Vive les Vacances! p
courtes!... Mais les fées c'est le meilleur de la jeunesse ; je ne sais pas à quoi rêvent les petites filles, mais je me souviens que garçonnet, j'ai aimé do tout mon cœur les sept fées de la Belle au bois dormant et celle, si bonne, de Cendrillon et celle, si juste, de Riequet à la Houppe et les autres, toutes les autres, cortège doré et immortel. Si l'on m'eût dit alors qu'elles étaient mortes, j'en eusse fait une maladie.... Ce qui me console, c'est la certitude que Peau d'âne et le Petit Poucet feront encore la joie des vivants alors que depuis longtemps seront retombes dans Toubli la Maison du Péché ei la Rebelle !...
Mais revenons à ces œuvres de début si peu répandues !... Je sais bien que les premiers vers de Leconte de Liste ne sont que des romances désuètes, que Balzac débuta par d'illisibles romans, que Victor Hugo lui-même et presque tous les autres!... Le second ouvrage de notre jeune princesse, ce terrible Enfant gaulois, abuse cependant du droit qu'ont les 'génies de commencer par des médiocrités. Dès le chapitre un, nous voyons certain guerrier i< se teindre les cheveux en roux avec de la cendre de hêtre mêlée à de l'écume de cervoise » (p. 9J, puis ce sera une mère qui enjoint à son fils de faire « mariner dans de l'huile fine la tête de Tas-
sassin du père » (p. 38 J. La suite est moins joyeuse, Mlle Chasteau, ayant épuisé sa belle humeur, paraphrasera sans discrétion les Martyrs et le Voyage du jeune Anacharsis. Le pétrole macule ces pages où une petite fille très sage s'est inutilement appliquée. Il y a des vers î on me lapiderait de ne rien citer ; des vers de Marcelle Tinayre; pensez un peu!...
Viens ô douce mort ! prends-moi sur ton aile,
Porte-moi là-haut, où va l'hirondelle.
Où la foudre luit,
Où vont les printemps des vieilles années,
Où vont les parfums des roses fanées.
Et le vent qui fuit ;
Où vont les clameurs des larges tempêtes, Où vont les chansons des sombres poètes, Où va l'aigle noir;
Où vont les soupirs des flots sur les grèves. Où vont nos désirs, nos voix et nos rêves, Où va notre espoir;
Où vont les essaims des colombes blanches. Où va Taquilon qui courbe les branches Et bat les vieux murs ; Où vont rayonner les astres qui meurent. Où dans le mystère, à jamais, demeurent Les esprits plus purs*!
Ça tourne en strophes de six lignes. Avouez