‹ Nouvelles promenades archéologiques:Chapitre 17 sur 94 · Carm.y iv · texte numérisé non relu

Carm.y iv

remède habituel; mais le remède ne guérissait plus. L’hydrothérapie, qui avait sauvé Auguste, n’empêcha pas Marcellus de mourir. Elle fut aussitôt abandonnée, et les malades reprirent le chemin de Baies. Quand Horace se mettait en route pour ces voyages extraordinaires, il entendait changer de régime. « Chez moi, disait-il, je m’accommode de tout; mon petit vin de la Sabine me paraît délicieux; je me régale avec des légumes de mon jardin assaisonnés d’une tranche de lard. Mais, une fois que j’ai quitté ma maison, je deviens plus difficile, et les fèves, toutes parentes qu’elles sont de Pythagore, ne me suffisent plusL » Aussi, avant de se diriger du côté de Salerne, où il n’allait pas d’ordinaire, prend-il la précaution de demander à l’un de ses amis quelles sont les ressources du pays, si l’on y peut trouver du poisson, des lièvres, des sangliers, de quoi revenir chez lui gras comme un Phéacien. Il tient surtout à connaître ce qu’on y boit, il lui faut un vin généreux qui le rende beau parleur, (( qui lui donne des forces et le rajeunisse auprès de sa jeune maîtresse de Lucanie». C’est, comme on voit, pousser la précaution fort loin. A Baies, à Préneste, à Salerne, dans ces lieux fréquentés par tout le beau monde de Rome, il n’était pas assez riche pour posséder une maison qui lui appartînt; il avait ses gîtes ordinaires {deversoria nota), où il allait loger. Sénèque habitait, quand il était à Baies, au-dessus d’un bain public, et il nous a fait une description très amusante des bruits de tout genre qui troublaient son repos. Horace, qui aimait ses

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