PRÉFACE IX
plus considérable, La femme est décidément née théologienne. Déjà, sans m'en apercevoir , j'avais été conduit à propos de Mme Barine, à ni attarder sur les effets littéraires du protestantisme, à propos de la généreuse Emilie de Morsier, à m'initier au Bouddhisme, à propos de Mme Dornis, à étudier les rapports de la vie de Jésus avec celle de Moïse.,.. — « Vous êtes un amateur de religiosités ! » — me reprochait une femme d'esprit, — Je ne m'en étais jamais douté. — Mais cette fois, je tai compris, en notant le dogmatisme absolu de Mmes Daudet, Serao et Fleur iot — et Mlle T. Combe allait m' obliger à étudier le mysticisme protestant, tandis que la « suave » Marcelle Tinayr^e n'hésitait point à patauger dans le jansénisme! — Oui, la femme est de nature religieuse, même si par snobisme ou nécessité, elle affecte ne croire à rien. — Ccst utie très heureuse
entendre. Cest ainsi que Von m'a reproché*de diffamer Germaine de Staël — quant au contraire^ Je l'admire de toute mon intelligence pour son éloquence, sa fougue amoureuse, son orgueil aristocratique. On a fort justement prétendu qu'elle était plus homme que femme — et Albertine Necker de Saussure, sa première biographe, dut-elle se voiler la face — il faut reconnaître que Corinne traitait plutôt violemment ses favoris et que le mariage in extremis exigé par la famille — d'après Mme de Boigne — était inutile... l'enfant n'ayant pas vécu....