ravage fut commis par une louve qui , avec ses louveteaux de chaque portée , infestait depuis plusieurs années le voisinage. Les nourrissons étaient en général détniits par la vigilance des chasseurs ; mais la mère avait
trop de sagacité et de finesse pour veair à portée du fusil ; et , lorsqu'on la poursuivait de près , elle avait l'habitude de s'enfuir dans les forêts occidentales du pays, et de revenir la saison suivante avec une autre ventrée.
Cet animal, à la fin , causa des dommages tellement considérables, que M. Putnani et ses voisins convinrent entre eux de lui donner alternativement la chasse jusc[u'à ce qu'ils fussent parvenus à la tuer. Personne n'ignorait dans le pays que cette louve ayant eu le doigt d'un pied coupé dans un piège d'acier , faisait une enjambée plus courte que l'autre ; les chasseurs reconnurent à cet indice ses traces sur la neige. Après l'avoir suivie jusqu'à la rivière du Connecticut, et s'être assurés qu'elle était retournée à son point de départ, ils revinrent sur leurs pas , et le lendemain matin les chiens la forcèrent de se réfugier dans une caverne située à environ trois mille de la maison