Sat., Il, 6, 66. — 2. Sat., ii
5i NOUVELLES PROMENADES ARCHÉOLOGIQUES.
chez lui, ses belles résolutions ne tenaienlpas. Il avait bien autre chose à faire que de s’enfermer dans son cabinet d’étude ! Il lui fallait causer avec son fermier et surveiller ses travailleurs. Il allait les voir à l’ouvrage, et quelquefois il y mettait lui-même la main. Il enfonçait la bêche dans le champ, il en ôtait les pierres, au grand amusement des voisins, qui admiraient à la fois son ardeur et sa maladresse :
Rident vicini gicbas et saxa moventem ^
Le soir, il recevait à sa table quelques propriétaires des environs. C’étaient de braves gens, qui ne disaient pas de mal du voisin, et n’avaient pas pour unique conversation, comme les élégants de Rome, de parler des courses ou du théâtre. Ils traitaient des questions plus sérieuses, et leur sagesse rustique s’exprimait volontiers en proverbes et en apologues. Ce qui plaisait surtout. à Horace dans ces dîners de campagne, c’est qu’on s’y moquait de l’étiquette, que tout y était simple et frugal, qu’on ne se croyait pas tenu d’obéir à ces sottes lois que Varron avait rédigées et qui étaient devenues le code de la bonne compagnie. On se gardait bien d’élire un roi du festin, qui imposât aux convives le nombre des coupes qu’il fallait vider. Chacun mangeait à sa faim et buvait à sa soif : c’étaient, dit Horace, des repas divins : O noctes cenæque Deum^l
Cependant il ne restait pas toujours chez lui, quelque plaisir qu’il trouvât à y être. Cet homme rangé.