‹ Nouvelles princesses de lettresChapitre 18 sur 49 · Odyssée, Rapsodie IV · texte numérisé non relu

Odyssée, Rapsodie IV

2. Au bord des terrasses, p. 2. Voir aussi Reflets sur le sable et sur Z'eau, p. 20.

pour ne pas le comprendre ; sa tâche n'était point achevée ; il lui restait une famille à aimer — des fils qu'en mère dévouée, elle appellera : « Les chers compagnons de sa vie et de sa pensée. » L*aîné, nature ardente, ({u'on ne peut qu'admirer ou haïr, le cadet, plus complexe. Tous deux si différents de leur mère (que Ton ose quahfier de divine puisque M. Lemaître la surnomma Pénélope et qu'en la Rapsodîe XVIII Homère décerne à son héroïne cette épithète). Et puis Mme Daudet avait encore une fille, une Benjamine. Ne devait-elle pas s'(}mployer à lui rendre la vie légère?

Ma fille, mon amie et ma jeune compagne, Ensemble nous avons prié, chanté, soufîert, Toi, dans ta robe blanche, et moi, de noir vêtue, Image de nos jours unis, mais différents, Nous avons accoudé nos rêves aux terrasses.

Et maintenant, pour mettre le lecteur à même de juger, je raconterai quej*ai fait l'içipossible afin de décider Mme Daudet à accomphr avec moi, le pèlerinage de Champrosay. Le 1^"^ juillet 1908, elle me répondit : « Hélas! je ne passe et ne passerai plus mes étés à Champrosay!... » Deux années, j'ai insisté, imploré. Voilà la dernière réponse du 7 février 1910 : « Lisez bien la fin de mes Souvenirs, vous y trouverez un

Ghamprosay plus vivant de la jeunesse de ses hôtes que celui déjà tant changé et transformé que vous voudriez visiter et que je ne saurais revoir maintenant !.. . » Je me suis souvenu de ce vers de l'Odyssée : « La prudente Pénélope semblable à Artémis ou à Aphrodite d'or^ /... » Homère comme la Bible est éternel !

« Pour que la femme soit elle-même, écrit Mme Daudet, dans cet introuvable Fragment d'un livre inédit ou comme dans un autre recueil plus modestement intitulé Alinéas (elle a détaché quelques perles du collier de réflexions qu'elle enrichit jour à jour, de 79 à 97 et depuis, moins régulièrement. Sans doute dans vingt-cinq ou trente ans la publication du manuscrit intégral sera un événement littéraire). Pour que la femme soit elle-même, il lui faudrait briser toutes les attaches où tient son cœur et le bonheur de sa vie, et celles qui purent se dégager^ femmes séparées, mères sans scrupules, seules ont pu manifester une intel^ ligence et mettre au jour une œuvre^.. . . »

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