VI PREFACE
voir — la femme qxd écrit, avant tout et surtout, cherche à plaire. Dès qu'elles ont discerné dans le public un émoi, elles répéteront à satiété^ le beau ou tendre ou comique geste intellectuel qui leur valut cette fortune, et nous aurons les 50 volumes éperduement sentimentaux de Mme Serao, les 50 ou 100 volumes — // y en a tant qu'on ne sait plus — où le monde essaie d'être joyeux et de filer ses trilles de Mlles T. Combe et Zénaïde Fleuriot — 7ious ne parlerons pas de Marcelle Tinayrel... Ce que je pourrais ajouter a été déjà dit avant moi, par l excellent critique Paul Fiat. A quoi bon répéter avec d' autres paroles son idée; la voici :
Plaire ! il n'est pour ces dames nulle autre raison d'exister. Depuis les époques lointaines où ce leur était l'unique moyen d'échapper à la mort en écartant, par Téveil du désir, les brutalités du mâle primitif, jusqu'aux temps d'extrême civilisation où ce devint leur meilleur gage de domination sur le citoyen policé, elles ne poursuivent pas d'autre but; tous leurs efforts vont à préparer les armes qui assureront leur pouvoir.
Dès que l'on discerne cette intention y ces livres perdent leur attrait. — On croyait trouver une femme et Von ne découvre qu'une
PREFACE Vil
actrice (daîis le maucais sens du mot, car le français est très difficile à écrire, et je uai jamais compris par exemple que M mes Bartet, Duse ou Bernhardt ou cent autres fussent des actrices, c'est-à-dire des diseuses dépourvues d'humanité dont l'art saccomparerait à celui des marionnettes — daiis ce r-fis, nous dirons, il faut dire des artistes). Mais Vautre, celui des écrivassières, est plus défavorable qu'il ne parait — à première lecture — car ce qui plaît à la génération d' aujourd'hui ne plaira peut-être, sûrement point, à celle de demain. Ces livres, objets de tant de réclames, passeront avec la mode des robes et des chapeaux dont se paraient celles qui s en exaltèrent.... Cest fatal — Mlle de Scudéry est illisible: on a oublié le nom de Mme de Krûdner — où sont les gloires d*une Delphine de Girard in ? Las !...
Où sont les authoress d'autan 1.^
J'ai grand peur qu'il n'en advienne de même pour beaucoup de celles qui aspirent aujourdliui à être plus que Princesses de Lettres.... Ne vais-je pas traiter Mme Tinayre de Delphine de Girai^din?... Il faut bien avouer que Mme Serao est la Scudéry