Ovide, RemecL am
(liiïérentes. Nous y trouvons d’abord, h l’entrée, une de ces représentations de festin, dont j’ai déjà tanl parlé, et qui sont si communes dans les sépultures de l’Élrurie. Elle est traitée à la façon ordinaire des peintres du pays : les personnages sont des portraits, la scène est empreinte d’un grand caractère de vérité naïve. Tout d’un coup, le système change et nous entrons dans un cycle de sujets nouveaux. Les artistes se mettent à représenter des légendes grecques et ils les interprètent avec les procédés familiers à l’art grec. C’est Pluton assis sur son trône et Proserpine debout à son côté. L’attitude du roi des enfers est pleine de majesté. Il tend la main vers un guerrier à trois têtes, placé en face de lui, comme pour lui donner des ordres. Ce guerrier, couvert d’une armure de chevalier, est Géryon, le fils de la Terre, le géant révolté contre Jupiter, qui est devenu, en punition de son insolence, l’un des serviteurs de Pluton. Un peu plus loin, un vieillard vénérable, la tête couverte d’un manteau, s’appuie sur un bâton. Ses yeux sont fermés, il se penche comme pour écouter quelqu’un qui l’interroge ; un air de mélancolie est répandu sur ses traits. Nous n’avons pas besoin de lire l’inscription qui le désigne pour reconnaître Tirésias, le devin aveugle. En face du vieillard et comme pour faire contraste avec lui, Memnon, le beau Memnon, comme l’appelle Homère, dans une attitude élégante et molle, couvert d’un costume somptueux, personnifie les héros de l’Asie. Entre Memnon et Tirésias s’élève un grand arbre sur les branches duquel grimpent une foule de petits êtres étranges qui ressemblent à des hommes. Ce sont probablement les
âmes des morts vulgaires, dont Virgile nous dit qu’elles se pressent sur les bords du Styx, plus nombreuses que les troupes d’oiseaux qui se rassemblent pour fuir les premiers froids de l’hiver ou que les feuilles des arbres quand les vents de l’automne les sèment par les chemins ^ A la suite de ces figures, il y en avait sans doute beaucoup d’autres qui représentaient les principaux habitants du Tartare; on ne distingue plus aujourd’hui que celle de Thésée. Il regarde tristement un personnage dont les traits sont fort effacés et qui doit être son ami Pirithoüs. Tous deux avaient formé le projet d’enlever Proserpine, et ils expient cruellement leur crime dans les enfers. Un démon à l’aspect horrible, qui s’appelle Tuchulcha (l’artiste a pris soin de nous apprendre son nom), agite sur leur tête un serpent furieux. Sa bouche, ou plutôt son bec d’oiseau, est largement ouvert, comme pour pousser d’affreux hurlements. Peut-être profèret-il le cri vengeur que Virgile fait retentir dans les enfers autour de Thésée :
Discite justiciaai moniti et non temnere divos*!
Au milieu de tous ces tableaux du Tartare, se trouve, on ne sait pourquoi, une scène presque comique empruntée à VOdyssée- Elle représente Ulysse qui crève l’œil du cyclope. C’est une peinture beaucoup moins soignée que le reste et qui est traitée comme une charge. Le cyclope surtout, avec ses grandes oreilles dressées et sa face gigantesque, ressemble tout à fait