‹ Nouvelles princesses de lettresChapitre 38 sur 49 · Lettre à Mme de Kéréver, du 2 février · texte numérisé non relu

Lettre à Mme de Kéréver, du 2 février

2. Préface d'un recueil de six nouvelles intitulé : Eve. (Gauthier, éditeur, Paris, 1861.)

MADEMOISELLE ZÉNAIDE FLEURIOT 225

Si naturelle qu'elle paraisse aujourd'hui, l'idée alors, était neuve. Sans le soupçonner, dans le cercle étroit où sa modestie la retenait, Zénaïde Fleuriot faisait du Tolstoïsme avant la lettre. Toutes les belles et bonnes choses dont ses ouvrages étaient pleins, elle les avait vécues avant (lo les penser; elles les avait pensées avant de les écrire. Aussi les jeunes filles, les jeunes gens, et par-dessus leurs épaules, les parents, lurentils et liront-ils longtemps encore les romans qui datent de cette première période.

La vie en famille qu'Alfred Nettement pouvait comparer aux tableaux d'intérieur de Frédérica Bremer. Réséda, histoire aussi piquante que le parfum de la plante qui lui donne son titre. Sans beauté^ qu'un critique officiel préférait à la Philiherte d'Emile Augier (hum! c'est tout de môme aller un peu loin!). La clef d'or ^ intéressante à l'égal d'un feuilleton du Petit Journal. Et d'autres, qu'il faut renoncer à citer car en vérité, ils sont trop, et ces pages ne sauraient dégénérer en catalogue, mais qui, chacun dans leur genre, obtinrent du public un succès qui se perpétue. Ce ne sera pas en effet, la moindre surprise des écrivains commerciaux — cette plaie de la littérature actuelle — d'apprendre qu'à cette heure, cinquante ans passés, ces humbles livres de bonne

foi se réimpriment encore, et se sont pour la plupart vendus à près de quarante mille exemplaires*.

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